En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisation. En savoir plus
×
ARCHIVES

Pour ne pas sombrer, l'otage français jouait aux cartes

Edité par
le 07 février 2010 à 08h52
Temps de lecture
3min
[Expiré] [Expiré] Laurent Maurice, agronome travaillant pour le CICR, otage durant 89 jours au Darfour (6/02/2010)

Crédits : AFP / A. Shazly

À lire aussi
AfriqueLaurent Maurice, agronome travaillant pour la Croix-Rouge internationale et libéré samedi après 89 jours passés aux mains d'un groupe mal connu du Darfour, raconte les conditions de sa détention.

Il avait été enlevé il y a trois mois au Tchad, puis déplacé au Darfour. Samedi, le Français Laurent Maurice, agronome de 37 ans travaillant pour la Croix-Rouge internationale, a été libéré. Le CICR, tout en annonçant la nouvelle, a tenu à rester discret sur les conditions de cette libération, soulignant simplement que la "politique du CICR" était "de ne jamais verser de rançon". Il n'a pas souhaité en dire davantage afin de ne pas compromettre les pourparlers en faveur d'un autre de ses employés français, Gauthier Lefèvre, enlevé en octobre au Darfour-Ouest alors qu'il circulait dans un convoi de deux véhicules marqués du logo de la Croix-Rouge.

Les ravisseurs revendiqués de Laurent Maurice se sont montrés un peu plus prolixes sur les motivations de cette libération. Ce groupe peu connu du Darfour, se présentant comme "les Aigles de libération de l'Afrique", qui avait réclamé un million d'euros pour relâcher le Français, a fait savoir samedi par la voix d'un de ses porte-parole : "Nous n'avions pas agi pour de l'argent mais parce que nous souhaitions que la France change sa politique dans la région. Or, nous apprécions le rôle positif que la France a joué lors des dernières négociations entre le Tchad et le Soudan". Il est vrai que la normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan, deux voisins qui se mènent depuis cinq ans une guerre par groupes rebelles interposés, est en cours. Les deux pays doivent déployer sous peu une force mixte à la frontière. Signe d'apaisement : la visite lundi à Khartoum du président tchadien Idriss Deby Itno, qui doit rencontrer son homologue soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

"J'étais seul toute la journée"

Quant au principal intéressé de cette longue détention, il a pu décrire une partie de ses 89 jours de captivité à un journaliste qui l'a rencontré à Khartoum. Fatigué mais apparemment en bonne santé, il a dit avoir tenté surtout de garder espoir et de ne pas sombrer psychologiquement tout au long de sa détention. Comment ? "Je jouais aux cartes", a-t-il raconté. "Je pense que dans ces cas-là le mal est toujours (...) psychologique". Personne à qui s'adresser : "J'étais seul toute la journée et le soir ils me faisaient venir à côté du feu pour manger. Nous étions toujours à l'extérieur, en pleine brousse". Quant à ses geôliers, ils "ne parlaient pas français" et "il y avait toujours d'un côté le prisonnier, de l'autre les ravisseurs".

Mais l'heureuse issue de cette prise d'otage ne doit pas faire oublier les autres rapts qui ont eu lieu et continuent de se produire dans cette région. La vague d'enlèvements qui sévit depuis mars au Darfour et qui s'étend aussi à l'est du Tchad et de la Centrafrique a compliqué le travail des organisations humanitaires, qui ont dû abandonner certains programmes d'aide ou limiter leurs déplacements sur le terrain. Les "Aigles de libération de l'Afrique" revendiquent ainsi le rapt en Centrafrique de deux autres humanitaires français de l'ONG française Triangle GH. "Ils sont toujours avec nous. Nous n'avons pas d'accord avec le gouvernement centrafricain afin de les libérer", a déclaré samedi un responsable des ravisseurs.

Commenter cet article

  • maisouibiensur : A quand la wii ou la psp pour les otages ??

    Le 07/02/2010 à 16h06
  • sambrest : Voilà une bonne nouvelle! j'espère que ce Monsieur se remettra vite.

    Le 07/02/2010 à 13h57
      Nous suivre :
      Griezmann, Evra, Debuchy : mercato chez les Bleus

      Griezmann, Evra, Debuchy : mercato chez les Bleus

      logAudience