Sarkozy adoube le fils Bongo et tourne la page avec le Rwanda

le 24 février 2010 à 05h45 , mis à jour le 24 février 2010 à 12h11

Lors de son déplacement de deux jours en Afrique, le chef de l'Etat apportera son onction au "nouveau" Gagon du fils d'Omar Bongo puis tournera la page du contentieux qui gêne les relations avec Kigali depuis le génocide.

Une journée ce mercredi à Franceville et Libreville, trois heures à Kigali jeudi... A l'image des précédentes, la nouvelle virée africaine de Nicolas Sarkozy tient du grand écart : un pied au Gabon dans le "pré carré" pour conforter les vieilles amitiés ; l'autre au Rwanda, en terre anglophone, pour illustrer la rupture. Bref,  comme un résumé d'une politique qui hésite toujours à trancher le lien avec la "Françafrique".

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Plus d'infos

 
La première partie du chef de l'Etat, au Gabon, sera la plus facile du point de vue diplomatique. Huit mois après la mort du "doyen" Omar Bongo, considéré comme le gardien des secrets de la France en Afrique, Paris veut faire du Gabon de son fils Ali, dont l'élection a été contestée par l'opposition, l'appartement témoin de sa nouvelle diplomatie africaine. "Le modèle d'une politique plus moderne et débarrassée des soupçons du passés", jure l'Elysée. Nicolas Sarkozy signera donc à Libreville un accord de défense rénové avec le fils. Mais ira aussi s'incliner sur la tombe du père.
 
Trois ans de brouille avec le Rwanda
 
Jeudi, même symbolique, le premier séjour d'un président français au Rwanda depuis le génocide de 1994 constitue le point d'orgue de cette tournée. Nicolas Sarkozy vient y enterrer trois ans de brouille diplomatique et judiciaire avec le régime de Paul Kagamé. Le Rwanda avait en effet coupé les ponts fin 2006, après l'émission par le juge Jean-Louis Bruguière de mandats d'arrêt contre neuf proches du président rwandais, soupçonnés d'avoir fomenté l'attentat qui a coûté la vie en 1994 à son prédécesseur, Juvenal Habyarimana, et marqué le coup d'envoi du massacre des tutsis. Cet incident avait relancé de plus belle le procès instruit depuis 1994 par les tutsis au pouvoir à Kigali contre Paris, accusé d'avoir aidé les génocidaires hutus. Ce que la France, soutien du régime Habyarimana contre le guérillero Kagamé avant que ce dernier ne devienne président, a toujours farouchement nié.
 

Malgré cette escalade, les fils du dialogue renoué par Nicolas Sarkozy en entrant à l'Elysée n'ont jamais été rompus. Deux entretiens "francs et directs" avec Paul Kagamé en 2007 puis 2008 ont remis le différend à plat. Avant qu'une série de péripéties judiciaires opportunes ne dégage la voie à une reprise des relations, à la faveur d'une visite éclair à Kigali en novembre dernier du numéro deux de l'Elysée, Claude Guéant.
 
 

"Choses fortes, mais pas d'excuses"
 
Couronnement de ce chemin tortueux, Nicolas Sarkozy débarque donc dans l'ex-colonie belge avec la satisfaction d'avoir retiré une grosse épine du pied de la France. Et l'ambition de la réinstaller dans l'Afrique des Grands lacs, à la frontière du Kivu congolais au sous-sol riche en minerais. "Cette réconciliation avec le Rwanda fait disparaître un irritant majeur qui, à cause des accusations de complicité de génocide, nuisait à l'image de la France sur l'ensemble du continent", se réjouit-on à l'Elysée
 

La question

Rwanda : Sarkozy doit-il s'excuser au nom de la France pour le génocide ?

Oui
Non

 

Pourtant, même si les deux camps assurent avoir "tourné la page", le climat de la visite du président reste lourd. Ses gestes et ses mots y seront observés à la loupe. Car à Kigali, les victimes du génocide continuent à exiger des "excuses" françaises. Et à Paris, politiques et militaires s'inquiètent à mots couverts du prix de ces retrouvailles. Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy, que l'on sait réservé sur la repentance, avait évoqué "les faiblesses ou les erreurs" de la France. Ce jeudi, "il dira des choses fortes", prévient son entourage, "mais pas d'excuses".

le 24 février 2010 à 05:45
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9 Commentaires

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  • syberya, le 24/02/2010 à 13h31

    L'épine du pied : génocide de 800.000 Tutsis et Hutus et dont la France porte une part de responsabilité. Les pages d'histoire se tournent quelques fois avec une aisance désinvolte, que l'on n'a même pas besoin d'humidifier le doigt, pour les tourner...le vent s'en charge...celui de l'oubli...pfitttt. syberya :o(((

  • khan59, le 24/02/2010 à 12h21

    Pas pour rien mais pour aller ce mettre a genoux devant un dictateur , un de plus!!

  • aciery, le 24/02/2010 à 12h13

    Quelle condescendance envers ce pays! Au nom de quoi le Roi Sarkozy adouberait il un chef d'état Gabonais ! La colonisation c'est fini ! Messieurs les journalistes vous feriez mieux de faire attention à vos mots qui peuvent être très choquant pour les Gabonais !

  • danou34110, le 24/02/2010 à 12h08

    Merci de corriger dans la bande titre, en caractères plus petits "Gagon" en "Gabon", ça gagnera en compréhension parce qu'avant d'entrer dans le détail du texte, je me suis demandé ce qu'était un gagon.

  • champaloux87, le 24/02/2010 à 12h03

    @moncommandant, "Encore un voyage?" ben pourquoi croyez-vous qu'on paie des impots ??

  • natlyon69, le 24/02/2010 à 11h47

    Et où en sont les milliards de dollars de la famille Bongo ? Les luxueux hotels français, les yachts... Il me semblait qu'il y avait une enquête là-dessus, on va enterrer tout ça ?

  • mer78, le 24/02/2010 à 09h18

    Martine etait a la reunion la semaine derniere et vous ne l avez pas signale ?. n oublions pas que m sarkozy est le president de la republique et comme tel il fait son boulot de president si le fait qu il se deplace vous gene demander un remboursement de votre qote part a l elysee

  • secretparis, le 24/02/2010 à 09h09

    Pour rien !

  • moncommandant, le 24/02/2010 à 08h02

    Encore un voyage?

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