
Le calme régnait dimanche matin à Lomé, après l'annonce samedi soir de la réélection du président Faure Gnassingbé, bien que la capitale de 1,5 million d'habitants ait majoritairement voté pour l'opposition, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Deux proches du candidat de l'opposition Messan Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre togolais, ont cependant été arrêtés samedi à Lomé avec huit autres personnes. Elles ont été interpellées avant l'annonce des résultats officiels de la présidentielle. "Ils distribuaient des tracts, des documents qui appellent au soulèvement populaire", a déclaré le commandant de la Force spéciale élection présidentielle.
Présidentielle au Togo: l'opposition crie victoire, la tension monte
Le principal opposant togolais, Jean-Pierre Fabre, a affirmé vendredi avoir remporté l'élection, une revendication jugée "inacceptable" par le parti du président sortant Faure Gnassingbé, qui a mis en garde contre le risque de "violences".
Publié le 05/03/2010
Au Togo, les urnes, et le spectre de la violence
Les violences qui avaient marqué en 2005 l'élection de Faure Gnassingbé, installé dans le fauteuil de président par l'armée avant de chercher une légitimité dans les urnes, pourraient-elles se reproduire ?
Publié le 04/03/2010
Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis la mort en 2005 de son père, le général Eyadéma qui régna sans partage durant 38 ans, a remporté l'élection présidentielle avec 60,92% des voix, contre 33,94% des suffrages à son principal adversaire, l'opposant Jean-Pierre Fabre, selon les résultats provisoires annoncés samedi soir par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). En 2005, l'élection contestée de Faure Gnassingbé avait été suivie d'une vague de violences qui avait fait 400 à 500 morts selon l'ONU.
"Nous pouvons aussi descendre dans la rue"
Près du siège de l'Union des forces du changement (UFC, opposition) de Jean-Pierre Fabre, un militant d'une trentaine d'années, Ayao Kossigan, disait d'un ton révolté: "Le RPT (parti au pouvoir) est une grosse machine à fraude mais ils partiront un jour". "S'ils pensent que c'est fini, ils se trompent, nous nous mobiliserons pour descendre encore dans les rues et leur montrer que cette fois-ci notre victoire nous est chère", renchérissait un autre jeune, Ayih Folly, 23 ans. Jean-Pierre Fabre a obtenu entre 52% et 82% dans les cinq districts de la capitale.
Les militants étaient rares dimanche matin, au siège du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir). "Ils (les opposants) disent à chaque fois qu'on les a volés et menacent toujours de descendre dans la rue, ils pensent que la rue est l'apanage d'un parti politique mais nous allons leur montrer que nous pouvons aussi descendre dans la rue", lançait Evariste Adoul, jeune militant vêtu d'un tee-shirt blanc à l'effigie de Faure Gnassingbé. Comme tous les dimanches, une foule de sportifs avait envahi la plage tandis que d'autres se rendaient à la messe. Par ailleurs, deux proches du candidat du candidat Messan Agbéyomé Kodjo, ex-Premier ministre sous le régime d'Eyadéma, ont été arrêtés, selon le commandant de la Force spéciale élection présidentielle (Fosep), le colonel Yark Damehane. "Ils distribuaient des tracts, des documents qui appellent au soulèvement populaire", a-t-il affirmé à l'AFP.
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