A l'époque de la Guerre Froide, des sportifs des pays de l'Est profitaient de compétitions à l'Ouest pour ne pas rentrer et demander l'asile politique. Ces "fuites de sportifs" ont aujourd'hui lieu de temps en temps dans les pays vivant sous dictature ou du moins sous un régime autoritaire. Des footballeurs érythréens viennent d'en faire la démonstration.
Douze joueurs de la sélection nationale, qui devaient rentrer au pays samedi soir après leur défaite en quart de finale la Coupe d'Afrique de l'Est et du Centre (Cecafa), ont disparu à Nairobi, la capitale du Kenya, où se déroulait la compétition. "Le guide les a attendus en vain à l'aéroport", explique la direction de la Cecafa. "Je suis attristé par cette situation car donne une mauvaise image de la région. J'ai de très bonnes relations avec la Fédération érythréenne, mais le gouvernement pourrait ne plus être disposé à laisser les joueurs partir disputer des tournois à l'étranger", ajoute-t-elle.
En mai 2006, quatre joueurs du club érythréen Red Sea, en déplacement au Kenya pour un match de la Ligue des champions d'Afrique, avaient déjà fait défection avant de demander l'asile politique. En réaction, le gouvernement érythréen avait imposé à tout sportif voyageant à l'étranger le dépôt d'une caution de 100.000 Nakfa (4.600 euros environ) et l'obligation de rester en compagnie d'officiels tout au long de son séjour. Visiblement, cela n'aura pas suffi pour dissuader les candidats à l'exil.
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