Où est passé l'ex-prisonnier algérien rapatrié de Guantanamo ?

Par , le 22 juillet 2010 à 16h57 , mis à jour le 22 juillet 2010 à 18h13

Abdoul Aziz Naji, renvoyé de la prison américaine dans son pays contre son gré, a disparu. Il craignait des persécutions du gouvernement ou des islamistes. Les autorités démentent l'avoir arrêté.

Guantanamo Cuba terrorisme campImage d'archives : le camp de Guantanamo © REUTERS

 
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Plus d'infos

Que faire des prisonniers détenus par les Etats-Unis à Guantanamo et qui ne seront finalement pas poursuivis en justice ? Depuis son arrivée au pouvoir, Barack Obama n'a toujours pas trouvé la solution à ce casse-tête hérité de George W. Bush. A priori, lorsque la nationalité des détenus a été déterminée avec certitude, les renvoyer dans leur pays d'origine semble la solution la plus logique et la plus simple.

A priori seulement. Beaucoup d'entre eux ne souhaitent en effet pas rentrer dans leur pays, de peur d'être arrêtés sur le champ par les autorités. C'est notamment le cas de tous les Ouïghours originaires de la province du Xinjiang en Chine. Les Etats-Unis cherchent donc des pays d'accueil pour ces détenus quand leur réticence est confirmée après l'étude de leur cas.
 
Abdoul Aziz Naji, un Algérien incarcéré depuis 2002 sur la base installée à Cuba, faisait partie de ces prisonniers ne souhaitant pas être renvoyés dans leur pays. ll craignait en effet d'être victime de persécutions de la part des autorités algériennes et/ou de mouvements islamistes. "Après une évaluation complète de son dossier", le Pentagone a néanmoins annoncé lundi l'avoir transféré en Algérie.  Il s'agit du premier prisonnier rapatrié contre son gré. Selon le ministère américain de la Défense, l'Algérie a "collaboré pour s'assurer que le transfèrement ait lieu dans les conditions de sécurité appropriées". Washington a également manifesté sa "gratitude" à Alger "pour son empressement à soutenir les efforts des Etats-Unis visant à fermer" Guantanamo.
 
Dix Algériens revenus sans problème
 

Problème : depuis son arrivée en Algérie, Abdoul Aziz Naji n'a plus donné signe de vie. Le Centre pour les droits constitutionnels, organisation dont le siège se trouve à New York et qui représente de nombreux détenus de Guantanamo, affirme que ses avocats et sa famille ne sont pas parvenus à le localiser ou à entrer en contact avec lui. Le mouvement accuse clairement les services secrets algériens de l'avoir enlevé. "Il se trouve probablement dans un lieu de détention secret", ajoute-t-il. 
 

La question

La France doit-elle accueillir des ex-prisonniers de Guantanamo ?

Oui
Non

 

Alger a immédiatement réfuté ces accusations.  "Je démens formellement cette information qui, à mes yeux, n'a aucun sens. Dix détenus algériens de Guantanamo sont revenus en Algérie et n'ont rencontré aucun problème. Pourquoi ce monsieur serait-il différent des autres ?", souligne Farouk Ksentin le président de la Commission nationale consultative algérienne pour la promotion et la protection des droits de l'homme, un organisme public. Il rappelle également  que "l'Algérie a appliqué pendant dix ans une politique de réconciliation nationale", référence à l'amnistie accordée aux insurgés islamistes qui ont combattu les forces de sécurité algériennes durant la décennie 1990. En revanche, il admet  qu'il ne savait pas où se trouvait Abdoul Aziz Naji.

Encore 177 prisonniers

Après l'accueil ce jeudi par l'Espagne d'un Afghan, il reste encore 177 détenus à Guantanamo, dont beaucoup ne font l'objet d'aucune inculpation pour terrorisme aux Etats-Unis. Lors de son entrée en fonctions en janvier 2009, Barack Obama avait fixé à janvier 2010 la date butoir pour fermer le centre. Mais il a dû abandonner cette promesse, aussi bien en raison des difficultés judiciaires internes aux Etats-Unis que pour trouver des pays d'accueil aux prisonniers ne souhaitant pas être renvoyés chez eux.

Par Fabrice Aubert le 22 juillet 2010 à 16:57
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