Sarkozy au Rwanda pour tourner la page

le 25 février 2010 à 05h45 , mis à jour le 25 février 2010 à 11h29

Au second jour de son voyage en Afrique, le chef de l'Etat rencontre Paul Kagamé, son homologue rwandais, pour mettre fin aux relations houleuses entre les deux pays depuis le génocide de 1994.

sarko kagame rwandaNicolas Sarkozy accueilli par Paul Kagamé, le président rwandais, le 25 février 2010, à Kigali © TF1/LCI

Après l'étape "facile" du Gabon mercredi puis un crochet non prévu par le Mali pour rencontrer Pierre Camatte, l'otage libéré par Al-Qaïda mardi, Nicolas Sarkozy effectue ce jeudi l'étape la plus difficile de son voyage express en Afrique. Le chef de l'Etat se rend en effet, pour quelques heures seulement, au Rwanda, où il est arrivé à 9h30, heure locale. Il a été accueilli par son homologue Paul Kagamé.

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Même symbolique, le premier séjour d'un président français à Kigali depuis le génocide de 1994 constitue le point d'orgue de cette mi-tournée africaine. Nicolas Sarkozy vient y enterrer trois ans de brouille diplomatique et judiciaire avec le régime de Paul Kagamé. Le Rwanda avait en effet coupé les ponts fin 2006, après l'émission par le juge Jean-Louis Bruguière de mandats d'arrêt contre neuf proches du président rwandais, soupçonnés d'avoir fomenté l'attentat qui a coûté la vie en 1994 à son prédécesseur, Juvenal Habyarimana, et marqué le coup d'envoi du massacre des tutsis.

Péripéties judiciaires

Cet incident avait relancé de plus belle le procès instruit depuis 1994 par les tutsis au pouvoir à Kigali contre Paris, accusé d'avoir aidé les génocidaires hutus. Ce que la France, soutien du régime Habyarimana contre le guérillero Kagamé avant que ce dernier ne devienne président, a toujours farouchement nié.
 

Malgré cette escalade, les fils du dialogue renoué par Nicolas Sarkozy en entrant à l'Elysée n'ont jamais été rompus. Deux entretiens "francs et directs" avec Paul Kagamé en 2007 puis 2008 ont remis le différend à plat. Avant qu'une série de péripéties judiciaires opportunes ne dégage la voie à une reprise des relations, à la faveur d'une visite éclair à Kigali en novembre dernier du numéro deux de l'Elysée, Claude Guéant.
 

"Choses fortes, mais pas d'excuses"
 
Couronnement de ce chemin tortueux, Nicolas Sarkozy débarque donc dans l'ex-colonie belge avec la satisfaction d'avoir retiré une grosse épine du pied de la France. Et l'ambition de la réinstaller dans l'Afrique des Grands lacs, à la frontière du Kivu congolais au sous-sol riche en minerais. "Cette réconciliation avec le Rwanda fait disparaître un irritant majeur qui, à cause des accusations de complicité de génocide, nuisait à l'image de la France sur l'ensemble du continent", se réjouit-on à l'Elysée
 

La question

Rwanda : Sarkozy doit-il s'excuser au nom de la France pour le génocide ?

Oui
Non

 

Pourtant, même si les deux camps assurent avoir "tourné la page", le climat de la visite du président reste lourd. Ses gestes et ses mots y seront observés à la loupe. Car à Kigali, les victimes du génocide continuent à exiger des "excuses" françaises. Et à Paris, politiques et militaires s'inquiètent à mots couverts du prix de ces retrouvailles. Il y a deux ans, Nicolas Sarkozy, que l'on sait réservé sur la repentance, avait évoqué "les faiblesses ou les erreurs" de la France. Ce jeudi, "il dira des choses fortes", prévient son entourage, "mais pas d'excuses".

le 25 février 2010 à 05:45
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1 Commentaires

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  • zy78, le 25/02/2010 à 08h06

    Tourner la page sur 800 000 morts, "débités" comme de la viande de brousse ! Scandaleux.

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