Le Ponant attaqué par des pirates au large de la Somalie, le 4 avril 2008 © DRPour le juge d'instruction Patrick Gachon, le dossier est clos, et la suite se déroulera au tribunal : le magistrat chargé de l'enquête sur la prise d'otages du voilier le Ponant, en avril 2008 dans l'Océan indien, dans laquelle six pirates présumés ont été mis en examen et placés en détention en France, a mis fin à ses investigations. Les avocats des parties civiles et de la défense ont désormais jusqu'à lundi pour demander d'éventuels nouveaux actes, avant que le parquet ne prenne ses réquisitions.
Le procès des pirates présumés du Ponant
Six hommes accusés d'avoir pris en otage pendant une semaine, en avril 2008, l'équipage du voilier Le Ponant, seront jugés depuis mardi aux assises de Paris.
Publié le 22/05/2012
Six pirates présumés, âgés de 22 à 47 ans, avaient été capturés le 11 avril 2008 par des forces spéciales françaises en territoire somalien alors qu'ils prenaient la fuite à bord d'un 4X4 peu après la libération contre rançon des trente membres d'équipage du Ponant. Après avoir été détenu cinq jours sur un navire français, ils avaient été mis en examen à Paris et placés en détention provisoire dans plusieurs prisons françaises. Mais, selon l'avocat d'un des mis en examen, Me Grégory Saint-Michel, de nouveaux documents, versés au dossier la semaine dernière et cette semaine, mettraient hors de cause quatre des six pirates présumés qui ont toujours clamé leur innocence.
Des passagers montés à bord d'un "taxi brousse" ?
L'avocat a obtenu des autorités de la région semi-autonome du Puntland, au nord de la Somalie, des documents qui assurent que quatre des Somaliens n'ont rien à voir avec la prise d'otages et qu'ils ont été interpellés par erreur. Mohamed Saïd Mohamed, Dahir Gulled Saïd, Abdulkadir Gulled Saïd et Abdullahi Yusuf Ahmed "ne sont pas des pirates", selon un document transmis par le maire de Jariban (Puntland), Abdiaziz Aw-Yusuf Mohamed. Ces quatre hommes auraient pris place dans le 4X4 qu'ils auraient utilisé comme un "taxi brousse", une pratique courante dans la région.
Un autre document, envoyé par le procureur de la région du Mudug, également dans la région du Puntland, va dans le même sens et assure, après enquête, que ces hommes ne sont pas des pirates du Ponant.
Mais quelle crédibilité accorder à ces assurances données par les autorités locales, dans une région où le droit est fort peu garanti ? "Ces documents ont une valeur car le Puntland est reconnu par la France : les autorités françaises remettent à cette région autonome chaque pirate qu'ils arrêtent dans l'Océan indien", fait valoir Me Saint-Michel, dont le client a été placé à l'isolement après qu'on lui eut diagnostiqué des troubles mentaux liés à la détention.
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