
Les deux Français en "mission officielle" auprès du gouvernement somalien enlevés mardi à Mogadiscio se sont-ils fait passer pour des journalistes ? Pour la direction de l'hôtel où ils logeaient et où ils ont été enlevés, la réponse est "oui". Selon le patron de l'établissement, ils se seraient en effet enregistrés comme journalistes lors de leur arrivée. D'où l'explication sur le fait que les premières informations diffusées mardi matin après le rapt parlaient de deux journalistes français kidnappés.
Cette version est fermement démentie par le Quai d'Orsay. Mercredi matin, en réponse à une question sur les critiques d'organisations de journalistes soulignant que journaliste n'est pas une couverture pour des espions, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a réaffirmé que, puisque leur "mission était officielle", le statut des deux hommes "était officiel et n'était pas celui de journalistes". Il a ajouté ne posséder aucun élément sur le fait que les deux "conseillers" se seraient prévalus d'un autre statut que le leur lors de leur arrivée en Somalie. Il a précisé que l'action des deux fonctionnaires "s'inscrit dans le cadre de notre politique d'ensemble de renforcement du gouvernement de Sharif Sheikh Ahmed dans le domaine de la sécurité". Le porte-parole n'a en revanche pas commenté l'information sur la présumée appartenance des deux kidnappés à la DGSE, les services secrets français.
L'identité des ravisseurs reste pour l'instant assez floue. Le gouvernement affirme qu'il s'agit d'un acte crapuleux pour obtenir une rançon. Mais la police contredit cette thèse et souligne que les deux Français, après avoir changé de mains, seraient désormais détenus par des islamistes en lutte contre le pouvoir central.
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