Le bain de sang

le 29 septembre 2009 à 08h21 , mis à jour le 09 novembre 2009 à 18h18

Au moins 87 personnes hostiles à la junte au pouvoir ont été tuées par balles lundi à Conakry au cours d'une manifestation violemment réprimée par les forces de sécurité.

[Expiré] [Expiré] Guinée Conakry © AFP

C'est la première fois que la junte écrase une manifestation dans la violence depuis qu'elle a pris le pouvoir il y a neuf mois. Ce fut la journée la plus meurtrière de ces dernières années. En Guinée, lundi, au moins 87 personnes hostiles à la junte au pouvoir ont été tuées par balles à Conakry, selon une source policière, au cours d'une manifestation violemment réprimée par les forces de sécurité -l'opposition parle quant à elle mardi matin de 128 morts. Les opposants s'inquiètent d'une éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à la présidentielle prévue en janvier. Et mardi, trois jeunes ont été tués par des militaires, selon un nouveau bilan des ONG.
 
Les prémices du bain de sang ont lieu dans la matinée. Les forces de sécurité dispersent des opposants à coups de matraques et de grenades lacrymogènes et arrêtent des dizaines de personnes. Des dizaines de milliers de manifestants se rassemblent ensuite dans le plus grand stade de Conakry. L'endroit, qui compte officiellement 25.000 places - s'empli d'une foule débordant jusque sur les pelouses et aux abords. Les militaires interviennent, des tirs sont entendus.

"Une volonté délibérée de nous éliminer"

 
Bilan, selon un responsable de la police sous couvert de l'anonymat, "87 corps ramassés dans et autour du stade après le passage des militaires". Des sources médicales parlent, elles, de "boucherie" et de "carnage" et d'assurer à l'AFP qu'un camion militaire était venu pour ramasser des "dizaines de corps", emmenés vers "une destination inconnue". Un membre de la Croix-Rouge a également évoqué "une volonté de dissimuler les corps des victimes".
 
L'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat à l'élection présidentielle et dirigeant de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG, opposition), a raconté à l'AFP que des militaires lui avaient "cassé deux côtes" et l'avaient blessé à la tête "à coups de crosse". "Il y avait une volonté délibérée de nous éliminer aujourd'hui, nous, les opposants", a déclaré l'ancien chef de gouvernement Sidya Touré, leader de l'Union des forces républicaines (UFR, opposition), également blessé à la tête. Ces deux opposants ont été conduits dans un camp militaire siège de la junte, puis transportés dans une clinique pour y être soignés. Leurs maisons ont ensuite été pillées par des militaires, selon des témoins.

"C'est malheureux, c'est dramatique"

 
Jusqu'à présent, le capitaine Dadis Camara soulignait volontiers que l'armée avait pris le pouvoir "sans effusion de sang", le 23 décembre 2008, au lendemain du décès du président Lansana Conté qui régnait sans partage sur la Guinée depuis 1984. Dans un entretien diffusé lundi soir par RFI, le chef de la junte a déclaré attendre : "C'est malheureux, c'est dramatique. Effectivement, il y a eu des morts, mais je n'ai pas encore les chiffres. Je suis là et j'attends qu'on me fasse le point de la situation. Très franchement parlant, je suis très désolé, très désolé", a-t-il ajouté.
 
Ces violences interviennent au moment où la communauté internationale fait pression sur le chef des putschistes pour qu'il respecte son engagement de ne pas se présenter à la présidentielle. La France a décidé la suspension immédiate de sa coopération militaire avec la Guinée et réexamine l'ensemble de son aide bilatérale, après la répression "sauvage et sanglante" d'une manifestation à Conakry, a annoncé mardi le chef de la diplomatie Bernard Kouchner. La France, ancienne puissance coloniale, a également annoncé qu'une réunion de l'Union européenne se tiendrait mercredi à Bruxelles pour "examiner les mesures complémentaires" qui pourraient être prises.

Regardez les images des manifestations en cliquant ci-dessous :


 

(D'après agence)

le 29 septembre 2009 à 08:21
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13 Commentaires

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  • SACKO, le 22/10/2009 à 18h16

    C'est inadmissible. Que ceux là même qui sont chrgés d'assurer la sécurité des populations tirent à belles réelles sue ces même populations. Ils méritent tous d'être jugés et condamnés. C'est le service qu'on peut rendre aux familles des victimes. Quant à la junte, elle a montré ses limites, elle doit partir. Pour ne pas qu'elle entraine la pays dans une guerre fratricide.

  • HAWA, le 03/10/2009 à 02h09

    C'est pour tout ça demain il faudrait participer a la manifestetion a fin que place victor hugo dans le 16eme afin que tout cela cesse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Candide60, le 01/10/2009 à 01h50

    Au delà des actes honteux commis sur la population Guinéenne, il est curieux que l'union Africaine par la voie de son Président en exercice ne se soit pas manifestée pour condamner la junte militaire. Mais qui est Président de l'Union Africaine?...Entre dictateur on ne se mange pas!

  • HFD, le 30/09/2009 à 00h27

    Honteux ce qui se passe .moi je suis guineennne et cela me desole de voir mon pays se dechirer de la façon .aujourd'hui nous voulons quelqu'un de capable intellectuellemnt. les millitaires sont la pour defendre un pays et non le diriger ou tué la pop qu'il laisse le pouvoir o civil on veu quelqu'un de nouveau sidia ou cellou sont tous pariel..............................................

  • Barry Hadja Zeinab, le 29/09/2009 à 23h51

    Maintenant se la sacrifice des inosants honter pour toi Dadis ! Et vous les Militaires se commesa kon defand la poupulation en les tuens comme des mouches. Donc la dictature raigne jusqua presant en Guinee ?

  • Georges, le 29/09/2009 à 23h26

    On oublie souvent dans notre beau pays d'irréductibles gaulois râleurs pour un rien, le sort qui est réservé à la liberté et au respect de l'humanité dans d'autres pays au pouvoir corrompu et mafieux

  • Formule 1, le 29/09/2009 à 22h28

    C'est vrai, c'est la honte, mais il faut se poser une question,vous pensez que ces opposants ou forces vives vont changer la vie des guineens???ils etaient la , quand le president Conte etait en vie, ils ont pu rien faire , je prends l'exemple de Cellou Dalin Diaollo, il a ete ministre pendant combien annees ?? et meme etre premier ministre au temps du president Conte,il a fait quoi de bons???juste se remplir les poches,c'est pas maintenant qu'il va changer la guinee.On prie Dieu que Dadis ne soit pas un dictateur.Une nouvelle serie vient de commencer en guinee,intitulee (A LA DECOUVERTE DE DADIS).

  • Thomas, le 29/09/2009 à 20h57

    Quels désolement etant sur conakry a la meme epoque l'an dernier c dur de voir se qui si passe quels honte a la junte on n'a nullement le droit de tuer!!!! juju je comprend pourquoi tu est la !!!!

  • Candide60, le 29/09/2009 à 20h13

    A défaut de savoir gouverner le peuple Guinéen, l'armée à toujours été très performante en maltraitant et en tuant comme des chacals les civils désarmés qui souhaitent autre chose que la paupérisation qui leur est servie au quotidien. Ce capitaine là et ses complices, n'a pas à être fier d'être ou de se prendre pour un chef militaire valeureux, ce n'est qu'un assasin qui ne mérite aucun respect. Paix pour l'âme des victimes et malédictions aux tueurs..

  • WIND BERNARD, le 29/09/2009 à 13h53

    Honteux...oui...mais surtout une distribution inégale des revenus des richesses du pays.

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