Pour les ONG, pas question d'abandonner le Sahel

Par , le 27 juillet 2010 à 18h04 , mis à jour le 28 juillet 2010 à 16h14

Dossier : Michel Germaneau

La mort de Michel Germaneau, bénévole d'une petite organisation, met en avant les risques encourus par les expatriés dans le secteur menacé par Aqmi. Alors qu'une crise alimentaire fait notamment rage au Niger, la plupart des associations n'ont cependant pas l'intention de se laisser intimider.

niger_msfNiger : infirmière soignant un enfant souffrant de malnutrition au dispensaire de MSF à Guidan-Roumdji, 21 avril 2010 © TF1/LCI

 
  • Mort de Germaneau : "le contexte n'était pas favorable à des négociations"

    <b> Interview -</b> Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements islamistes, explique à TF1 News qu'en l'absence de pourparlers, le sort de l'otage français était scellé d'avance.

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  • Mort de Germaneau : l'hommage de la presse à un "homme de bien"

    "Saint laïc" venu "donner son âme aux dunes du désert", Michel Germaneau reçoit les hommages unanimes de nombreux titres ce mardi matin. Mais l'opération lancée contre ses ravisseurs suscite les doutes et les interrogations.

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  • François Fillon : "La vie de l'otage était condamnée"

    Le Premier ministre a justifié mardi matin, sur Europe 1, l'opération lancée au Mali contre les ravisseurs de Michel Germaneau. Une opération qui reste controversée. Il a promis de "traquer les terroristes et de les livrer à la justice", tout en écartant toute idée de "représailles".

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  • François Fillon : "La France ne pratique pas la vengeance"

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  • Raid contre Al-Qaïda : des représailles en Mauritanie ?

    Après l'attaque mauritano-française de jeudi dernier contre le camp d'Al-Qaïda au Maghreb islamique où Paris espérait trouver Michel Germaneau, des observateurs craignent que les islamistes ne se vengent contre des cibles mauritaniennes.

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  • Pourquoi la France a échoué à libérer l'otage

    Hervé Morin revient sur l'opération lancée jeudi dernier avec l'armée mauritanienne contre l'Aqmi. Opération à laquelle la France n'a fait que se joindre avec l'espoir de retrouver Germaneau : "les Mauritaniens étaient informés d'une attaque (...) nous avions décidé d'apporter notre concours".

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  • Michel Germaneau, "victime innocente" de la "barbarie"

    Le chef de l'Etat a confirmé, lors d'une déclaration à l'Elysée, la mort de Michel Germaneau, détenu par l'Aqmi. Il a affirmé que cette mort ne resterait pas impunie, et a exhorté les Français à éviter tout séjour dans le Sahel.

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  • Michel Germaneau : un solitaire qui voulait aider

    Michel Germaneau, 78 ans, enlevé au Niger et mort aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, était un ingénieur à la retraite, sans conjoint ni enfant, engagé dans l'action humanitaire.

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  • "Nous avons exécuté l'otage français"

    Selon la chaîne Al Jazeera, Al Qaïda au Maghreb islamique a annoncé avoir tué Michel Germaneau en réponse à l'opération militaire menée contre ses membres au Mali avec l'appui de l'armée française. L'Elysée ne confirme pas.

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  • Inquiétude grandissante pour l'otage français au Mali

    L'ultimatum lancé par les ravisseurs de Michel Germaneau prend fin ce lundi. Et on reste sans nouvelle de l'otage, malgré une opération lancée dans le désert par l'armée mauritanienne, soutenue par des forces françaises.

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  • Sans nouvelles de l'otage français au Mali

    La confusion règne au Mali : la traque des groupes islamistes a-t-elle pris fin, se poursuit-elle ? Pas de nouvelles en tout cas sur le sort de l'otage français détenu par les activistes d'Al Qaïda au Maghreb islamique. Et l'ultimatum des ravisseurs prend fin lundi.

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  • Otage français au Mali : les précisions de Paris

    Selon une source au ministère français de la Défense, l'opération militaire de jeudi, à laquelle des militaires français ont participé, avait bien pour objectif la libération de Michel Germaneau. La France n'a pas participé à d'opération depuis.

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  • Otage français au Sahel : la France a "soutenu" l'opération

    Le ministère de la Défense confirme que l'armée française a apporté un "soutien technique" à son homologue mauritanienne, qui a mené jeudi un raid dans le Sahara. A priori, il s'agissait de libérer Michel Germaneau, détenu par la branche maghrébine d'Al-Qaïda. L'opération de récupération a échoué.

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  • Otage français au Sahel : la France derrière l'opération mauritanienne?

    L'armée mauritanienne fait état d'un raid mené dans le nord du Mali avec l'aide de "pays amis" pour "chercher l'otage français" Michel Germaneau. Selon les médias espagnols, l'opération est française et six terroristes présumés ont été tués.

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  • Al-Qaïda menace de tuer l'otage français enlevé au Niger dans 15 jours

    Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a publié dimanche un message à l'attention de Paris dans lequel il menace de tuer un Français enlevé en avril au Niger, si Paris ne répond pas à ses demandes d'ici 15 jours.

    Publié le 11/07/2010 Al-Qaïda menace de tuer l'otage français enlevé au Niger dans 15 jours
  • Mort de Germaneau : l'impact sur les voyages humanitaires

    Après la mort de Michel Germaneau, Nicolas Sarkozy a demandé aux Français de ne plus se rendre dans le Sahel. Une déclaration qui a un impact sur le tourisme humanitaire.

    Publié le 27/07/2010 Mort de Germaneau : l'impact sur les voyages humanitaires
  • Marcoussis en deuil après la mort de Michel Germaneau

    A Marcoussis, ville où résidait Michel Germaneau, l?émotion était vive ce lundi après l?annonce de sa mort.

    Publié le 26/07/2010 Marcoussis en deuil après la mort de Michel Germaneau
  • Michel Germaneau exécuté par Al-Qaïda

    Michel Germaneau a été exécuté par ses ravisseurs. Ils revendiquent cette exécution en représailles à l'opération menée contre l'une de ses bases. Mais des zones d'ombre subsistent dans cet annonce.

    Publié le 26/07/2010 Michel Germaneau exécuté par Al-Qaïda
  • La déclaration intégrale de Nicolas Sarkozy

    Le chef de l'Etat a confirmé lundi, lors d'une déclaration diffusée en direct de puis l'Elysée, la mort de l'otage français au Mali. Il a appelé les voyageurs français à éviter la zone du Sahel.

    Publié le 26/07/2010 La déclaration intégrale de Nicolas Sarkozy
Plus d'infos

Le décès de Michel Germaneau, un Occidental travaillant pour une ONG, pose évidemment la question de la présence des associations françaises implantées dans la zone où sévit Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Celle-ci comprend essentiellement l'Est de la Mauritanie, le Nord du Mali et une grande partie du Niger.

Si elle ne représente qu'un petit secteur du Sahel, qui s'étend techniquement de l'Atlantique à la Mer Rouge, elle est bien plus vaste que la France et l'Allemagne réunies.  Les nombreuses ONG qui y sont implantées doivent-elles partir ou demeurer sur place, quitte à ce que leurs personnels expatriés deviennent des cibles pour de futurs enlèvements avec des risques d'assassinat en cas d'échec des négociations ?

Pour la quasi-totalité d'entre elles, la réponse est claire et nette : malgré les menaces d'Al-Qaïda et les conseils de Nicolas Sarkozy, qui a demandé "instamment" aux Français d'éviter tout déplacement dans le secteur -sans les interdire-, elles continueront leur travail auprès des populations locales. Interrogé par TF1 News, Rémi Hémeryck, le délégué général de SOS Sahel, une association présente depuis 1976 et qui a plusieurs projets en cours au Mali et au Niger, admet que "l'exécution de Michel Germaneau ne va bien sûr pas simplifier (notre) tâche". "Mais aujourd'hui, d'un point de vue humanitaire, ce serait dramatique d'abandonner le Sahel", prévient-il, en citant le cas du Niger, où sévit actuellement une crise alimentaire.

exergue "Le problème s'est intensifié depuis l'été dernier"

Afin d'expliquer leur choix, les ONG mettent en avant le fait qu'elles emploient peu d'expatriés et s'appuient essentiellement sur des personnels locaux. Ce choix, bien sûr politique, ne date évidemment pas de l'apparition de la présence de groupes liés à Al-Qaïda dans la région. Les responsables d'associations relèvent aussi que les menaces émises par Aqmi n'ont pas commencé avec le rapt de Michel Germaneau en avril dernier. "Les premières informations sur le sujet remontent à 2007. Mais le problème, venu se greffer sur les problèmes classiques de sécurité que nous rencontrons dans beaucoup de pays, s'est intensifié depuis l'été dernier  et surtout depuis les six derniers mois", souligne Etienne du Vachat, le responsable d'Oxfam au Niger, à TF1 News.

Résultat : des mesures de sécurité, qui ne sont évidemment pas infaillibles, surtout dans les petites ONG où le personnel est moins formé, sont déjà en place. Et elles ont été renforcées lors de l'exécution en juin 2009 d'Edwyn Dyer, l'otage britannique. Il s'agit surtout d'exposer au minimum les Occidentaux. "Nous leur interdisons catégoriquement de se rendre dans certaines zones, quelle que soit la raison", note Pascal Daudin, le patron de la sécurité à Care International, dont la partie française travaille au Niger et au Mali. "Mais le cœur de la vulnérabilité, ce sont les déplacements. Nos consignes sont strictes : ils doivent se faire à plusieurs véhicules, en gardant le secret le plus longtemps possible sur le trajet. Pour limiter le recours à la route, nous envisageons d'ailleurs désormais d'effectuer certains voyages en avion", révèle-t-il à TF1 News. La coordination avec les autorités locales, au fait des derniers développements sécuritaires, est enfin très importante.

Care International remarque également que les branches françaises d'ONG internationales, dont la sienne, sont a priori moins exposées que les grandes ONG françaises, cibles plus emblématiques pour des terroristes cherchant à enlever des Français et à faire pression sur Paris. Comme pour confirmer ces propos, Médecins sans Frontières (MSF), contacté par TF1 News, préfère la discrétion en soulignant que le problème de la sécurité est un problème général à ses missions disséminées dans le monde entier et qu'il ne touche pas spécialement le Sahel. Médecins du Monde (MDM) estime pour sa part qu'il n'y a pas de difficultés dans le secteur où il intervient et que les menaces ne le concernent donc pas directement.

exergue "Les locaux pas à l'abri"

A priori, cette situation tendue devrait perdurer jusqu'à l'apaisement de la situation ou, au contraire,  la formulation de menaces explicites contre la présence étrangère et notamment contre le personnel humanitaire. En attendant, l'action continuera, à l'exception de quelques microprojets menés par des petites structures qui pourraient capoter ici ou là. Un membre des Enfants de l'Aïr expliquait par exemple mardi matin sur RTL avoir renoncé à convoyer un camion de pompiers de Montauban à Agadès, au Niger, en raison des risques encourus lors de la traversée de la zone déconseillée.

La question

Sahel : les ONG doivent-elles se rendre dans la zone menacée par Al-Qaïda ?

Oui
Non

 

De leur côté, les associations uniquement composées de locaux restent aussi sur leurs gardes. Konaté Hamidou, le président de l'Association malienne pour la culture, l'échange et la solidarité (AMCES), basée à Stains, en Seine-St-Denis, indique ainsi à TF1 News que ses contacts à Tombouctou effectuent avec prudence toute mission dans les campagnes. "Ils craignent d'être victimes de rapts crapuleux commis par des bandits. Personne n'est à l'abri", affirme-t-il. Ces mêmes bandits, parfois anciennes ou futures recrues islamistes, "revendent" ensuite souvent leurs victimes occidentales à Aqmi.

Par Fabrice Aubert le 27 juillet 2010 à 18:04
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6 Commentaires

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  • raydaerna, le 28/07/2010 à 17h35

    Je suis parfaitement de votre avis. Les ONG sont des personnes farfelues. Comme vous dites, qu'ils assument leur conduite et comportement absurdes à l'étranger, dans des pays réputés dangereux.

  • raydaerna, le 28/07/2010 à 17h32

    Les ONG nous les brisent. S'ils veulent mettre leur vie en danger çà lesregarde. Vous ne croyez pas qu'en France les ONG pourraient tout aussi bien excercer leurs talents pour les Franças et Françaises. Je ne plains pas ces gens là constamment en vacances à l'étranger dans des pays peu recommancables.

  • pilepoil13, le 28/07/2010 à 12h15

    Mais c'est quoi ces commentaires qui viennent du porte-monnaie ! On vous parle de coeur ici, d'entraide, ce sont des humanitaires, pas des touristes ! "Etre né quelque part, pour celui qui est né, c'est toujours un hasard". Soyez heureux d'être né ici.

  • isatis54, le 28/07/2010 à 08h35

    Les ONG, que je respecte, doivent alors prendre leurs responsabilité en cas de prise d'otage. Ils connaissent les risques donc qu'ils les assument

  • 61clementine, le 27/07/2010 à 23h01

    A leurs risques et périls . A l'impossible, nul n'est tenu !

  • annp75, le 27/07/2010 à 19h14

    Ces associations doivent donc s'engager à régler tous les frais de recherche et de rapatriement en cas de problème

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