Présidentielle au Togo: l'opposition crie victoire, la tension monte

Par TF1 News (D'après agence), le 05 mars 2010 à 22h26 , mis à jour le 05 mars 2010 à 22h29

Le principal opposant togolais, Jean-Pierre Fabre, a affirmé vendredi avoir remporté l'élection, une revendication jugée "inacceptable" par le parti du président sortant Faure Gnassingbé, qui a mis en garde contre le risque de "violences".

[Expiré] [Expiré] Jean-Pierre Fabre Togo © AFP

Vendredi soir, l'absence de tout résultat officiel 24 heures après la fin du scrutin alimentait la tension. Et alors que principal opposant togolais, Jean-Pierre Fabre, affirmait avoir remporté l'élection présidentielle, le parti du président sortant Faure Gnassingbé jugeait cette revendication jugée "inacceptable" mettant en garde contre le risque de "violences".

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"Nous avons gagné la présidentielle du 4 mars 2010", a  affirmé Jean-Pierre Fabre. "La compilation des procès verbaux des bureaux de vote en notre possession donne une avance confortable au candidat de l'Union des forces de changement", a-t-il poursuivi affirmant avoir recueilli "une moyenne entre 75 et 80% des voix". L'opposant a également évoqué des "irrégularités constatées" dans le processus de vote, notamment des "bourrages d'urnes".
 
"Il y aura encore des dégâts"
 
Immédiatement après, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti de Faure Gnassingbé, a accusé "certains candidats" de "violer les dispositions de la Constitution et du code électoral (...) par l'annonce de résultats fantaisistes, dans la perspective de préparer les esprits à la violence". "C'est inacceptable: nous demandons à ces candidat de se ressaisir pour préserver la sérénité qui a prévalu jusqu'à ce jour", a martelé le secrétaire général du parti.
 
Après une campagne électorale paisible et un scrutin qui s'est déroulé dans le calme jeudi, la tension semblait être montée d'un cran dans la capitale. A l'extérieur du siège de l'UFC, dans le quartier populaire Bè, des centaines de jeunes chantaient des chants de victoire après la déclaration de M. Fabre. "Nous sommes libérés" criait une femme, "nous les avons battus KO", chantait un autre. "Les gens sont tendus dans l'attente des résultats parce que s'il n'y a pas le changement, il y aura encore des dégâts", affirmait vendredi matin un chauffeur de taxi, Félix Amélo, partisan de M. Fabre.
 
Il y a cinq ans, une vague de violences avait éclaté à Lomé après l'annonce de la victoire contestée à la présidentielle de Faure Gnassingbé, quelques mois après la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a régné sans partage sur le Togo pendant 38 ans. Les violences avaient fait 400 à 500 morts selon l'ONU. Selon Amnesty international des militaires avaient attaqué les domiciles de présumés opposants avant et après le scrutin, les frappant à coups de gourdin ou les tuant par balles. Le scrutin de jeudi apparaissait donc comme un test pour le pays, où la situation politique s'était décrispée, et avec qui les bailleurs de fonds ont progressivement renoué depuis 2007. Le Togo est un petit pays de 6,5 millions d'habitants. La majeure partie de sa population vit encore sous le seuil de pauvreté.
 

Par TF1 News (D'après agence) le 05 mars 2010 à 22:26
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3 Commentaires

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  • skyrunner, le 06/03/2010 à 15h26

    Une exception , le Gabon

  • michel64320, le 06/03/2010 à 00h57

    Depuis que Ségoléne avait menacé de faire un troisième tour dans la rue pour la présidentielle, tous les battus dans le monde, crient victoire.

  • tipoussy01, le 06/03/2010 à 00h17

    C'est toujours pareil: les dictatures Africaines et autres ne se maintiennent en place que grâce aux financements occidentaux ou autres. La preuve, malgré ce qui s'est passé il y a 5 ans, les bailleurs de fonds ont recomencé à nouer des contacts avec le Dictateur Togolais seulement 2 ans après les tueries des dernières élections contestées. Il ne peut y avoir de vraies élections démocratiques dans ce cas là et le parti au pouvoir fait semblant mais ne peut que tricher car il n'est pas question pour lui d'abandonner le pouvoir et les avantages qui vont avec.

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