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Tunisie : un prof de Compiègne tué, les heurts continuent

Edité par
le 12 janvier 2011 à 12h29
Temps de lecture
4min
[Expiré] [Expiré] Tunisie émeutes colère manifestant

Crédits : AFP

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AfriqueSi le président tunisien a lâché du lest mercredi, des manifestants et les forces de l'ordre se sont violemment affrontés pour la première fois dans le centre de Tunis. En province, des témoins évoquent plusieurs morts, dont un franco-tunisien, professeur à l'université de Compiègne en vacances dans sa ville natale de Douz.

Alors que l'agitation a gagné la capitale Tunis depuis mardi, le président tunisien a annoncé mercredi, par la voix de son Premier ministre une série de décisions. Ainsi Zine El Abidine Ben Ali a changé son ministre de l'Intérieur et ordonné une enquête sur des actes de corruption présumée concernant des responsables publics. Il a également ordonné la libération de toutes les personnes détenues depuis le début des troubles en Tunisie. Egalement annoncée : l'institution d'une allocation d'environ 150 dinars qui sera perçue par les diplômés chômeurs qui "seront engagés à mi-temps pour des prestations d'utilité publique, en attendant des emplois permanents".

Il s'agit du premier changement dans le gouvernement tunisien depuis le début des manifestations. Jusqu'ici, Ben Ali s'était contenté d'allocutions télévisées et de promesses de créations d'emplois, et avait accusé les émeutiers de commettre des "actes de terrorisme". Le mouvement de contestation est sans précédent dans les 23 années au pouvoir de Ben Ali dure depuis près d'un mois en Tunisie.

Heurts meurtriers

Annonces ou pas, les heurts ont continué mercredi sur le terrain. Au point qu'un couvre-feu nocturne dans la capitale et sa banlieue a d'ailleurs été décrété à la suite de troubles dans "certains quartiers" de la capitale, où l'armée était déployée. En début d'après-midi, la police avait eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser la foule dans la capitale, a constaté une journaliste de l'AFP. Des centaines de jeunes criant des slogans contre le régime sur la place de la porte de France ont essayé d'avancer vers l'avenue Habib Bourguiba, et les forces de sécurité leur ont barré la route en tirant des grenades lacrymogènes. Aucun bilan de ces affrontements, les plus graves à se produire dans Tunis depuis le début des émeutes en Tunisie au mois de décembre, n'était disponible. L'armée avait été déployée pour la première fois dans Tunis et une banlieue populaire, au lendemain des premiers affrontements mardi soir aux abords de la capitale en près d'un mois de crise.
 
Ces violences - à l'origine un simple mécontentement social - qui ont fait en un mois entre 21 morts (bilan officiel) et plus de 50 tués (source syndicale) se sont également poursuivies mercredi à l'intérieur du pays. Deux et peut-être quatre personnes, selon des témoins interrogés par l'AFP et Reuters, ont trouvé la mort dans des affrontements avec la police à Douz, dans le sud du pays. Parmi eux, un professeur d'informatique à l'Université de Technologie de Compiègne, selon un syndicaliste enseignant. Hatem Bettahar, 38 ans, marié et père d'un enfant, maître de conférences en génie informatique, était en vacances à Douz, sa ville natale au sud de la Tunisie, et il a été tué par balles par la police ou l'armée dans des circonstances indéterminées, selon Le Parisien.

C'est la première fois depuis le début des émeutes que cette ville de 30.000 habitants, située à 550 km au sud de Tunis, connaît de telles violences. A Thala, un manifestant a été tué par balle et deux ont été blessés par les forces de sécurité mercredi soir, selon un syndicaliste. A Sfax, métropole économique à 300 km au sud de Tunis, cinq manifestants ont été blessés par des tirs de la police dans cette ville, où une "grève générale" était observée, selon une source syndicale.

Commenter cet article

  • mcalypso : C'est avec cette mentalité-là que le radicalisme se developpera, avec une telle mentalité qui soutient des dictateurs sanguinaires à tout prix...

    Le 12/01/2011 à 22h04
  • confutatis92 : Vends 1 euro un séjour d'une semaine pour deux personnes à Hammamet, cause impératifs professionnels. Merci d'écrire à LCI qui transmettra. (Je rigole ...)

    Le 12/01/2011 à 20h21
  • 1960lolo : J'adore le peuple tunisien, et tous ces jeunes qui se donnent sans compter car ils ont fait une école de TOURISME mais qui ne leur rapporte RIEN. Cela fait plusieurs fois que nous allons en Tunisie nous nous sommes rendu compte de la misère du peuple. C'est fini nous n'irons plus dans les hôtels tunisiens qui ne font qu'enrichir les corrompus, les gros investisseurs de nos pays capitalistes mais qui n'ont aucune reconnaissance pour les jeunes animateurs, les femmes de ménage,les jardiniers qui ont carrément un âge avance qui gagnent un salaire de trois fois rien. Et quand ce n'est pas des jeunes qui sont en stage et qui font leur travail gratuitement. Les jeunes on vous soutient de tout coeur. Boycottons les voyagistes qui proposent des séjours à des prix hors normes. et Mesdames et Messieurs qui apportent des commentaires odieux sur les hôtels devraient mieux se taire Nous nous n'irons plus en Tunisie tant que les ouvriers, animateurs, etc ne seront pas payés convenablement. Les personnes qui ont commencé à penser au COMMERCE EQUITABLE ont tout à fait raison. Et si les prix futurs sont un peu chers, et bien nous économiserons un peu plus.

    Le 12/01/2011 à 20h20
  • levioloniste06 : Alors La France aussi vu qu'ils ont bien plus nombreux qu'en Tunisie !!!!

    Le 12/01/2011 à 20h18
  • saro87 : Dans ces pays là il est préférable pour eux et surtout pour nous qu'ils soient gouvernés par des dictateurs ou des monarchies, sinon c'est l'islam et les fanatiques du djihad qui prennent le pouvoir (l'iran et l'irak en sont les meilleurs exemples). Les tunisiens, surtout les femmes, devraient bien réfléchir avant de continuer leur petite révolte.

    Le 12/01/2011 à 19h53
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