Les opérations électorales pour désigner le successeur d'Omar Bongo au Gabon (30 août 2009) © TF1/LCILe Gabon attend ce lundi les premiers résultats de l'élection présidentielle consécutive au décès d'Omar Bongo. Ministre de la Défense dans le gouvernement de son père, Ali Ben Bongo a d'abord paru s'acheminer sans difficulté vers la victoire après une campagne bien financée pour laquelle il avait le soutien du Parti démocratique gabonais. Mais le désistement tardif de cinq candidats d'opposition en faveur d'un autre ancien allié de son père et ex-ministre de l'Intérieur, André Mba Obame, dit "AMO", a quelque peu modifié la donne. "Une lame de fond de l'opposition est en train de monter contre le favori Ali Ben, qui devra en tenir compte s'il arrive au pouvoir", a noté Kissy Agyeman-Togobo, analyste auprès de IHS Global Insight.
Dans le système électoral à un tour du Gabon, le candidat qui obtient le plus de voix est déclaré vainqueur, même s'il ne réunit pas la majorité absolue. Le Gabon exporte du pétrole depuis les années 1960, mais la plus grande partie de sa population vit dans la pauvreté et, après des années de contrôle sans faille, la fin du règne d'Omar Bongo a été assombrie par l'ouverture d'enquêtes sur son énorme fortune personnelle en France. Les réserves pétrolières du pays diminuant peu à peu, plusieurs candidats - dont Ali Bongo - ont jugé venu le temps de diversifier l'économie gabonaise.
"Nous n'accepterons pas le désordre"
En cette période de transition, les risques de dérapage réels. Les frontières maritimes et terrestres du pays sont fermées jusqu'à jeudi minuit. Des témoins ont signalé des agents de sécurité armés aux abords de bureaux de vote de la capitale, notamment dans les quartiers connus comme des bastions de l'opposition. Dans une interview accordée cette semaine à France Inter, Ali Bongo a prévenu : "Il est clair que nous n'accepterons pas le désordre (...) la rue n'appartient à personne".
Mais les principaux candidats n'en rivalisent pas moins de déclarations victorieuses et s'arrogent déjà la présidence. Alors que les résultats officiels pourraient ne pas être connus avant mercredi, que des rumeurs d'irrégularités ont circulé et que certains observateurs craignent des débordements à mesure que les résultats seront égrenés, le Parti démocratique gabonais a assuré tard dans la nuit de dimanche à lundi que son candidat Ali Bongo était le "gagnant" de la présidentielle, sans toutefois fournir de chiffres. Lundi midi, Ali Bongo a lui-même pris la parole pour se déclarer vainqueur.
Tard dimanche soir, l'opposant historique Pierre Mamboundou - qui fait partie avec Ali Bongo et André Mba Obame des trois favoris du scrutin - avait aussi revendiqué la victoire. Et AMO a affirmé à son tour, également dans la nuit, qu'il serait "proclamé président de la République" sur la foi de résultats recueillis par son équipe de campagne. Il se dit en tête dans 4 des 9 provinces gabonaises, représentant 62% du corps électoral. "C'est une tendance lourde qui manifeste la volonté profonde du peuple gabonais pour la rupture. Donc sauf miracle nous ne pouvons pas être rattrapés", a-t-il assuré.
D'après agence
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