Les moines de Tibehirine, tués en 1996 © TF1/LCIDepuis l'annonce de leur mort, la version officielle du martyre des sept moines français de Tibéhirine, en 1996, était celle d'un enlèvement par les terroristes du Groupe islamique armé, suivie d'une exécution. Un rapt exécuté au nom de la foi, par haine des chrétiens, et qui aurait donné lieu à de longues et vaines tractations de l'armée algérienne pour tenter de sauver la vie des otages. Mais très vite, cette version avait été mise en doute, des journalistes s'étonnant de certaines incohérences apparentes dans les communiqués du GIA ou s'interrogeant sur la légitimité de leurs auteurs ; certains avaient également souligné la concomitance entre ces sept morts et des opérations massives de l'armée algérienne dans la même région, et s'étaient interrogés sur les réticences de l'armée algérienne à montrer les corps des suppliciés. Et alors que les malheureux moines étaient morts décapités, selon la version officielle, certains avaient émis l'hypothèse qu'ils avaient pu être tués par balles et décapités après leur mort - une hypothèse qui apparaissait notamment dès 2003 dans un article du Monde.
Le juge Trévidic veut autopsier les moines de Tibéhirine
Selon l'hebdomadaire Marianne, le magistrat a fait une demande à l'Algérie pour exhumer et autopsier les crânes des sept moines de Tibéhirine tués en 1996.
Publié le 27/01/2012
Le moine rescapé de Tibéhirine : "On s'était préparé ensemble à la mort"
"Ce que nous avons vécu là, ensemble et dès le début, était une action de grâce", raconte dans un entretien au Figaro magazine le frère Jean-Pierre. Il s'agit du dernier moine rescapé de Tibéhirine où le 26 mars 1996 sept trappistes ont été enlevés, puis séquestrés pendant deux mois avant d'être décapités.
Publié le 05/02/2011
Moines de Tibeherine : le secret-défense français levé
Comme le demandait la justice, le Quai d'Orsay a transmis des documents internes au juge d'instruction chargé de l'enquête sur l'assassinat en 1996 des sept religieux installés en Algérie.
Publié le 10/11/2009
Aujourd'hui, des témoignages, cités par le site internet de l'Express, ainsi que par le site d'information Mediapart et par Le Figaro, semblent aller dans le sens d'une "bavure" de l'armée algérienne. Selon les extraits de sa déposition repris par ces médias, le général François Buchwalter aurait déclaré le 25 juin dernier au juge d'instruction Marc Trévidic, chargé du dossier, que l'assassinat des moines trappistes était une erreur commise lors d'une opération en hélicoptères contre les maquis islamistes entre Blida et Médéa.
"Les corps des moines étaient criblés de balles"
Le général Buchwalter, officier de l'armée de terre, était attaché de défense à Alger au moment du drame. Il dit avoir recueilli les confidences d'un ancien officier algérien sur cette "bavure". "C'était dans une zone vidée et les hélicoptères ont vu un bivouac. Comme cette zone était vidée, ça ne pouvait être qu'un groupe armé", a-t-il dit au juge. "Ils ont tiré sur le bivouac (...) Une fois posés, ils ont découvert qu'ils avaient notamment tiré sur les moines. Les corps des moines étaient criblés de balles".
Le général Buchwalter, selon Le Figaro et Mediapart, explique avoir rendu compte par écrit du mitraillage des moines au ministère de la Défense, à l'état-major des armées et à l'ambassadeur de France alors en poste à Alger, Michel Levêque. "Il n'y a pas eu de suites, ils ont observé le black-out demandé par l'ambassadeur", assure-t-il. Pour Me Patrick Baudouin, avocat des parties civiles cité par Mediapart, ces déclarations sont "extrêmement crédibles" ; elles "illustrent les mensonges des autorités algériennes, mais aussi le silence complice de l'Etat français".
Interrogé lundi sur cette affaire, Nicolas Sarkozy a souhaité que la justice "aille jusqu'au bout de son travail" dans l'enquête sur le massacre des sept moines. "Il y a un juge d'instruction qui est en charge de ce dossier, la justice est saisie. Les déclarations de ce témoin ont été faites devant un juge. Laissons la justice faire son travail", a insisté le chef de l'Etat.
Avec agences
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