Michel Germaneau (photo non datée) © TF1/LCIMathieu Guidère, professeur à l'Université de Genève, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les mouvements islamistes, notamment Al-Qaïda à la conquête du Maghreb (Editions du Rocher, 2007).
Français enlevés au Niger : réunion à l'Elysée
Assurant jeudi de la mobilisation des services de l'Etat pour rechercher les 5 Français enlevés au Niger et alors que "la menace terroriste s'est renforcée ces dernières heures", le chef de l'Etat a réuni jeudi soir un "conseil restreint de défense".
Publié le 16/09/2010
Cinq Français enlevés au Niger
Sept personnes ont été enlevées dans la nuit de mercredi à jeudi dans le nord du Niger : cinq Français, un Togolais et un Malgache, salariés du groupe nucléaire français Areva et d'une autre entreprise française, Sogea-Satom (filiale de Vinci).
Publié le 16/09/2010
Sahel : les otages espagnols libérés, "une leçon" pour la France
Après quasi 24h de flou, le gouvernement espagnol l'a confirmé : les 2 hommes, détenus par l'Aqmi, ont été relâchés. Une "leçon pour les services secrets français", après l'échec du raid franco-mauritanien pour libérer Michel Germaneau, affirme l'Aqmi.
Publié le 23/08/2010
Otage exécuté: les islamistes évoquent des négociations
Le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droudkal, a affirmé avoir négocié avec Paris pour la libération de l'otage français Michel Germaneau avant l'opération qui a conduit à son exécution.
Publié le 01/08/2010
"On n'enverra pas nos soldats sauter dans le désert..."
Bernard Kouchner a assuré samedi que la France souhaitait avant tout "renforcer ses défenses" au Sahel après la mort de l'otage Michel Germaneau.
Publié le 31/07/2010
Pour les ONG, pas question d'abandonner le Sahel
La mort de Michel Germaneau, bénévole d'une petite organisation, met en avant les risques encourus par les expatriés dans le secteur menacé par Aqmi. Alors qu'une crise alimentaire fait notamment rage au Niger, la plupart des associations n'ont cependant pas l'intention de se laisser intimider.
Publié le 27/07/2010
François Fillon : "La vie de l'otage était condamnée"
Le Premier ministre a justifié mardi matin, sur Europe 1, l'opération lancée au Mali contre les ravisseurs de Michel Germaneau. Une opération qui reste controversée. Il a promis de "traquer les terroristes et de les livrer à la justice", tout en écartant toute idée de "représailles".
Publié le 27/07/2010
Mort de Germaneau : l'hommage de la presse à un "homme de bien"
"Saint laïc" venu "donner son âme aux dunes du désert", Michel Germaneau reçoit les hommages unanimes de nombreux titres ce mardi matin. Mais l'opération lancée contre ses ravisseurs suscite les doutes et les interrogations.
Publié le 27/07/2010
Michel Germaneau, "victime innocente" de la "barbarie"
Le chef de l'Etat a confirmé, lors d'une déclaration à l'Elysée, la mort de Michel Germaneau, détenu par l'Aqmi. Il a affirmé que cette mort ne resterait pas impunie, et a exhorté les Français à éviter tout séjour dans le Sahel.
Publié le 26/07/2010
Pourquoi la France a échoué à libérer l'otage
Hervé Morin revient sur l'opération lancée jeudi dernier avec l'armée mauritanienne contre l'Aqmi. Opération à laquelle la France n'a fait que se joindre avec l'espoir de retrouver Germaneau : "les Mauritaniens étaient informés d'une attaque (...) nous avions décidé d'apporter notre concours".
Publié le 26/07/2010
Michel Germaneau : un solitaire qui voulait aider
Michel Germaneau, 78 ans, enlevé au Niger et mort aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, était un ingénieur à la retraite, sans conjoint ni enfant, engagé dans l'action humanitaire.
Publié le 25/07/2010
Raid contre Al-Qaïda : des représailles en Mauritanie ?
Après l'attaque mauritano-française de jeudi dernier contre le camp d'Al-Qaïda au Maghreb islamique où Paris espérait trouver Michel Germaneau, des observateurs craignent que les islamistes ne se vengent contre des cibles mauritaniennes.
Publié le 26/07/2010
"Nous avons exécuté l'otage français"
Selon la chaîne Al Jazeera, Al Qaïda au Maghreb islamique a annoncé avoir tué Michel Germaneau en réponse à l'opération militaire menée contre ses membres au Mali avec l'appui de l'armée française. L'Elysée ne confirme pas.
Publié le 25/07/2010
"Les groupes d'Al-Qaïda au Sahel sont très autonomes"
<b> Interview -</b> L'enlèvement de Pierre Camatte au Mali a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique. Dominique Thomas, spécialiste des mouvements islamistes, décrypte sur TF1 News le fonctionnement de l'organisation.
Publié le 08/12/2009
Exclusif : nouvelles révélations sur la mort d'un otage français au Mali
Comment Michel Germaneau est-il mort ? Une video récupérée auprès d'un membre d'al-qaïda au Maghreb islamique arrêté au Mali semble accrediter la thèse de son execution : l'otage Français aurait été tué en juillet 2010 d'une rafale de kalachnikovs.
Publié le 09/04/2012
La déclaration intégrale de Nicolas Sarkozy
Le chef de l'Etat a confirmé lundi, lors d'une déclaration diffusée en direct de puis l'Elysée, la mort de l'otage français au Mali. Il a appelé les voyageurs français à éviter la zone du Sahel.
Publié le 26/07/2010
Décès de Michel Germaneau : l?histoire d?un drame
Après l?exécution de Michel Germaneau, la pertinence de l?opération mauritanienne au Mali, avec le soutien de la France, est remise en question.
Publié le 26/07/2010
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TF1 News : Qui est Abou Moussab Abd Al-Wadoud, le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué l'exécution ?
Mathieu Guidère : Son vrai nom est Abdelmalek Droukdal. Il est né en Algérie en 1970 et a rejoint la lutte armée alors qu'il avait une vingtaine d'années. Ancien du GIA (Groupe islamique armé) puis du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), qu'il a dirigé à partir de 2004, il est devenu l'émir principal d'Aqmi en 2007. Dans la foulée du changement de nom et de l'allégeance à Al-Qaïda, il avait été élu par les autres chefs de l'organisation. Il a une formation de chimiste. A ce titre, il a été instructeur pour la fabrication des explosifs. Il est considéré comme un "modéré".
TF1 News : L'exécution a-t-elle été effectuée en représailles à l'opération de jeudi dernier ou aurait-elle eu lieu malgré tout puisque l'ultimatum expirait ce lundi ?
M. G. : C'est très délicat à dire. Cela dépend en grande partie de la logique interne de l'organisation à un moment donné. Une chose est sûre: quand il y a des négociations, l'otage est libéré. En trois ans d'activité, dont deux de prises d'otages, un seul occidental a été exécuté par Aqmi. Il s'agit du Britannique Edwin Dyer, tué en 2009. Mais Gordon Brown (ndlr : le Premier ministre britannique à l'époque) avait affirmé dès le départ qu'il ne négocierait jamais avec les terroristes. On peut donc estimer que s'il y avait eu des négociations, Michel Germaneau aurait été libéré sain et sauf, comme Pierre Camatte (ndlr : enlevé par Aqmi en 2009) en février dernier. Etant donné qu'il n'y a pas eu de négociations cette fois-ci, Michel Germaneau était condamné.
| "La France devait prendre en compte le contexte médiatique" |
TF1 News : Pourquoi ce qui a fonctionné pour Pierre Camatte a-t-il échoué pour Michel Germaneau ?
M. G. : Les deux côtés se sont plaints de l'absence de négociations, aussi bien Aqmi dans son communiqué-ultimatum du 12 juillet que le gouvernement français pour justifier notamment l'opération militaire de jeudi dernier. Dans les deux cas, le contexte général n'était pas favorable à des pourparlers. Tout d'abord, des opérations militaires, planifiées avant l'enlèvement, se sont tenues ces dernières semaines dans le secteur. Ce n'était pas le cas au moment du rapt de Pierre Camatte, où seules quelques escarmouches avec l'armée algérienne avaient eu lieu. Cela n'a bien sûr pas favorisé les contacts avec les ravisseurs. Ensuite, d'un point de vue médiatique, Paris devait prendre en compte l'image de la France. En intervenant pour faire libérer des prisonniers détenus par le Mali en échange de Pierre Camatte, elle est apparue comme une nation prête à négocier avec des terroristes pour épargner l'un des siens. Le gouvernement ne pouvait donc pas s'engager sur cette nouvelle voie.
TF1 News : Peut-on s'attendre à une vidéo de l'exécution ?
M. G. : Non. Malgré la haine affichée d'Aqmi pour le Royaume-Uni, il n'y avait par exemple eu aucune image de la mort d'Edwyn Dyer. Aqmi fonctionne sur un mode totalement différent qu'Al-Qaïda en Irak à l'époque de Zarkaoui. Avant sa mort en 2006, les exécutions étaient sanglantes. Ce n'est pas le cas avec Aqmi. La France devrait également certainement récupérer le corps de Michel Germaneau dans les prochaines semaines.
| "Des groupuscules autonomes et radicaux" |
TF1 News : Dans quelle situation se trouve Aqmi aujourd'hui ?
M. G. : Affaiblie en Algérie et ayant des difficultés à recruter au Maghreb, l'organisation est descendue vers le Sud, vers le Grand Sahara et les pays du Sahel, principalement le Mali, le Niger et la Mauritanie. Elle est composée aujourd'hui de 100 à 200 combattants, divisés en groupuscules d'une dizaine d'hommes. Ces groupes -à chaque fois, une dizaine de personnes venant du Maghreb mais aussi particulièrement depuis deux ans du Sahel- sont très mobiles, très radicaux et très autonomes. Chacun est dirigé par un chef qui possède une large marge de manœuvre.
TF1 News : Quel est le groupe qui a enlevé et tué Michel Germaneau ?
M. G. : Il s'agit de celui mené Abou Zeid, qui avait déjà enlevé Pierre Camatte. Très radical, il dirige aujourd'hui la zone militaire du Grand Sud et du Sahara. Il s'est spécialisé dans les prises d'otages.
TF1 News : Est-ce lui qui a pris la décision d'exécuter Michel Germaneau ?
M. G. : Oui, probablement.
TF1 News : Pourtant, c'est Abou Moussab Abd Al-Wadoud qui a signé le communiqué de revendication.
M. G. : Oui. Il entend ainsi affirmer qu'il s'agissait de sa volonté de chef. Depuis quelques temps, on lui reproche d'être au second plan face à Abou Zeid. Signer le communiqué est une manière de reprendre la main et de dire, en interne comme en externe : "je suis le patron et c'est moi qui décide de la politique de l'organisation".
| "Pas les moyens de frapper directement en France" |
TF1 News : Quels sont les liens entre Aqmi et la branche principale d'Oussama ben Laden ?
M. G. : Il n'y a pas de lien opérationnel. Aqmi ne reçoit ni argent ni matériel d'Al-Qaïda. Le lien est uniquement fonctionnel, symbolique et politique. Aqmi se revendique d'Oussama ben Laden, qui a reconnu l'organisation, et a été adoubé par Ayman Al-Zawahiri, le numéro deux.
TF1 News : Aqmi, héritier des GIA et du GSPC, peut-il frapper, comme eux auparavant, en France ?
M. G. : Il en a la volonté. Il a d'ailleurs désigné la France comme son premier ennemi. Abdelmalek Droukdal l'a encore menacée clairement dans ses différents communiqués. Mais il n'en a pas vraiment les moyens. Aqmi n'a pas de relais dans l'Hexagone. Chaque année, une dizaine de ses sympathisants sont notamment arrêtés. Et comme il est difficile de frapper en France, c'est d'ailleurs pour cette raison que l'organisation s'attaque à des Français voyageant dans la zone saharienne. Â
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