"Envoyez-nous les bons aliments contre la malnutrition infantile"

Par , le 15 octobre 2010 à 10h49 , mis à jour le 15 octobre 2010 à 17h22

Interview - Le Dr Issa Kanta, représentant de l'association nigérienne Forsani, s'associe à l'opération de Médecins sans frontières pour demander une réforme de l'aide internationale destinée à lutter contre la malnutrition des jeunes enfants.

Enfant victime de malnutrition avec sa mère au Niger.Enfant victime de malnutrition avec sa mère au Niger. © Abacapress.com

TF1 News : Où en est la crise alimentaire au Sahel, notamment au Niger ?

  • L'enquête du 20h - Famine au Niger

    Les ONG lancent un cri d'alarme au Niger frappé par la sécheresse depuis 3 mois. 100.000 enfants souffriraient de malnutrition sévère. Attention, certaines images peuvent heurter.

    Publié le 14/07/2010 L'enquête du 20h - Famine au Niger
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Issa Kanta : Même si elle est sous contrôle et que nous sommes loin d'une catastrophe, elle continue à sévir.  Et comme souvent, ce sont les enfants, malnutris, qui en sont les premières victimes. En 2009, nous en avions ainsi pris en charge 12.600 dans les différents centres gérés par Forsani. En 2010, nous en sommes déjà à 15.000 et nous en prévoyons 20.000 pour la fin de l'année. Le fait que des milliers d'enfants bénéficient malgré eux de ces programmes prouve la récurrence du problème.


TF1 News : Vous vous associez à Médecins sans frontières pour dénoncer le fonctionnement actuel de l'aide internationale pour lutter contre la malnutrition infantile. Pourquoi ?
I.K. :
Tout d'abord, on se rend compte que 80% des enfants touchés par la crise alimentaire et victimes de malnutrition ont moins de deux ans. La raison est simple : ils ne reçoivent pas l'alimentation adaptée nécessaire une fois qu'ils atteignent l'âge de six mois.  Cette alimentation doit être riche en protéines, comme le lait, la viande ou les œufs. Certes, les paysans nigériens en produisent. Mais la quantité n'est pas assez importante et ils sont surtout obligés de vendre leur production pour obtenir l'argent nécessaire à la vie de tous les jours. Les bailleurs de l'aide, notamment au niveau international, devraient donc nous faire parvenir ces aliments préventifs de la malnutrition infantile. Ce n'est pas le cas aujourd'hui.

exergue "A terme, les aliments préventifs pourraient être produits sur place" 


TF1 News : Quels types d'aliments recevez -vous  ?
I.K. :
En règle générale, l'aide alimentaire internationale est surtout constituée d'aliments à base de farines. Mais ces farines n'apportent pas grand-chose aux enfants de moins de deux ans car elles ne contiennent pas assez de protéines. D'où notre campagne axée sur la nécessité de nous envoyer des aliments adaptés aux jeunes enfants, riche en protéines ou encore des "pâtes préventives" à base d'huile d'arachide.
 
TF1 News : Le Niger ne peut-il pas produire ces aliments ?
I.K. :  Si les autorités et les bailleurs en ont la volonté politique, c'est possible. Plusieurs différents ingrédients et matières premières sont d'ailleurs disponibles dans la région du Sahel. Ils pourraient donc être importés pour ensuite nous permettre de produire les aliments préventifs sur  place. Les perspectives existent : le Plumpy nut, l'aliment qui permet de traiter et de prendre en charge la malnutrition infantile, a ainsi été tout d'abord été importé. Maintenant, il est produit en partie directement au Niger. C'est donc a priori possible pour les aliments préventifs.
 
TF1 News : Quelles sont les maladies consécutives à la malnutrition infantile ?
I.K. :  La malnutrition rend l'enfant fragile au niveau de l'immunité qui est censée le protéger. La mauvaise alimentation le rend donc plus vulnérable à toutes sortes de maladies. Au Niger, nous avons surtout beaucoup d'enfants victimes de diarrhée, d'infections respiratoires et du paludisme.

Une expo à Paris

Dans le cadre de sa campagne pour la réforme de l'aide alimentaire internationale destinée aux enfants, MSF a monté une exposition photo et vidéo présentée dans différents pays.

Après New York ou Abidjan, "Starved for attention - Nouveau regard sur la nutrition" se trouve actuellement à Paris. Ce samedi, elle sera visible près du centre Pompidou. Les visiteurs peuvent notamment signer une pétition qui sera remise aux dirigeants du G8 lors du prochain sommet organisé en France en 2011.


 

Par Fabrice Aubert le 15 octobre 2010 à 10:49
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12 Commentaires

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  • candide76, le 16/10/2010 à 01h21

    Cela fait des années et des années que nous donnons pour ces pays sans résultats puisque nous sommes toujours confrontés aux mêmes images..... alors que faire?

  • soleur06, le 15/10/2010 à 18h34

    Vous avez tout dit en quelques lignes.

  • __camille__, le 15/10/2010 à 17h22

    C'est justement son but, vous émouvoir.

  • michalowice, le 15/10/2010 à 17h02

    Madame Carla Bruni est l'ambasadrice de l'aide humanitaire, ces photos sont déchirantes, une aide d'urgence devrait être envoyée pour mettre fin à cette misère!

  • tequilap, le 15/10/2010 à 16h57

    Les pays "riches" fournissent sans problèmes le manque alimentaire, médical, pour ces pays pauvres !!! le problème a toujours était l' acheminement, la répartition équitable, l'intendance et l'organisation sur place pour que denrées ne fassent pas l'objet de trafics !! en fait la volonté des pays donateurs est très limité !! "on donne mais démerdez vous avec !!! donc a peine 20 % est réparti correctement !!!

  • ronduceline, le 15/10/2010 à 16h49

    Cette photo est horrible et me donne la chair de poule. C'est dommage, l'article ne dit pas où on pourrait faire des dons alimentaires (et ce qu'il faut de préférence) pour ces pauvres enfants. je n'imagine pas pas petite dernière comme ça....

  • thierrymugler77, le 15/10/2010 à 16h41

    Et le président nigérien, il fait quoi lui pour son peuple ??? Rien du tout... Lui, il mange, il se baffre et les autres, ils crèvent de faim. Voilà tout est dit pour moi et merci de me publier

  • tyco11, le 15/10/2010 à 16h20

    Je compatis pour la douleur des enfants mais trop c'est trop quand posera t on le problème démographique pour ces pays?Comment peuvent ils se développer,c'est impossible....On sera 9 milliards en 2050,combien de forêts rasées pour nourrir ces nouvelles bouches?Combien de faune et flore détruites?Il faut savoir dire stop même si c'est dur et accompagner ces pays à adopter massivement les moyens contraceptifs mais le veulent ils vraiment?Les Chinois avaient compris rapidement ceci dans les années 70 avec la politique de l'enfant unique,combien seraient ils aujourd'hui sinon?

  • vincent-94, le 15/10/2010 à 16h17

    Vous avez tout à fait raison !!!! Cela fait maintenant plusieurs jours que je me dis que nous sommes dans un pays riche avec des problèmes de riches... la retraite à 60 ans, voilà notre problème !!! Les enfants du Niger ont du mal à atteindre les 1 an, alors eux la retraite... !!!! Nos jeunes brandiraient des pancartes avec des slogans "on ne veut pas d'un monde où les enfants meurent de faim" ça aurait une autre gueule... non !!! là c'est "on veut la retraite à 60 ans...!!!" classe.... !!!!

  • carte2, le 15/10/2010 à 16h17

    Et pendant ce temps là l'Afrique crève de faim !

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