Le départ des troupes de Côte d'Ivoire ? L'ONU et Paris disent "non"

le 19 décembre 2010 à 19h18 , mis à jour le 19 décembre 2010 à 21h54

Les 950 soldats français présents en Côte d'Ivoire n'ont pas l'intention de s'interposer entre les Ivoiriens mais répliqueraient s'ils étaient attaqués, a déclaré MAM dimanche. L'ONU a aussi rejeté l'appel de Laurent Gbagbo. Des heurts ont fait 2 blesséss lors d'une manifestation à Paris.

côte d'ivoire casques bleusDes casques bleus en Côte d'Ivoire (archives).

"Il faut qu'il retienne ses troupes." La France demande au président sortant de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, dont la communauté internationale ne reconnaît pas la réélection et qui n'a plus que quelques heures pour faire le choix de partir (Nicolas Sakory a lancé vendredi un ultimatum à Laurent Gbagbo, l'enjoignant d'accepter la victoire d'Alassane Ouattara avant dimanche soir, sous peine d'être frappé de sanctions), de retenir ses troupes, a déclaré dimanche la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, invitée de l'émission "Internationales" (TV5Monde, RFI et Le Monde). "M. Gbagbo n'a plus aujourd'hui les moyens de discuter avec l'extérieur" et, a-t-elle souligné, "il lui revient dans les heures qui viennent de faire un choix : est-ce qu'il va être quelqu'un qui restera dans l'Histoire comme un démocrate (...) ou est-ce quelqu'un qui va laisser l'image de celui qui aura fait tiré sur des Ivoiriens ?". Le président sortant "n'a plus aucune compétence et aucun pouvoir", a-t-elle dit, jugeant que sa demande d'un départ de la force de l'Onu (10.000 casques bleus) et des troupes françaises (950 militaires) qui la soutiennent n'avait "aucun sens". "Ni pour l'Onuci (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, ni pour la France".
  • Le camp Ouattara demande l'usage de la force contre Gbagbo

    Le Premier ministre d'Alassane Ouattara, opposant à Laurent Gbagbo, a demandé mercredi à la communauté internationale de faire usage de la force pour déloger du pouvoir son rival qui vient de réaffirmer qu'il est le "président de Côte d'Ivoire".

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  • Côte d'Ivoire : la France demande aux Français de partir

    Pour la première fois depuis le début de la crise politique, le gouvernement recommande à "tous les Français qui le peuvent de quitter provisoirement" le pays. De son côté, le camp pro-Ouattara en appelle à la force pour renverser Gbagbo.

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  • Gbagbo demande le départ des casques bleus et de l'armée française

    Le président autoproclamé de Côte d'Ivoire a demandé samedi le départ "immédiat" de la mission de l'ONU dans le pays et de la force militaire française Licorne. Ce alors que la communauté internationale essaie de le contraindre à quitter le pouvoir.

    Publié le 18/12/2010 Gbagbo demande le départ des casques bleus et de l'armée française
  • Le "non" de Gbagbo à la communauté internationale

    "Le président Gbagbo n'ira nulle part. Il a été élu pour cinq ans et quittera le pouvoir seulement en 2015", a déclaré son porte-parole, réagissant aux appels venus de l'ONU, des Etats-Unis, de la France et de la Cedeao, qui tous l'ont exhorté à céder le pouvoir.

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  • Sarkozy appelle Gbagbo à partir sous peine de sanctions

    Le président proclamé ivoirien Laurent Gbagbo doit partir "avant la fin de la semaine" sinon il figurera sur la liste des personnes visées par des sanctions de l'Union européenne, a déclaré vendredi Nicolas Sarkozy à Bruxelles.

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  • Côte d'Ivoire: deux présidents, et maintenant... deux Premiers ministres

    Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo ont tour à tour nommé leur Premier ministre dimanche, alors que la médiation de l'Union Africaine a échoué.

    Publié le 06/12/2010 Côte d'Ivoire: deux présidents, et maintenant... deux Premiers ministres
  • Côte d'Ivoire: la crise toujours après la médiation de l'Union africaine

    Malgré la médiation de l'ex-chef d'Etat sud-africain Thabo Mbeki, envoyé par l'UE, la crise politique persistait dimanche après l'annonce d'un gouvernement d'Alassane Ouattara, qui revendique la présidence comme son rival, le chef de l'Etat sortant Laurent Gbagbo.

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  • Côte d'Ivoire : Gbagbo prête serment malgré tout... Ouattara aussi

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  • Côte d'Ivoire: l'investiture de Gbagbo imminente

    Après avoir invalidé le succès de l'opposant Alassane Ouattara, le Conseil constitutionnel ivoirien a annoncé vendredi la victoire du président sortant au 2nd tour de la présidentielle. L'ONU, l'UE et la France reconnaissent, elles, la victoire de Ouattara qui la revendique.

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  • Côte d'Ivoire : Ouattara refuse la remise en cause de sa victoire

    L'opposant refuse l'invalidation de son succès à la présidentielle par le Conseil constitutionnel. Ce dernier pourrait au contraire donner la victoire au président sortant Laurent Gbagbo.

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  • Côte d'Ivoire: blackout médiatique, la France craint des "débordements"

    Après l'annonce de la victoire de Ouattara à la présidentielle, invalidée par le Conseil constitutionnel, le pays a fermé ses frontières et a ordonné "la suspension sans délai" de la diffusion des chaînes de télévision d'informations étrangères.

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  • Côte d'Ivoire : la victoire de Ouattara invalidée, la tension monte

    Après l'annonce de la victoire de Ouattara à la présidentielle, invalidée par le Conseil constitutionnel, Abidjan a fermé ses frontières et a ordonné "la suspension sans délai" de la diffusion des chaînes de télévision d'informations étrangères.

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  • Côte d'Ivoire : l'opposant Ouattara déclaré vainqueur de la présidentielle

    Après plusieurs jours d'incertitude et des affrontements meurtriers entre les partisans des deux camps, la Commission électorale a annoncé jeudi la victoire d'Alassane Ouattara face au président sortant Laurent Gbagbo avec 54,1% des voix. Le Conseil constitutionnel doit encore valider ce résultat.

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  • Côte d'Ivoire : la tension monte contre la France

    Les 950 soldats français présents en Côte d'Ivoire n'ont pas l'intention de s'interposer entre les Ivoiriens mais répliqueraient s'ils étaient attaqués, a déclaré MAM dimanche. L'ONU a aussi rejeté l'appel de Laurent Gbagbo. Sur place, une certain sentiment anti-français et anti-Onu se fait sentir.

    Publié le 19/12/2010 Côte d'Ivoire : la tension monte contre la France
Plus d'infos

 
Interrogée sur le rôle des soldats français du dispositif Licorne déployés en Côte d'Ivoire, la ministre a fait valoir qu'ils n'étaient pas dans ce pays "pour s'interposer entre les Ivoiriens". "C'est à la force internationale d'agir" le cas échéant, a-t-elle ajouté. "Ce n'est pas à eux (les Français) de s'interposer et ils ne feront pas", a-t-elle insisté. Si les troupes françaises "étaient directement attaquées, vous avez des règles internationales (...) il y a un droit à la légitime défense quand on est attaqué, c'est valable pour toutes les armées du monde et pour tous les militaires du monde. Mais il n'est pas question de prendre une initiative en la matière", a assuré Michèle Alliot-Marie.
 
Plus de 50 morts en Côte d'Ivoire, selon l'ONU
  
Le ton est monté d'un cran dimanche avec l'ONU qui a opposé une fin de non-recevoir à l'exigence de Laurent Gbagbo d'un retrait des Casques bleus de Côte d'Ivoire. Les Nations unies se sont dites "préparées à tout" dimanche, même si elles souhaitent éviter une confrontation avec les forces armées fidèles au président sortant. Un proche de Gbagbo affirme que ce dernier ne démissionnera jamais sous la contrainte et accuse les puissances occidentales de chercher à "recoloniser" la Côte d'Ivoire en voulant installer leur "marionnette" Alassane Ouattara.
 
La Haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, affirmait que les violences en Côte d'Ivoire ont fait ces trois derniers jours plus de 50 morts et plus de 200 blessés et s'inquiétait de "violations massives des droits de l'homme" dont des enlèvements. Jusqu'à présent, les bilans sur place faisaient état de 11 à 30 morts depuis jeudi dans des violences entre les partisans de Laurent Gbagbo et d'Alassane Ouattara, qui se disputent le pouvoir depuis la présidentielle controversée du 28 novembre.

Manifestation pro-Gbagbo à Paris

Plusieurs centaines d'Ivoiriens ont manifesté dimanche à Paris leur soutien au président sortant Laurent Gbagbo malgré le soutien apporté par la communauté internationale à son rival Alassane Ouattara. Plusieurs personnes ont été blessées, "dont deux un peu plus que les autres", lors d'affrontements entre les manifestants et des partisans d'Alassane Ouattara venus sur place, a déclaré la préfecture de police de Paris.

"Nous voulons Laurent Gbagbo, c'est le peuple qui l'a choisi", chantaient les manifestants réunis place de la République sous la surveillance de nombreux policiers. "Nicolas Sarkozy n'a pas le droit de donner des ordres à notre pays", a déclaré un manifestant, en référence à l'ultimatum de Nicolas Sarkozy. "Laurent Gbagbo a été démocratiquement élu, on veut cet homme, on veut qu'il soit notre président, il nous a toujours gouvernés normalement", disait un autre. "On ne veut pas Alassane Ouattara et, je vous le dis, Alassane Ouattara ne sera jamais président de la Côte d'Ivoire."

le 19 décembre 2010 à 19:18
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1 Commentaires

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  • _mike, le 19/12/2010 à 23h28

    En gros, ça veut dire que tous les gouvernements vont les laisser s'entretuer entre-eux. Et si par le plus grand des hasard une balle perdu touche un soldat de l'ONU ou un soldat français, ils vont répliquer. Je comprend qu'engager une armée au combat c'est une grosse responsabilité, mais quand même jouer le jeu du "Si tu me tape je te tape" c'est un peu déplorable non ?

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