Afrique du Sud : manifestants dans le "township" de Siyathemba, à Balfour, le 23 juillet 2009 © ReutersDébut mai, Jacob Zuma, le leader de l'ANC, le parti historique de la lutte contre l'apartheid fondé par Nelson Mandela, était élu président de l'Afrique du Sud après la large victoire de sa formation aux législatives. Son programme, populiste selon la plupart des observateurs, était axé sur la lutte contre la pauvreté. Quinze ans après la fin du régime ségrégationniste, plus d'un million de familles vivent en effet toujours dans des bidonvilles -contre quatre millions pendant l'apartheid. Environ 43% des Sud-Africains se débrouillent actuellement avec moins de 2 dollars par jour, et près de 40% de la population active est au chômage.
Les chômeurs, mais aussi des salariés dans la spirale de la pauvreté
Selon le rapport annuel du Secours catholique, le nombre de "situations de pauvreté" parmi les ménages rencontrés a progressé de 2,1% en 2009.
Publié le 09/11/2010
Le pays, victime de la crise économique mondiale, s'est également enfoncé dans la récession. Jacob Zuma éprouve donc logiquement des difficultés à appliquer ses promesses et à mettre en place les mesures vantées pendant la campagne. Ses concitoyens l'ont rappelé à l'ordre ces derniers jours. En employant la manière forte.
Un an avant la Coupe du monde de foot
Depuis le week-end dernier, des manifestations violentes, que la presse a même qualifiées d'émeutes, ont éclaté dans plusieurs townships, notamment autour de Johannesburg, la capitale économique, et dans le nord-est du pays. Les revendications tournaient principalement autour de l'obtention d'emplois, de logements et de services publics décents. Des magasins ont été pillés, des bâtiments brûlés et des voitures endommagées. Les forces de l'ordre sont intervenues à de nombreuses reprises pour disperser les protestataires avec des balles en caoutchouc. Aucune victime n'est à déplorer. Pour éviter de nouveaux affrontements, la police s'est déployée dans les ghettos les plus chauds.
Un an après les violences contre les étrangers qui avaient fait plus de soixante morts et à maintenant moins d'un an avant la Coupe du monde de football, ces émeutes jettent évidemment le doute sur l'image positive que tente de projeter les autorités. Le gouvernement se veut donc ferme. "Nous n'autoriserons personne à utiliser des moyens illégaux pour arriver à ses fins", prévient le ministre du Gouvernement local, Sicelo Shiceka. "Le gouvernement est légitime, il a été élu démocratiquement. Tout ce qui doit être fait le sera dans le cadre de la loi et de la constitution", ajoute-t-il.
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