Bernard Kouchner, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le 16 septembre 2007 © TF1-LCILa France "ne peut plus travailler" avec le dirigeant de la junte en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, après la répression sanglante d'une manifestation lundi dernier à Conakry, a affirmé dimanche le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
Interrogé lors du Grand Jury Le Figaro-LCI-RTL le ministre a précisé que la France travaillait à une forme d'"intervention internationale" pour résoudre la crise en Guinée. "Peut-on faire une mission internationale ? Nous avons alerté la Cédéao (communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), il faut que le Nigeria soit d'accord", a déclaré Bernard Kouchner. "Le danger de guerre inter-communautaire est immense. Il s'est passé cette chose effrayante et sauvage, nous ne pouvons pas l'accepter", a-t-il dit. "Il me semble qu'aujourd'hui, on ne peut plus travailler avec Dadis Camara, et qu'il faut qu'il y ait une intervention internationale", a-t-il ajouté.
"Plus au temps de la Françafrique"
Bernard Kouchner a rappelé que le président burkinabé, Blaise Campaoré, se rendait lundi à Conakry pour tenter de faire baisser la tension dans le cadre d'une mission confiée par ses pairs de la Cédéao. Il a souligné que la France voulait agir avec ses partenaires africains dans le dossier guinéen.
"Ce n'est pas à la France de prendre des décisions là-dessus, on n'est plus au temps de la Françafrique", cette relation opaque et complexe entretenue pendant des décennies par Paris avec ses anciennes colonies, a-t-il ajouté. Le ministre a souligné l'extrême violence de la répression lundi dernier à Conakry, qui a fait au moins 157 morts et 1.200 blessés, selon une ONG. "Il y a eu un déferlement de violence...Même (l'ex-dictateur ougandais Idi) Amin Dada n'avait pas fait ça. Là on égorgeait les femmes sous les yeux de leurs maris, on les violait, on les tuait", a dit le ministre.
D'après agence
| Kouchner salue "la petite" ouverture de l'Iran |
Bernard Kouchner a salué dimanche le "mouvement, la petite ouverture" des Iraniens sur le dossier nucléaire, estimant que cette attitude est d'autant plus à encourager que la menace de frappe israélienne contre l'Iran est "très sérieuse". Par rapport à "l'échec", par rapport au "mutisme" des Iraniens auparavant, ce qui s'est passé à Genève le 1er octobre lors de la réunion des Six et de l'Iran a été "très constructif". Le ministre a aussi dit espérer que le sort de l'universitaire française Clotilde Reiss qui attend son jugement à l'ambassade de France pour avoir pris part à des manifestations anti-Ahmadinejad, serait "influencé par ce vent d'optimisme moyen". |
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