© AFP/ Boureima HamaRassemblés devant le parlement, ils étaient environ 10.000 à manifester samedi matin à Niamey pour montrer leur soutien aux militaires putschistes. Une coalition qui rassemble, outre des partis politiques, des organisations de défense des droits de l'Homme et des syndicats, s'était depuis des mois vivement opposée aux initiatives de Mamadou Tandja pour rester au pouvoir coûte que coûte. "C'est une manifestation de soutien au coup d'Etat, c'est le renversement de la dictature Tandja que nous célébrons", a déclaré à l'AFP Soumana Sanda, un ancien député présent dans la foule. "Merci de nous avoir délivrés de la dictature !" lançait une manifestante à des soldats.
Niger : la junte se veut rassurante, soutien de la rue
Les militaires qui ont pris jeudi le pouvoir au Niger, "emmenant" le président Tandja, annoncent la création prochaine d'un "conseil consultatif" pour travailler à l'avenir du pays et disent avoir le contrôle de la situation. Le couvre-feu est d'ailleurs levé.
Publié le 19/02/2010
Dans un mémorandum remis à la junte lors de ce rassemblement, la CFDR a réclamé la tenue d'élections "libres et transparentes". S'adressant aux manifestants, le capitaine Harouna Djibrilla Adamou, entouré d'autres militaires putschistes, a assuré que la junte avait agi "au nom de l'intérêt supérieur de la nation nigérienne, et non pour (son) propre compte". Autre annonce : "Je peux vous dire que tous les membres du dernier gouvernement Tandja sont désormais libres", a annoncé le colonel Hima. Ces ministres avaient été arrêtés pendant le coup d'Etat, qui a eu lieu pendant une réunion du conseil des ministres, tout comme le président Tandja, qui lui, est toujours détenu.
Grave crise politique
Jeudi, un "Conseil suprême pour la restauration de la démocratie" a déposé Mamadou Tandja à l'issue de combats autour du palais présidentiel qui ont fait au moins trois morts. La junte a aussitôt dissous le gouvernement et suspendu la Constitution adoptée en août 2009 dans un climat de vive controverse, annonçant la création prochaine d'un "conseil consultatif" pour travailler à l'avenir du pays. Elle a assuré que le président déchu se trouvait "dans de très bonnes conditions" et était "régulièrement suivi par son médecin", sans préciser les projets le concernant.
Le pays est plongé dans une grave crise politique depuis que Mamadou Tandja, 71 ans, dont le dernier quinquennat s'achevait normalement en décembre, avait décidé de se maintenir au pouvoir à tout prix, faisant adopter une nouvelle constitution prolongeant son mandat. Il n'avait pas hésité à dissoudre le parlement et la Cour constitutionnelle pour arriver à ses fins et s'était attiré les critiques de la communauté internationale. La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait suspendu le pays et l'Union européenne interrompu son aide au développement. La communauté internationale a néanmoins condamné le coup d'Etat et réclamé un retour rapide à des règles démocratiques.
Une mission conjointe ONU, Union africaine (UA) et Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) doit se rendre dimanche à Niamey, pour "voir l'évolution de la situation". Une délégation de la Cédéao s'est entretenue dès vendredi soir à Niamey avec le chef d'escadron Salou Djibola, qui préside la junte. "Nous voulons une transition apaisée qui va aboutir à des élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous", a déclaré samedi Mohamed Ibn Chambas, président de la Commission de la Cédéao. Selon lui, le chef de la junte est "ouvert et a encouragé cette médiation". Mais les putschistes "ont dit qu'ils ne peuvent pas déterminer un délai" avant des élections, a expliqué le ministre sénégalais des Affaires étrangères Madické Niang, qui a aussi pris part à la rencontre.
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