Côte d'Ivoire: le camp Ouattara en appelle à la rue

Par TF1 News, le 15 décembre 2010 à 08h24 , mis à jour le 15 décembre 2010 à 11h26

Face à l'impasse politique, et pour forcer Laurent Gbagbo à reconnaître sa défaite dans les urnes, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, qui regroupe notamment les partisans d'Ouattara, demande l'appui de la population. Au risque de provoquer de nouvelles violences...

 
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Depuis le scrutin présidentiel qui était censé mettre fin à l'époque de la partition du pays, la Côte d'ivoire est plus que jamais dans l'impasse. Le président sortant Laurent Gbagbo, qui n'accepte pas sa défaite et a été reconduit au pouvoir avec 51% des suffrages par un Conseil constitutionnel à sa main, refuse de laisser la place à Alassane Ouattara, vainqueur reconnu par la communauté internationale, et de céder aux pressions venues du monde entier. 

Pour sortir de cette impasse, mais au risque de provoquer des affrontements, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, qui regroupe notamment les partisans d'Ouattara, a appelé "la population ivoirienne dans toutes ses composantes a engager maintenant sur tout le territoire national le combat pacifique et démocratique pour installer les autorités légitimes et légales de Côte d'Ivoire". Le RHDP demande aux jeunes, aux femmes, aux syndicats, à la société civile, aux organisations socio-professionnelles, aux travailleurs et aux fonctionnaires "d'accompagner massivement" jeudi le gouvernement nommé par Ouattara jusqu'au siège de la Radio-Télévision ivoirienne, aux mains des partisans de Gbagbo, "en vue d'y installer le nouveau directeur général". Le RHDP prévoit le lendemain une marche sur les bâtiments du gouvernement pour que celui qu'Alassane Outtara a nommé et qui est dirigé par l'ancien chef rebelle Guillaume Soro puisse en prendre possession. A Bouaké, ancienne "capitale" des ex-rebelles des Forces nouvelles située au centre géographique du pays, la population été invitée par le porte-parole des rebelles, Issa Doumbia, à marcher vers le Sud sur une ville située à l'intérieur de la zone tenue par le gouvernement Gbagbo pour exiger la prise de fonctions d'Ouattara.

"Ça ne se fera pas"

Le temps presse pour Alassane Ouattara, retranché dans un grand hôtel d'Abidjan avec son gouvernement, tandis que Laurent Gbagbo siège au palais présidentiel et que son Premier ministre Aké N'Gbo travaille à la Primature. En appelant ses partisans à marcher sur la RTI et le siège du gouvernement, lieux stratégiques sous bonne garde des Forces de défense et de sécurité fidèles à son adversaire, le camp Ouattara prend le risque d'une confrontation violente. Le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi, a assuré pourtant que la marche étant "officielle, légale", elle "devrait être encadrée pacifiquement". "Ça ne se fera pas", a sèchement répliqué Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo, tout en assurant que le régime était "en train de faire en sorte qu'il n'y ait pas de nouvelles violences en Côte d'Ivoire".

Alcide Djédjé a par ailleurs annoncé la venue "très bientôt" de médiateurs africains pour essayer de dénouer la crise, après l'échec d'une première tentative de l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki. "L'heure est à la médiation", a-t-il assuré. Mais côté Ouattara on a de nouveau exclu toute "négociation" tant que celui-ci n'est pas reconnu comme président. Et la crainte de violences continue de provoquer des mouvements de populations. Depuis la présidentielle, quelque 3700 habitants de l'ouest ivoirien ont fui pour rejoindre essentiellement le Liberia mais aussi la Guinée, selon un nouveau bilan du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés.

Parallèlement, depuis l'étranger, la pression internationale s'est encore accrue sur le chef de l'Etat sortant, l'Union européenne annonçant qu'elle allait prendre des sanctions - gel de leurs avoirs et interdiction de voyager - à l'encontre de onze proches de Laurent Gbagbo. Parmi eux figurent Kadet Bertin, son conseiller pour la sécurité, le secrétaire général de la présidence Desiré Tagro, le président du Conseil constitutionnel Paul Yao N'Dré et des responsables militaires.

Par TF1 News le 15 décembre 2010 à 08:24
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