Reste-t-il un espoir pour l'otage français au Mali ? Le communiqué retransmis par la chaîne de télévision Al-Jazeera ne semble guère en laisser : Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a annoncé dimanche soir avoir tué Michel Germaneau en réponse à l'opération militaire mauritanienne menée contre ses membres avec l'appui de l'armée française.
Un responsable de l'AQMI, en l'occurrence son chef, Abou Moussab Abdel Wadoud, aurait ainsi déclaré dans un enregistrement sonore que l'ingénieur français, enlevé fin avril dans le nord du Niger, avait été tué samedi pour venger la mort de plusieurs combattants islamistes, qui ont péri au cours du raid mené cette semaine contre ses positions. Voici, en substance, le contenu du communiqué :"Nous annonçons avoir exécuté l'otage français dénommé Michel Germaneau samedi 24 juillet pour venger nos six frères tués dans la lâche opération de la France", aux côtés des forces mauritaniennes contre une unité d'Al-Qaïda.
Cette information a depuis lors été confirmée, dans la nuit de dimanche à lundi, par des sources maliennes. "Oui, c'est vrai, après l'échec du raid franco-mauritanien de jeudi, l'Aqmi a exécuté l'otage français", a déclaré, sous couvert de l'anonymat, un élu de la région de Kidal où était censé être détenu Michel Germaneau. Un notable du nord du Mali, impliqué dans toutes les négociations pour libérer les otages dans cette zone et qui n'a pas non plus souhaité être nommé, a pour sa part déclaré: "C'est sûr, pour se venger de la mort de plusieurs de leurs éléments, ils ont tué l'otage français. Nous venons de l'apprendre par des canaux traditionnels".
"Inquiétude à son comble"
Mais du côté des autorités françaises, c'est encore le silence. Un responsable du ministère français des Affaires étrangères a simplement indiqué dimanche que l'information était en cours de vérification. Et depuis lors, l'annonce des ravisseurs n'a pu être ni confirmée, ni infirmée de manière officielle. De son côté, l'Elysée a également réagi par communiqué, précisant qu'il n'y avait aucune confirmation de l'exécution du ressortissant français. L'Elysée ajoute qu'il "cherche à vérifier" cette information donnée par la chaîne Al-Jazeera. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a décidé de réunir ce lundi un "conseil restreint de défense et de sécurité". Ce conseil, qui a commencé à neuf heures, réunit autour du chef de l'Etat, le Premier ministre François Fillon, Brice Hortefeux (Intérieur), Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Hervé Morin (Défense) ainsi que les directeurs des administrations concernées.
Dès ce week-end, au Mali, des sources au sein de services de sécurité et de renseignement avaient assuré que l'inquiétude était à son comble sur le sort du Français, impliqué dans l'action humanitaire. Samedi, un responsable français avait annoncé que des militaires français avaient participé le 22 juillet à un raid dans le désert malien contre un groupe de l'Aqmi, en pensant avoir localisé l'otage. Cette opération s'était soldée par un échec, l'otage n'étant pas présent dans le camp de l'Aqmi attaqué par les commandos français et des unités mauritaniennes. "Depuis l'enlèvement de notre compatriote, les ravisseurs, en dépit des efforts des autorités françaises, ont refusé tout dialogue et n'ont formulé aucune revendication précise", a affirmé dimanche le ministère français des Affaires étrangères.
Les ravisseurs de Michel Germaneau avaient diffusé le 14 mai une photo où il paraissait très fatigué et un appel à l'aide de l'otage au président français Nicolas Sarkozy. Le 12 juillet, M. Sarkozy avait a fait part de sa "brûlante inquiétude". La veille, Aqmi avait publié un message à l'attention de Paris dans lequel il menaçait de tuer le Français sous 15 jours si Paris ne répondait pas à ses emandes. Cet ultimatum devait prendre fin ce lundi : l'AQMI sommait la France d'accepter un échange de prisonniers.







