La "loi anti-homosexualité 2009" de la discorde

Par , le 19 décembre 2009 à 18h32 , mis à jour le 19 décembre 2009 à 18h39

L'Ouganda envisage d'adopter une loi aggravant la criminalisation de l'homosexualité dans le pays, avec des peines de prison à vie voire des peines de mort. L'UE et les Etats-Unis en demandent le retrait.

ouganda-homosexuels-manifestation homosexualité love is lawManifestation à Londres contre la loi anti-homosexualité débattue en Ouganda (10 décembre 2009) © Reuters/S.Wermuth

Les résolutions et les menaces feront-elles pencher la balance ? Les autorités ougandaises débattent depuis vendredi d'une proposition de loi déposée par les députés de la majorité pour réprimer drastiquement l'homosexualité, un crime là-bas, au nom des "valeurs familiales". Texte qui prévoit notamment de punir de la peine de mort tout homosexuel séropositif qui aurait des rapports sexuels avec une personne saine ou un mineure, de sept ans de prison tout individu qui encouragerait l'homosexualité ou encore de trois ans de prison la non délation ou la défense des droits des homosexuels. Des responsables du gouvernement ougandais ont indiqué que l'article sur la peine de mort allait être réexaminé au parlement.

Plus d'infos

 
La loi a, selon les observateurs politiques, de fortes chances de passer. Le président Yoweri Museveni a, dans des propos rapporté par les médias ougandais, estimé que l'homosexualité était une importation de l'Occident, reprenant à son compte l'opinion de certains dignitaires religieux ougandais et africains sur son aspect "non-africain".
 
Le malaise de l'Onusida
 
Le texte, critiqué par les défenseurs des droits de l'homme, "préoccupe" également l'UE et les Etats-Unis. Washington appelle le président ougandais à "faire tout ce qu'il peut" pour empêcher l'adoption du texte. Et le parlement européen a adopté jeudi une résolution d'urgence, pour "demander aux autorités ougandaises de rejeter le projet de loi", "réviser sa législation nationale et décriminaliser l'homosexualité", se déclarant "préoccupé par le fait que certains donateurs internationaux et organisations non gouvernementales et humanitaires pourraient reconsidérer ou cesser leurs activités, au cas où ce projet de loi serait adopté".
 
Lundi dernier déjà, un responsable des Nations unies a indiqué que l'Ouganda pourrait perdre l'implantation d'une institution de recherche sur le sida, soutenue par l'ONU, s'il adopte la loi. "Criminaliser des relations sexuelles consenties n'est pas seulement une question qui regarde les droits de l'Homme, cela va à l'encontre d'une bonne stratégie sur le sida", a souligné la principale conseillère scientifique de l'Onusida qui soutient, avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'AAVP. "Si la loi passe, l'Onusida et l'OMS devront décider de ce qui se passera et examiner si Entebbe est le lieu approprié" pour implanter l'AAVP, a-t-elle ajouté.
 
Autre réaction : celle de la BBC, qui a carrément posé à ses internautes la question : "Les homosexuels doivent-ils risquer une exécution ?", disant "assumer le fait qu'il s'agisse d'une question dure et perturbante"... avant de changer les mots de la question en : "L'Ouganda doit-il débattre de l'exécution des gay ?", suite à de nombreuses réactios d'internautes et au sein même de la rédaction de la chaîne.

Par Diane Heurtaut le 19 décembre 2009 à 18:32
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15 Commentaires

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  • l.wallonie, le 20/12/2009 à 13h04

    En wallonie? y'a aucun problème linguistique, on parle français :)

  • stelmaria0, le 20/12/2009 à 11h44

    En voila un pays tolerant!

  • a.1.2.c.4, le 20/12/2009 à 11h30

    Bon ! Et le problème linguistique en Wallonie date lui aussi, du ... moyen-âge, non ? :o)))

  • deudecos, le 20/12/2009 à 08h59

    Vous oubliez un petit détail... Si jamais les occidentaux se retiraient du continent Africain, les orientaux pour ne pas citer la Chine, prendraient aussitôt la place et nous ne pouvons pas nous permettre ça, sinon ils deviendraient les plus forts... Et même si la Chine ne sautait pas sur l'occasion, il reste encore l'Inde, ou la Russie, peut être même des émirats riches en pétrodollars qui verront là une bonne occasion de placer leurs économies... Vous ne vous doutez pas des richesses du continent Africain !

  • deudecos, le 20/12/2009 à 08h47

    A force d'ingérence de la part des pays dits "Civilisés", nous subissons aujourd'hui les conséquences de nos actes de "charité chrétienne". Tout ce que nous savons faire c'est de dire aux pays en voie de développement " Entrez dans le moule occidental, vous irez mieux après..." Et eux de répondre " Nous on veut bien, mais qui va nous y aider ?". Résultat des courses rien n'avance jamais ni d'un coté ni de l'autre puisque pour parler nous sommes les plus forts mais pour y associer les actes... Que croyez-vous qu'il va se passer dans les prochains jours ? Chacun va lâcher un peu de lest et tout le monde passera à autre chose... C'est ça la diplomatie !

  • zoroastran, le 20/12/2009 à 08h03

    C'est sur qu'avec des personnes comme toi, le monde ne peut qu'aller mieux!! Faut peut être penser à toutes ses personnes qui n'ont aucun moyen de se défendre! Si nous pays riches ne sommes pas là pour sonner l'alerte que vont-ils devenir ? Ils vont fuir... et tu dois être le même qui ne veut pas d'émigrés en France! Donc tu les condamnes... pauvre chose!

  • tunisia62, le 20/12/2009 à 06h26

    C'est franchement pas gay tout ca ... ;o)

  • pipcho, le 20/12/2009 à 04h39

    Qui sommes nous pour juger ces gens ? C'est à eux d'écrire leur histoire, pas à nous. Si leur attitude ne nous plait pas, nous cesserons toute relation avec eux voilà tout.

  • l.wallonie, le 20/12/2009 à 02h54

    Un tel niveau d'inhumanité, j'ai difficile à admettre que ça soit une "culture"...

  • dd9375, le 20/12/2009 à 02h19

    Il est clair que ce genre d'attitude doit être comdamnée mais il ne faut pas non plus généraliser l'attitude de l'Ouganda à toute l'Afrique. Je vous signale qu'en France, avant même la catastrophe du SIDA, il a fallu attendre mai 1981 pour dépénaliser l'homoséxualité.

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