© AFP/AMNESTY INTERNATIONAL Le sort de Max Göldi cristallisait depuis deux ans les tensions entre la Suisse et la Libye, et son retour sur le sol helvétique a valeur de symbole. Retenu depuis juillet 2008 en Libye, et libéré de prison jeudi dernier, l'homme d'affaires suisse est arrivé dans la nuit de dimanche à lundi à l'aéroport de Zurich, accompagné par la chef de la diplomatie helvétique, qui venait de signer avec Tripoli un accord ouvrant la voie à la normalisation de leurs relations.
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Max Göldi, 54 ans, responsable du groupe d'ingénierie ABB en Libye, avait été arrêté et assigné à résidence à Tripoli avec un autre homme d'affaires suisse, Rachid Hamdani, le 19 juillet 2008 en représailles à l'arrestation à Genève d'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, sur une plainte pour mauvais traitement de deux domestiques. Cette affaire avait provoqué une crise diplomatique entre Berne et Tripoli qui ont signé dimanche un "plan d'action" sous l'égide de l'Union européenne, ouvrant la voie à une normalisation de leurs relations.
Médiation européenne avec le leader libyen
Pour arracher le retour de l'homme d'affaires, qui avait écopé d'une peine de quatre mois pour séjour illégal, la chef de la diplomatie helvétique s'était rendue à Tripoli samedi soir en compagnie de son homologue espagnol. Tous deux avaient pu s'entretenir avec Kadhafi, en présence du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, après la signature du document cosigné par l'Espagne et l'Allemagne en tant que garants.
Le "plan d'action", réclamé par Tripoli, prévoit la constitution d'un "tribunal d'arbitrage" international pour enquêter sur les circonstances de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi. Le document aborde également la "publication illégale" en septembre 2009 dans un journal genevois des photos d'identité d'Hannibal Kadhafi au moment de son arrestation. La Suisse y exprime ses "excuses" et s'engage à poursuivre en justice les responsables de cette fuite. En avril, le tribunal de première instance de Genève avait déjà donné raison au fils du leader libyen, qui avait porté plainte contre cette publication. Mais il n'avait pas suivi la demande de réparations de 100.000 francs suisses (69.500 euros) de dommages. Le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa a toutefois assuré que la justice suisse avait finalement décidé une indemnisation de près de 1,5 million d'euros déjà payée.
La crise entre Berne et Tripoli a été ponctuée de multiples rebondissements, entre les représailles économiques des autorités libyennes, des excuses sans effet lors d'une visite catastrophe du président de la Confédération en Libye et le "kidnapping" selon Berne des deux hommes d'affaires en septembre 2009 qui ont été emprisonnés pendant plus de 50 jours. Après ces arrestations, les autorités helvétiques avaient décidé de restreindre pour l'élite libyenne l'attribution de visas permettant d'accéder aux pays de l'espace Schengen, dont elle est membre associé. Tripoli avait répliqué en février en annonçant des restrictions de visas à l'encontre des ressortissants des pays de l'espace Schengen, provoquant la colère de plusieurs capitales européennes et entraînant une médiation de Bruxelles.
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