CAN 2010 : l'équipe togolaise mitraillée en Angola

Par , le 08 janvier 2010 à 21h26 , mis à jour le 09 janvier 2010 à 09h46

Selon l'un des joueurs, le véhicule de l'équipe du Togo aurait été attaqué alors qu'il franchissait la frontière entre le Congo et l'Angola, où se disputera la Coupe d'Afrique des Nations à partir de dimanche.

L'une des victimes du mitraillaige en Angola. Le 8 janvier 2010.L'une des victimes du mitraillaige en Angola. Le 8 janvier 2010. © LCI

Avant même son ouverture, la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2010) qui débute dimanche en Angola, est endeuillée. Le chauffeur d'un bus transportant l'équipe de foot du Togo a été tué alors que neuf membres de la délégation ont été blessés vendredi lors de l'attaque du véhicule franchissant la frontière entre le Congo-Brazzaville et l'Angola, à proximité de l'enclave de Cabinda, a indiqué la fédération togolaise. Le défenseur Serge Akakpo et le gardien Kodjovi Obilalé ont été sérieusement touchés et opérés dans un hôpital à Cabinda, mais il n'y a "pas de risque de décès" dans la délégation togolaise et "tout se passe bien", selon Richmond Forson, défenseur du Togo interrogé par la chaîne sportive Infosport.

Plus d'infos

Rapidement, un ministre angolais a qualifié vendredi d'"acte terroriste" le mitraillage du convoi. Et de fait, le bras armé des Forces de libération de l'Etat de Cabinda (FLEC/PM) a revendiqué l'attaque contre "les forces armées angolaises, qui escortaient la sélection nationale du Togo", d'après un communiqué cité vendredi par l'agence de presse Lusa.

Boycott ?

En substance, le communiqué  est établi comme suit : "Vendredi à 15 heures, le 8 janvier 2010, la résistance des FLEC/PM a procédé à une attaque dans le secteur de Massabi contres les forces armées angolaises, qui escortaient la sélection nationale du Togo". L'attaque a "fait un mort et trois blessés graves", ajoute le communiqué précisant que "cette opération n'était que le début d'une série d'actions ciblées qui se poursuivront sur l'ensemble du territoire de Cabinda".

L'équipe de football togolaise n'avait apparemment pas informé les organisateurs de la compétition de son intention de s'y rendre en autocar. Aucune sélection n'aurait dû utiliser ce moyen de transport, estime samedi Virgilio Santos, membre du comité d'organisation (Coca), dans les colonnes du journal sportif A Bola.   "Nous avons demandé à toutes les délégations de nous informer de la date de leur arrivée et de nous fournir les numéros de passeport de leurs joueurs. Le Togo est le seul pays qui n'a pas répondu et il n'a pas informé le Coca qu'il venait en car", explique-t-il. "Les règles sont claires: aucune équipe ne devait voyager par car. J'ignore ce qui les a amené à le faire. L'incident n'aurait pas dû se produire", ajoute Virgilio Santos.

Peur pour la sécurité à la CAN

La France a condamné vendredi "avec la plus grande fermeté" le mitraillage du convoi togolais et a appelé les pays concernés à "tout mettre en oeuvre pour arrêter" les auteurs de l'attaque. D'aucuns ont commencé à s'interroger sur l'opportunité d'annuler la compétition. "Si on peut boycotter la CAN autant le faire", a ainsi déclaré le joueur togolais Alaixys Romao. Si on peut annuler tous les matches, pourquoi pas. On ne pense qu'à rentrer à la maison). Toutefois, la Confédération africaine de football (CAF) a confirmé vendredi soir que la Coupe d'Afrique des nations aurait bien lieu.

Désormais, la peur de l'escalade sécuritaire est dans toutes les têtes. Pour Human Rights Watch, le gouvernement angolais est en droit de renforcer les mesures de sécurité dans l'enclave de Cabinda, mais ne doit pas se livrer à une répression indiscriminée. La province de Cabinda, une bande de terre enclavée entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Congo-Brazzaville très riche en pétrole, est secouée par des troubles séparatistes depuis l'indépendance de l'Angola en 1975. En 2006, les autorités de Luanda ont signé un accord de paix avec un des responsables du Front de libération de l'enclave de Cabinda (Flec), mais le  reste du mouvement a dénoncé cet accord. Depuis, l'armée et les services de sécurité ont violé les droits de l'Homme  dans la province en menant des arrestations illégales et en réprimant des  journalistes, avait déjà assuré HRW dans un rapport de juin.

Par Laurent Deschamps le 08 janvier 2010 à 21:26
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6 Commentaires

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  • Hkb, le 06/01/2012 à 13h55

    Es que l'equipe togolaise a été sanctioner ? Si oui pourquoi?

  • nada007, le 10/01/2010 à 00h00

    Btangos je sui totalemen d'accord avec toi. Vous savez Serge akakpo dont ils parlent plus haut est mon beau-frère ,il s'est pris deux dans le dos et kan ma soeur la appri elle étai complètemen désespérée ; vou ne pouvez pa imaginer à kel poin la douleur grandi en vous surtou kan au départ vou ne savez pa ki è touché et ki nè pa touché et le pire c'est kan lè autorité angolaise on di kil yavai eu un pneu éclaté là jai failli pété un cable, ça prouve à kel poin ils se fouten de la gueule du monde! C'est révoltan de voir que ces rebelles sen son pri à eux alor kil navai rien fai, le togo et langola non jamai o gran dieu jamai rien eu en commun .Grace à Dieu ils lui on retiré lè balles avan kel ne fasse dè dégat et il rentre ce soir.Certains n'ont pas eu autant de chance et je pleure pour eux . Notr fédération de foot ne devai absolumen pa lè faire voyager en bus.C'est une fédération de merde ki ne pense ka se mettre de largen dan lè poches et ki ne fai rien pour lè joueurs ,ils st trè mal payé kan ils reviennen des pays étrangers ou ils jouen habituellemen pour jouer pr le togo mai il le fon kan mm juste paskil st fier de servir leur pays .Mai sil fo kil se fasse tuer pour ça alor moi je di stop, kil ne reviennen plu jouer pour le togo

  • al38240, le 09/01/2010 à 12h26

    Pauvre Afrique ! Elle n'est pas prête de s'en sortir comme l'Inde ou la Chine !

  • americaineo, le 09/01/2010 à 10h53

    Cela n'a rien avoir avec le football, ces gens se servent du foot ils sortent de 27 années de guerres civiles... cette can est leur seule distraction face a la misere de tous les jours, hier les autorités on encore donné des billets gratuitement au plus défavorisés. . ce n'est pas une histoire de football... dans ce cas là c'est une histoire de conflit politique issu de l'histoire de ces pays...

  • gg74000, le 09/01/2010 à 09h56

    Le football est vraiment un beau sport !!

  • btangos, le 09/01/2010 à 09h51

    En organisant des matchs de football dans cette enclave, les autorités Angolaises ont voulu démontrer qu'elle contrôlait l'intégralité de leur territoire, ce qui n'est pas le cas. La vie des joueurs et des accompagnateurs n'est pas rentrée en ligne de compte dans cette volonté futile et on peut juger du sérieux des autorités angolaises quand elles ont voulu dissimuler l'attentat par... "un pneu qui a explosé et qui a déclenché un mouvement de panique" (sic). J'ai vécu 8 ans en Afrique et ce genre de chose ne m'étonne pas (plus). Vouloir organiser des compétitions internationales en Afrique part d'un bon sentiment, mais les risques encourus sont considérables. Je suis même convaincu que la Coupe du Monde de football sera, dans le meilleur des cas entachée de débordements (tels que rackets, voire enlèvements de spectateurs occidentaux... donc forcément riches), et dans le pire des cas d'attentats sanglants perpétrés par des mouvements terroristes et vous savez, tout comme moi, que ce n'est pas ce qui manque dans notre (leur) monde de fous.

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