Niger : la junte se veut rassurante, soutien de la rue

Par TF1 News (d'après agence), le 19 février 2010 à 06h49 , mis à jour le 19 février 2010 à 22h47

Les militaires qui ont pris jeudi le pouvoir au Niger, "emmenant" le président Tandja, annoncent la création prochaine d'un "conseil consultatif" pour travailler à l'avenir du pays et disent avoir le contrôle de la situation. Le couvre-feu est d'ailleurs levé.

[Expiré] [Expiré] niamey-niger putsch © AFP/B.Hama

"Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dont je suis le porte-parole, a décidé de suspendre la Constitution de la sixième république et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues", a annoncé jeudi soir sur la radio d'Etat nigériane le colonel Goukoye Abdoulkarim. Le Conseil s'est doté d'un président, selon un communiqué. Il s'agit du chef d'escadron Salou Djibo. Il commande la compagnie d'appui de Niamey, qui dispose d'armements lourds, tels les blindés. Le CSDR, qui avait mis en place un couvre-feu et fermé les frontières terrestres et aériennes, appelant la population à garder son calme, a levé vendredi ces restrictions.

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Se voulant rassurante, la junte a assuré contrôler Niamey dans le calme et que le président renversé, détenu dans une caserne, était sain et sauf. La situation au Niger est "sous contrôle" et il n'y a "pas de dissidence", a dit son porte-parole le colonel Goukoye Abdoulkarim. Il a précisé que des ministres arrêtés jeudi soir allaient être relâchés "incessamment". Quant au président, âgé de 71 ans, "M. Mamadou Tandja est retenu dans un bureau (...) il se porte très bien. Il a pu voir son médecin, son état de santé est bon et normal", a déclaré à l'AFP un officier dans la caserne où la junte a établi son quartier général, au sud-ouest de Niamey. Dans la journée, des ministres ont affirmé avoir été séquestrés lors d'une réunion du cabinet. "Nous ne savons pas ce qui se passe (...) mais nous avons nos portables et nous sommes là où devait se dérouler le Conseil des ministres. Ils ont emmené le président", a confirmé un autre membre du gouvernement, sous couvert d'anonymat.

Des centaines d'habitants du Niger, dans les villes de Dosso et de Tahoua (ouest), ont ensuite manifesté vendredi leur joie et leur soutien à la junte, ont raconté à l'AFP des témoins, tandis que l'opposition appelait à une grande manifestation de soutien à la junte samedi à Niamey, selon un communiqué lu à la radio.

Combats à l'arme lourde
  
Le CSDR a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi que le gouvernement était  "dissous". Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, a "condamné la prise du pouvoir par la force au Niger" et demandé un "retour rapide à l'ordre constitutionnel", selon un communiqué transmis vendredi à l'AFP. Le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, "espère" de son côté l'organisation "dans les prochains mois" d'élections libres et transparentes au Niger où des militaires ont pris le pouvoir vendredi, dans une interview au quotidien Le Parisien à paraître samedi.
  
Le Niger, pays pauvre du Sahel mais troisième producteur mondial d'uranium, est confronté à une grave crise politique née de la volonté du président de se maintenir au pouvoir coûte que coûte au delà de son mandat. Des témoins ont fait état de tirs nourris dans la journée, notamment autour de la présidence, avec des combats à l'arme lourde dans les rues de la capitale et autour de la présidence. Aucun bilan officiel sur d'éventuelles victimes n'avait été communiqué jeudi soir mais selon des témoins et une source médicale, au moins trois ou quatre soldats ont été tués - dans un blindé visé par un obus - et "une dizaine" de militaires ont été blessés jeudi à Niamey.

Air France suspend ses vols
 
Dans ce contexte, Paris a demandé à ses ressortissants présents au Niger de "rester confinés" chez eux et "vivement déconseillé de se rendre actuellement au Niger ou d'y effectuer un transit". Environ 1.500 Français vivent au Niger. Air France a de son côté décidé de suspendre ses vols vers Niamey "et ce jusqu'à nouvel avis". Le vol AF 732 Paris-Niamey-Ouagadougou, exploité en Airbus A340-300, est bien parti jeudi matin, mais n'a pas fait escale au Niger et a rejoint directement sa destination finale au Burkina Faso. La compagnie a proposé des solutions d'hébergement à Ouagadougou aux passagers qui auraient normalement dû débarquer à Niamey. Air France assure normalement 4 vols hebdomadaires à destination de Niamey (les mardi, jeudi, vendredi et dimanche).

Coiffé de son éternel bonnet rouge sombre, Mamadou Tandja promène sa longiligne silhouette sur la vie politique nationale depuis 35 ans. Après plus de dix ans de pouvoir, il devait initialement se retirer en décembre 2009, mais la nouvelle constitution adoptée en août, malgré les protestations de l'opposition, lui a assuré en principe encore au moins trois ans à la tête du pays.
 

Le Niger, pays stratégique pour le champion français du nucléaire

Présent depuis 40 ans au Niger, où il extrait près de la moitié de son uranium, le groupe nucléaire français Areva a récemment enterré la hache de guerre avec les autorités de Niamey, qui l'avaient un temps accusé de soutenir la rébellion touareg. La présence d'uranium dans le pays avait été mise en évidence dès la fin des années 50 par les équipes du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA), alors que le Niger était encore une colonie française.

Par TF1 News (d'après agence) le 19 février 2010 à 06:49
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4 Commentaires

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  • ehoffmann, le 20/02/2010 à 04h36

    Des militaires au pouvoir: Cela ne donne rien de bon généralement :o(

  • rose1926, le 20/02/2010 à 00h33

    Vous ny connaissez vraiment rien! nimporte quoi!

  • maxie, le 19/02/2010 à 09h38

    Comment peut tu te permettre de dire ca.. A mon avis tu n'es absolument pas au courant de la situation actuelle la bas.Simple question : es tu deja aller au niger ?

  • ovation1, le 19/02/2010 à 07h54

    Encore un beau pays à visiter !

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