© AFP/I.SanogoLa situation semblait dégénérer ce jeudi au Gabon après l'annonce officielle de la victoire d'Ali Bongo à la présidentielle (lire notre article : Omar Bongo est mort, vive Ali Bongo).
Dès le résultat connu, en début d'après-midi, des incidents -voitures incendiées, barrages, poubelles renversées, kiosques vandalisés, sculptures cassées...- se sont produits dans plusieurs quartiers populaires de la capitale Libreville. Des jeunes ont notamment tenu des discours hostiles à Ali Bongo et à la France, accusée d'avoir "imposé" le fils de l'ancien président aux Gabonais. "Les Blancs, on va les tuer !", "On en a marre de ces Français, il faut les chasser, les tuer !", a-t-on notamment entendu. L'accès au quartier Plein-Ciel était déconseillé par des soldats de la Garde républicaine et des gendarmes, déployés un peu partout à travers la ville.
Total visé
Autre point chaud : Port-Gentil, la capitale économique et fief historique de l'opposition. Avant même l'annonce du résultat, des partisans de Pierre Mamboundou, arrivé en troisième position du scrutin avec 25,22% des voix, ont attaqué la prison du port et libéré les détenus avant de se diriger vers le centre où des barricades ont été dressées.
Le consulat général de France a ensuite été incendié par des partisans de l'opposition. L'armée française -la France dispose d'une militaire permanente d'environ 1.000 hommes- s'est déployée aux abords des lieux. Des installations du groupe pétrolier français Total et de Schlumberger; société de services pétroliers, ont aussi été prises pour cibles. Finalement, un couvre-feu a été instauré jeudi soir à Port-Gentil.
Ci-dessous, découvrez le récit de la journée en images :
"Dispositif pour assurer la sécurité des Français"
Face à la dégradation de la situation, Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat français à la Coopération, a appelé "au calme et au respect des institutions jusqu'au bout". Concernant la communauté française, estimée à 10.000 personnes dans le pays, il a affirmé que "les dispositions étaient en place pour que la sécurité soit assurée". "On a pris des mesures de confinement", a-t-il souligné, en recommandant aux Français de rester chez eux. Dans la matinée, Bernard Kouchner avait annoncé qu'un dispositif" était "prêt pour protéger les Français au Gabon" en cas de nécessité.
Le ministre des Affaires étrangères a également souligné être "en contact" avec les trois principaux candidats. "J'espère qu'ils s'arrangeront comme ils l'ont toujours fait au Gabon", a-t-il noté. Interrogé sur des inquiétudes à propos d'André Mba Obame et de Pierre Mamboundou, il a indiqué avoir des "nouvelles" des deux hommes. Pierre Mamboundou aurait notamment été blessé lors de la dispersion d'une manifestation dans la matinée. Quoi qu'il en soit, la déclaration d'André Mba Obame risque de ne pas arranger la situation : il a dit jeudi soir ne pas reconnaître les résultats et affirme qu'il "a gagné" dans un entretien téléphonique avec l'AFP.
"On peut craindre un embrasement général" :
l'analyse de l'envoyé spécial de TF1/LCI à Libreville :
(D'après agence)
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