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WikiLeaks cible la "Françafrique" et l'argent caché des partis
Selon des notes diplomatiques divulguées par Wikileaks, près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale par le défunt président gabonais Omar Bongo et auraient aussi profité à des partis français, "surtout à droite".
Publié le 29/12/2010
Non, ils n'ont pas vu l'ombre d'une mallette... Sans surprise et dans une belle unanimité, les deux principaux partis politiques français, l'UMP et le PS, ont nié jeudi avoir touché des fonds de l'ex-président gabonais Omar Bongo, soupçons relayés par un nouveau câble de WikiLeaks.
Selon des notes diplomatiques américaines divulguées par le site internet et rendues publiques mercredi par le quotidien espagnol El Pais, près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) par le défunt président gabonais Omar Bongo. Si ces fonds étaient principalement destinés au dirigeant et à son entourage, ils auraient aussi servi à financer plusieurs partis politiques français des deux camps "surtout à droite, en particulier à (l'ancien président Jacques) Chirac mais aussi (Nicolas) Sarkozy", selon ces mêmes notes.
L'information relayée par WikiLeaks avait été donnée quatre jours après la mort de M. Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l'ambassade américaine au Cameroun. Celle-ci n'a toutefois pas été "en mesure de vérifier la véracité de l'accusation" visant des responsables hexagonaux.
Pas de réaction à l'Elysée
Interrogé, le trésorier du PS, Régis Juanico, a assuré que son mouvement "ne se sent en rien concerné par ces affirmations", notant au passage que "seuls des noms de droite sont cités". De son côté, le porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, a affirmé que "tout cela est totalement fantaisiste", invitant "d'autant plus à la prudence que les notes citées utilisent le conditionnel, ce qui démontre la très grande fragilité de ces accusations". L'Elysée n'a pas réagi, conformément à la règle qu'il s'est fixée de ne pas répondre aux allégations du site internet.
Des rumeurs de financement de la vie politique française par Omar Bongo ont très souvent circulé, en France comme sur le continent africain, sur fond de relations privilégiées entre l'ancien dirigeant gabonais, au pouvoir depuis 1967, et une grande partie de la classe politique de l'ex-puissance coloniale.
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