Depuis le souvenir désastreux de 1992, les Etats-Unis évitent de lancer des opérations en Somalie, notamment à Mogadiscio. S'il n'est pas le premier -d'autant que la plupart restent inconnus-, le raid mené lundi dans le sud du pays est l'un des plus importants des dernières années.
Il visait le Kényan Saleh Ali Saleh Nabhan, l'un des chefs d'Al-Qaïda dans la région. Soupçonné d'avoir participé aux attentats de Mombasa en 2002 -attaque contre un hôtel appartenant à des Israéliens et contre un avion de ligne israélien à son décollage-, il figurait sur la liste des personnes les plus recherchées par la police fédérale américaine (FBI).
Promesse de vengeance
Selon un responsable américain, l'opération aéroportée a eu lieu lundi dans un village le long de la côte sud de la Somalie, à environ 200 km de la capitale. Il s'agit du coeur de la zone contrôlée par les shebab, qui se réclament ouvertement d'Al-Qaïda. L'un des responsables milices a d'ailleurs promis de "venger" la mort de Saleh Ali Saleh Nabhan.
Auparavant, un autre leader des insurgés avait affirmé que des hélicoptères français avaient participé à l'opération, ce qu'a fermement démenti Paris. Les shebab détiennent actuellement un agent français pris en otage en juillet à Mogadiscio avec un autre collègue. Ce dernier a recouvré la liberté fin août, officiellement après avoir pu échapper à ses ravisseurs. De son côté, Washington craint que la Somalie, déchirée par un conflit opposant gouvernement et insurgés islamistes, devienne un refuge pour extrémistes, à l'instar des régions frontalières de l'Afghanistan et du Pakistan.








