Otages français : "une aubaine pour les shebab"
<b> Interview -</b> Pour Dominique Thomas, spécialiste des mouvances islamistes, les discussions avec la milice seront dures car elle utilise les deux espions pour assoir sa légitimité.
Publié le 21/07/2009
Outre les deux reporters de France 3 retenus en Afghanistan depuis fin 2009 et les cinq salariés d'Areva et de Vinci aux mains d'Al-Qaïda dans le Sahel depuis septembre, un autre Français est également retenu en otage pour des raisons politiques. Son cas est moins médiatisé puisqu'il s'agit d'un homme de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), les services secrets français. Cet espion a été kidnappé à Mogadiscio le 14 juillet 2009 avec l'un des ses collègues. Ce dernier, Marc Aubrière, s'est échappé un mois plus tard, selon la version officielle.
En revanche, Denis Allex est toujours retenu prisonnier par un groupe islamiste, a priori lié aux shebab, en rébellion contre le pouvoir central et qui contrôlent une bonne partie du pays. Le 6 décembre, la France a reçu une "preuve de vie", sous forme "d'une réponse à une question personnelle". En revanche, selon la DGSE, qui confirmait ainsi une information diffusée sur le site "Secret défense" du journaliste de l'hebdomadaire de Marianne Jean-Dominique Merchet, "aucun détail n'a été donné par les ravisseurs sur son état de santé, ni sur sa localisation ou ses conditions de détention".
La direction de la sécurité extérieure souligne qu'elle est "bien en contact avec les ravisseurs" de Denis Allex, mais que pour "des raisons évidentes de discrétion", elle ne souhaite pas communiquer sur la teneur des négociations, "particulièrement difficiles". Les islamistes exigent notamment la cessation de tout support politique ou militaire de la France au fragile gouvernement somalien et le retrait de tous ses conseillers de Somalie.
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