
Lomé le dit : elle "rejette la famille Gnassingbé". Lomé le dit : elle en a "marre de la misère". Un parfum d'amertume flottait dimanche sur la capitale togolaise, fief de l'opposition, au lendemain de la réélection du président Faure Gnassingbé. Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis la mort en 2005 de son père, le général Eyadéma qui régna sans partage durant 38 ans, a remporté l'élection présidentielle avec 60,92% des voix, contre 33,94% des suffrages à son principal adversaire, l'opposant Jean-Pierre Fabre, selon les résultats provisoires annoncés samedi soir par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). En 2005, l'élection contestée de Faure Gnassingbé avait été suivie d'une vague de violences qui avait fait 400 à 500 morts selon l'ONU.
Présidentielle au Togo: l'opposition crie victoire, la tension monte
Le principal opposant togolais, Jean-Pierre Fabre, a affirmé vendredi avoir remporté l'élection, une revendication jugée "inacceptable" par le parti du président sortant Faure Gnassingbé, qui a mis en garde contre le risque de "violences".
Publié le 05/03/2010
Au Togo, les urnes, et le spectre de la violence
Les violences qui avaient marqué en 2005 l'élection de Faure Gnassingbé, installé dans le fauteuil de président par l'armée avant de chercher une légitimité dans les urnes, pourraient-elles se reproduire ?
Publié le 04/03/2010
Si le calme régnait dimanche matin, la tension est montée dans l'après-midi. En effet, le principal parti d'opposition au Togo ne "reconnaît pas" le résultat du scrutin, a déclaré l'un de ses responsables. "Nous nous allons lutter", a affirmé Eric Dupuy, secrétaire national à la communication de l'UFC (Union des forces de changement), le parti de Jean-Pierre Fabre, qui a lui même contesté la "prétendue victoire" du président sortant quelques heures plus tard, promettant de "ne pas se laisser faire".
"Nous allons multiplier les manifestations"
"Je veux que les résultats véritables soient publiés, car j'ai obtenu entre 55 et 60% des voix sur tout le territoire national", a affirmé l'opposant qui s'exprimait au siège de son parti, l'Union des forces de changement (UFC). "Nous allons multiplier les manifestations. nous n'allons pas nous laisser faire. Je n'ai jamais eu l'idée de faire de la violence mais si on me vole je ne baisserai pas les bras", a poursuivi M. Fabre, devant une centaine de jeunes militants surexcités.
Ainsi, une manifestation de l'opposition à laquelle participait le candidat battu a eu lieu à Lomé dimanche. Et les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l'AFP. M. Fabre et d'autres responsables de l'opposition se sont repliés dans le siège de l'UFC (Union des Forces de changement, opposition), a constaté l'AFP. La manifestation, rassemblant de 200 à 300 personnes, avait commencé devant le siège de l'UFC, dans le quartier populaire de Bè. Immédiatement, des escouades de gendarmes casqués et matraque en main s'étaient déployés face aux manifestants. Ceux-ci scandaient "Dieu est grand", "Fabre ou rien!", "Le changement!" en agitant les mains en l'air. Les gendarmes ont alors tiré des grenades lacrymogènes, dispersant la foule, mais le face à face a repris quelque temps après. Et ce n'est pas fini : l'opposition togolaise a appelé dimanche soir à "la résistance" et a annoncé une marche mardi à Lomé "pour protester contre les résultats frauduleux", selon elle, du scrutin.
En outre deux proches du candidat de l'opposition Messan Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre togolais, ont été arrêtés samedi à Lomé avec huit autres personnes. Elles ont été interpellées avant l'annonce des résultats officiels de la présidentielle. "Ils distribuaient des tracts, des documents qui appellent au soulèvement populaire", a déclaré le commandant de la Force spéciale élection présidentielle. Deux dirigeants d'un mouvement de jeunes proche du principal parti d'opposition Union des forces de changement (UFC) ont aussi été arrêtés.
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