François Fillon sur Europe 1 (27 juillet 2010) © TF1/LCIAprès Nicolas Sarkozy, qui a officialisé lundi la mort de l'otage français au Mali dans un discours empreint de gravité, prononcé depuis l'Elysée, c'est au tour de François Fillon de revenir ce mardi sur le sort tragique de Michel Germaneau. Invité sur Europe 1, il répondait aux questions de Thierry Guerrier sur cette mort et ses implications. La première étant : l'otage était-il encore vivant lorsqu'une opération a été lancée pour tenter de le délivrer ? "Je ne peux pas répondre à cette question", a éludé le Premier ministre, en faisant référence au cas tragique d'un otage britannique, tué par le même groupe, mais dont on n'a jamais retrouvé le corps. Difficile, en plein désert, d'avoir la moindre certitude sur le sort d'un otage... Le chef du gouvernement a toutefois fait part de sa conviction personnelle que l'otage était bien mort avant même cette opération. Et il a dit ne pas croire à la thèse d'un élu du nord du Mali selon laquelle il aurait été décapité sous les yeux du chef de l'unité radicale d'Aqmi qui le détenait, Abdelhamid Abou Zeid : "Ce sont des informations que je ne confirme pas parce que je pense qu'elles sont inexactes". Autant d'éléments qui resteront en tout cas invérifiables en l'absence du corps de l'otage, toujours pas retrouvé.
Otage exécuté: les islamistes évoquent des négociations
Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droudkal, a affirmé avoir négocié avec Paris pour la libération de l'otage français Michel Germaneau avant l'opération qui a conduit à son exécution.
Publié le 01/08/2010
"On n'enverra pas nos soldats sauter dans le désert..."
Bernard Kouchner a assuré samedi que la France souhaitait avant tout "renforcer ses défenses" au Sahel après la mort de l'otage Michel Germaneau.
Publié le 31/07/2010
Pour les ONG, pas question d'abandonner le Sahel
La mort de Michel Germaneau, bénévole d'une petite organisation, met en avant les risques encourus par les expatriés dans le secteur menacé par Aqmi. Alors qu'une crise alimentaire fait notamment rage au Niger, la plupart des associations n'ont cependant pas l'intention de se laisser intimider.
Publié le 27/07/2010
Mort de Germaneau : "le contexte n'était pas favorable à des négociations"
<b> Interview -</b> Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements islamistes, explique à TF1 News qu'en l'absence de pourparlers, le sort de l'otage français était scellé d'avance.
Publié le 26/07/2010
Raid contre Al-Qaïda : des représailles en Mauritanie ?
Après l'attaque mauritano-française de jeudi dernier contre le camp d'Al-Qaïda au Maghreb islamique où Paris espérait trouver Michel Germaneau, des observateurs craignent que les islamistes ne se vengent contre des cibles mauritaniennes.
Publié le 26/07/2010
Michel Germaneau : un solitaire qui voulait aider
Michel Germaneau, 78 ans, enlevé au Niger et mort aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, était un ingénieur à la retraite, sans conjoint ni enfant, engagé dans l'action humanitaire.
Publié le 25/07/2010
"Nous avons exécuté l'otage français"
Selon la chaîne Al Jazeera, Al Qaïda au Maghreb islamique a annoncé avoir tué Michel Germaneau en réponse à l'opération militaire menée contre ses membres au Mali avec l'appui de l'armée française. L'Elysée ne confirme pas.
Publié le 25/07/2010
Sans nouvelles de l'otage français au Mali
La confusion règne au Mali : la traque des groupes islamistes a-t-elle pris fin, se poursuit-elle ? Pas de nouvelles en tout cas sur le sort de l'otage français détenu par les activistes d'Al Qaïda au Maghreb islamique. Et l'ultimatum des ravisseurs prend fin lundi.
Publié le 24/07/2010
"Les groupes d'Al-Qaïda au Sahel sont très autonomes"
<b> Interview -</b> L'enlèvement de Pierre Camatte au Mali a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique. Dominique Thomas, spécialiste des mouvements islamistes, décrypte sur TF1 News le fonctionnement de l'organisation.
Publié le 08/12/2009
Mort de Germaneau : l'impact sur les voyages humanitaires
Après la mort de Michel Germaneau, Nicolas Sarkozy a demandé aux Français de ne plus se rendre dans le Sahel. Une déclaration qui a un impact sur le tourisme humanitaire.
Publié le 27/07/2010
Qui est Al-Qaïda au Maghreb ?
Al-Qaïda au Maghreb islamique a revendiqué l?exécution de Michel Germaneau. Enquête sur ce groupe qui sévit depuis 2007.
Publié le 26/07/2010
Michel Germaneau exécuté par Al-Qaïda
Michel Germaneau a été exécuté par ses ravisseurs. Ils revendiquent cette exécution en représailles à l'opération menée contre l'une de ses bases. Mais des zones d'ombre subsistent dans cet annonce.
Publié le 26/07/2010
Marcoussis en deuil après la mort de Michel Germaneau
A Marcoussis, ville où résidait Michel Germaneau, l?émotion était vive ce lundi après l?annonce de sa mort.
Publié le 26/07/2010
Décès de Michel Germaneau : l?histoire d?un drame
Après l?exécution de Michel Germaneau, la pertinence de l?opération mauritanienne au Mali, avec le soutien de la France, est remise en question.
Publié le 26/07/2010
Une seule chose était sûre, pour le Premier ministre : il fallait tenter un recours à la force. Car contrairement au cas Camatte, "nous n'avons jamais réussi à établir le moindre contact avec les ravisseurs (...) Nous avons tenté tous les canaux habituels, sans aucun succès. Nous avons tenté la médiation médicale : nous n'avons jamais eu la moindre réponse". L'opération militaire lancée contre les ravisseurs, en plein territoire malien, par l'armée mauritanienne appuyée par des éléments français, a été décidée peu de temps avant la fin de l'ultimatum des ravisseurs. Mais avec la mort de l'otage, se pose la question de la légitimité de cette tentative. Jean-Paul Piérot (L'Humanité) redoute par exemple "que la tentation de la communication ait pesé dans ce choix d'une action unilatérale". Un soupçon repris par Daniel Ruiz dans La Montagne, car si, comme certains le pensaient, "l'otage était mort depuis un certain temps", "l'opération militaire des Mauritaniens et des Français, comme la mise en scène des terroristes qui s'en est suivie, ne seraient alors qu'une honteuse partie de communication menteuse".
"On déjoue plusieurs attentats chaque année"
Autant de soupçons auxquels François Fillon s'est efforcé de répondre sur Europe 1. Si l'intervention militaire était bien une opération de la dernière chance, elle semblait alors la seule susceptible de sauver Michel Germaneau, au cas où il aurait été encore en vie : "Je pense que la vie de l'otage était condamnée depuis le jour où nous avons reçu l'ultimatum" des ravisseurs, a réaffirmé le Premier ministre. Il n'y a donc pas eu d'abandon de la stratégie suivie par la France dans des cas similaires : négocier pour libérer les otages. "La ligne que l'on s'est fixée avec le président de la République, c'est négocier, en se fixant des lignes rouges - notamment lorsque la vie de l'otage est directement menacée", a assuré François Fillon. C'est, par exemple, lorsque cette "ligne rouge" avait été franchie pour les otages du Tanith que la décision d'une opération militaire avait été prise. Et tout comme il a écarté les accusations d'une opération de communication, le chef du gouvernement a réfuté celles d'une décision prise à la va-vite : "La décision de participer à cette opération militaire, nous l'avons prise, avec le président, après une longue réflexion".
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Mais la stratégie de dialogue, toujours valable pour d'autres otages (François Fillon a notamment cité le cas des journalistes de France 3 retenus en Afghanistan : "nous avons des discussions presque continues avec les ravisseurs") ne peut fonctionner avec l'Aqmi : car dans ce cas précis, "nous sommes en guerre contre Al-Qaïda", a martelé le chef du gouvernement, en décrivant "des gens d'une brutalité extrême". Pour lui, "c'est une menace qui concerne l'ensemble de nos pays". Et cette guerre est d'autant plus difficile à mener dans les zones désertiques où se trouve Al-Qaïda au Maghreb islamique : "C'est une région désertique grande comme l'Europe, où 400 combattants mènent une guerre sans merci contre les pays de la région et contre nous". La France y est présente, et collabore avec les autorités locales - et l'opération dont la France espérait qu'elle pourrait sauver Michel Germaneau en est une illustration : "Nous avons des forces qui assurent l'instruction de l'armée mauritanienne (...) Nous avons assuré l'appui de l'armée mauritanienne du début jusqu'à la fin".
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Dans cette "guerre", pas question donc de baisser les bras pour le Premier ministre : "Le combat contre le terrorisme continue, et en particulier contre l'Aqmi, il va se renforcer". En France même, "le niveau d'alerte est très élevé : on est au niveau maximum du plan Vigipirate. On déjoue plusieurs attentats chaque année en France et dans les pays voisins". Le terme de "représailles" contre les ravisseurs suggéré par certains après le discours de Nicolas Sarkozy, lundi, lui semble toutefois impropre : "La France ne pratique pas la vengeance. En revanche, nous avons des accords avec les gouvernements de la région pour traquer ces terroristes et les livrer à la justice".
| Otages en Afghanistan : le contact n'est pas rompu |
A l'inverse du cas de Michel  Germaneau, détenu par un groupe avec lequel Paris n'avait aucun contact, des négociations se poursuivent avec les ravisseurs des deux membres de France 3 retenus en Afghanistan. "S'agissant des journalistes français, nous avons une discussion quasiment  continue avec les ravisseurs. S'agissant de Michel Germaneau nous n'avions, je  le rappelle, aucun contact avec ceux qui l'avaient enlevé", a réaffirmé mardi le Premier  ministre. Le chef du gouvernement a également souligné que Paris avait encore récemment reçu "des informations très précises" sur leur vie. Les journalistes de France 3 Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, qui  travaillaient pour le magazine Pièces à conviction, ainsi que leurs trois  accompagnateurs afghans, ont été enlevés en décembre 2009. |
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