Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef d'Etat de Guinée (26 décembre 2008) © TF1/LCIDans les derniers jours du mois de septembre, les forces de défense et de sécurité guinéennes avaient battu, poignardé et tué par balles des opposants au régime militaire, rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour réclamer que le président autoproclamé depuis décembre 2008, le capitaine Dadis Camara, ne se présente pas à l'élection présidentielle. Un massacre alors largement dénoncé sur la scène internationale et qui a conduit l'ONU à mettre en place une Commission d'enquête. Celle-ci vient de rendre son rapport, et il est accablant. "Il est raisonnable de conclure que les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 et les jours suivants peuvent être qualifiés de crimes contre l'humanité", affirme ce rapport, publié lundi et transmis au Conseil de sécurité. Premier visé : le capitaine Dadis Camara lui-même, qui se trouve actuellement au Maroc, où il est soigné après avoir été blessé par balles à la tête, le 3 décembre, lors d'une tentative d'assassinat à Conakry par son aide de camp, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité, dit "Toumba".
Guinée : nuit de violence à Conakry
Le président guinéen Alpha Condé, entré en fonction il y sept mois, est sorti mardi indemne d'une attaque armée menée par des militaires contre sa résidence privée de Conakry, au cours de laquelle un membre de la garde présidentielle a été tué et deux autres blessés.
Publié le 19/07/2011
Présidentielle en Guinée: un opposant vainqueur, des tensions
A l'issue d'une journée de lundi marquée par des affrontements meurtriers entre l'armée et les partisans de l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, l'opposant historique Alpha Condé a été proclamé vainqueur de la présidentielle.
Publié le 15/11/2010
Guinée : incidents meurtriers avant le résultat
Au moins une personne a été tuée et des dizaines blessées dans des affrontements qui ont opposé ce lundi à Conakry des partisans d'un des candidats à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo, aux forces de l'ordre. Comme son adversaire, Alpha Condé, avant lui, il revendique désormais la victoire.
Publié le 15/11/2010
Guinée: les élections se sont "extraordinairement bien passées"
Les observateurs internationaux sont formels: les élections présidentielles en Guinée se sont déroulées de manière démocratique. La ferveur de la population était palpable.
Publié le 28/06/2010
La Commission onusienne fait état d'au moins "156 personnes tuées ou disparues, soit 67 personnes tuées et dont les corps ont été remis aux familles, 40 autres qui ont été vues mortes au stade ou dans les morgues mais dont les corps ont disparu, ainsi que 49 autres vues au stade dont le sort reste inconnu". Elle confirme "qu'au moins 109 femmes ont été victimes de viols et d'autres violences sexuelles, y compris de mutilations sexuelles et d'esclavage sexuel. Plusieurs femmes ont succombé à leurs blessures suite à des agressions sexuelles particulièrement cruelles".
Au long des soixante pages de ce rapport aussi précis qu'insupportable, les trois rapporteurs relatent une série de tueries "systématiques", de viols et d'actes de torture "organisés". Dès le début des violences, les femmes ont été isolées des autres prisonniers. "Des femmes ont été violées avec des objets, notamment des baïonnettes, des bâtons, des morceaux de métal, des matraques", décrit le rapport. "Des militaires ont achevé des femmes violées en introduisant les fusils dans leur vagin et en tirant".
Combien de victimes ?
La Commission estime qu'ensuite, "les autorités guinéennes se sont engagées dans une logique de destruction des traces des violations commises, qui vise à dissimuler les faits : nettoyage du stade, enlèvement des corps des victimes d'exécutions (...), altération intentionnelle des documents médicaux et prise de contrôle militaire sur les hôpitaux et les morgues". Cette opération a eu pour résultat d'instaurer un climat de peur au sein de la population et la commission estime en conséquence que "le nombre des victimes de toutes ces violations est très probablement plus élevé".
Le rapport conclut à la "responsabilité pénale individuelle" de plusieurs responsables guinéens, dont Dadis Camara, mais aussi celui qui l'a blessé à la tête, le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité. Egalement visé, le ministre chargé des services spéciaux, le commandant Moussa Tiegboro Camara. Dadis Camara est incriminé pour sa "responsabilité de commandement", les deux autres officiers pour avoir été présents sur le lieu des crimes et personnellement impliqués.
Le dossier du lieutenant "Toumba" est particulièrement chargé, la commission citant des témoignages selon lesquels "la violence au stade a commencé quand il est arrivé" et qui affirment qu'il a participé personnellement à certaines attaques et notamment "tiré à bout portant sur des manifestants". La Commission considère que d'autres personnes "pourraient être considérées comme pénalement responsables", parmi lesquelles le capitaine Claude Pivi, dit "Coplan", ministre de la Sécurité présidentielle, et le colonel Abdoulaye Chérif Diaby, ministre de la Santé. La Commission recommande de saisir la Cour pénale internationale "pour enquêter sur les responsables présumés des crimes contre l'humanité".
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