Enfant victime de malnutrition avec sa mère au Niger. © Abacapress.comTF1 News : Où en est la crise alimentaire au Sahel, notamment au Niger ?
L'enquête du 20h - Famine au Niger
Les ONG lancent un cri d'alarme au Niger frappé par la sécheresse depuis 3 mois. 100.000 enfants souffriraient de malnutrition sévère. Attention, certaines images peuvent heurter.
Publié le 14/07/2010
Issa Kanta : Même si elle est sous contrôle et que nous sommes loin d'une catastrophe, elle continue à sévir. Et comme souvent, ce sont les enfants, malnutris, qui en sont les premières victimes. En 2009, nous en avions ainsi pris en charge 12.600 dans les différents centres gérés par Forsani. En 2010, nous en sommes déjà à 15.000 et nous en prévoyons 20.000 pour la fin de l'année. Le fait que des milliers d'enfants bénéficient malgré eux de ces programmes prouve la récurrence du problème.
TF1 News : Vous vous associez à Médecins sans frontières pour dénoncer le fonctionnement actuel de l'aide internationale pour lutter contre la malnutrition infantile. Pourquoi ?
I.K. : Tout d'abord, on se rend compte que 80% des enfants touchés par la crise alimentaire et victimes de malnutrition ont moins de deux ans. La raison est simple : ils ne reçoivent pas l'alimentation adaptée nécessaire une fois qu'ils atteignent l'âge de six mois. Cette alimentation doit être riche en protéines, comme le lait, la viande ou les œufs. Certes, les paysans nigériens en produisent. Mais la quantité n'est pas assez importante et ils sont surtout obligés de vendre leur production pour obtenir l'argent nécessaire à la vie de tous les jours. Les bailleurs de l'aide, notamment au niveau international, devraient donc nous faire parvenir ces aliments préventifs de la malnutrition infantile. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
| "A terme, les aliments préventifs pourraient être produits sur place" |
TF1 News : Quels types d'aliments recevez -vous ?
I.K. : En règle générale, l'aide alimentaire internationale est surtout constituée d'aliments à base de farines. Mais ces farines n'apportent pas grand-chose aux enfants de moins de deux ans car elles ne contiennent pas assez de protéines. D'où notre campagne axée sur la nécessité de nous envoyer des aliments adaptés aux jeunes enfants, riche en protéines ou encore des "pâtes préventives" à base d'huile d'arachide.
TF1 News : Le Niger ne peut-il pas produire ces aliments ?
I.K. : Si les autorités et les bailleurs en ont la volonté politique, c'est possible. Plusieurs différents ingrédients et matières premières sont d'ailleurs disponibles dans la région du Sahel. Ils pourraient donc être importés pour ensuite nous permettre de produire les aliments préventifs sur place. Les perspectives existent : le Plumpy nut, l'aliment qui permet de traiter et de prendre en charge la malnutrition infantile, a ainsi été tout d'abord été importé. Maintenant, il est produit en partie directement au Niger. C'est donc a priori possible pour les aliments préventifs.
TF1 News : Quelles sont les maladies consécutives à la malnutrition infantile ?
I.K. : La malnutrition rend l'enfant fragile au niveau de l'immunité qui est censée le protéger. La mauvaise alimentation le rend donc plus vulnérable à toutes sortes de maladies. Au Niger, nous avons surtout beaucoup d'enfants victimes de diarrhée, d'infections respiratoires et du paludisme.
| Une expo à Paris |
Dans le cadre de sa campagne pour la réforme de l'aide alimentaire internationale destinée aux enfants, MSF a monté une exposition photo et vidéo présentée dans différents pays.
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