Côte d'Ivoire : "on se dirige vers une crise humanitaire majeure"

Par , le 10 mars 2011 à 17h27 , mis à jour le 10 mars 2011 à 18h08

Dossier : Crise en Côte d'Ivoire

Témoignage - Alors que les combats s'intensifient, notamment dans l'Ouest, l'Unicef tire la sonnette d'alarme. Soulignant que les révoltes au Maghreb "occultent" la crise ivoirienne, le chef des situations d'urgence pour l'Afrique de l'Ouest prévient "que la saison des pluies va rendre préoccupant le sort des déplacés et les réfugiés".

Ivoiriens fuyant Abidjan, 9 mars 2011Ivoiriens fuyant Abidjan, 9 mars 2011 © TF1/LCI

  • Les pro-Ouattara à l'assaut d'Abidjan, des dizaines d'étrangers évacuent

    Les forces d'Alassane Ouattara ont lancé lundi l'offensive contre les troupes de son rival Laurent Gbagbo à Abidjan, où la France a renforcé ses effectifs et décidé de regrouper ses expatriés. Et 250 étrangers ont encore quitté Abidjan lundi.

    Publié le 04/04/2011 Les pro-Ouattara à l'assaut d'Abidjan, des dizaines d'étrangers évacuent
  • Côte d'Ivoire : 1ers départs d'étrangers, les Français "regroupés sans délai"

    Si Abidjan était relativement calme dimanche autour des derniers bastions défendus par le camp Gbagbo, des Français ont commencé à quitter la ville. Et Nicolas Sarkozy a décidé le regroupement "sans délai" de tous les autres.

    Publié le 03/04/2011 Côte d'Ivoire : 1ers départs d'étrangers, les Français "regroupés sans délai"
  • Côte d'Ivoire: Abidjan zone de guerre, des charniers dans l'ouest ?

    Les soldats soutenant Ouattara se sont heurtés à une vive résistance des combattants du président sortant Gbagbo samedi à Abidjan. Les 2 camps, qui se disputent le contrôle de la Côte d'Ivoire, sont accusés de massacres dans l'Ouest du pays.

    Publié le 02/04/2011 Côte d'Ivoire: Abidjan zone de guerre, des charniers dans l'ouest ?
  • Côte d'Ivoire: Gbagbo ne cède pas, Paris envoie des renforts

    Les pro-Ouattara assiègeaient vendredi la résidence de Laurent Gbagbo à Abidjan. Mais le président déchu ne cède pas. A Yamoussoukro, un Français a été tué. La France a décidé de renforcer son dispositif militaire pour protéger les civils étrangers.

    Publié le 01/04/2011 Côte d'Ivoire: Gbagbo ne cède pas, Paris envoie des renforts
  • Bataille à Abidjan, la résidence de Gbagbo attaquée

    Les pro-Ouattara assiègent la résidence de Laurent Gbagbo dans le quartier chic de Cocody, en plein coeur d'Abidjan. La Radio télévision ivoirienne est tombée. Les propres troupes de Laurent Gbagbo ont livré l'aéroport aux casques bleus de l'Onuci.

    Publié le 01/04/2011 Bataille à Abidjan, la résidence de Gbagbo attaquée
  • Côte d'Ivoire: Abidjan en passe de basculer dans le camp Ouattara

    Les forces favorables à Ouattara ont progressivement investi Abidjan jeudi soir, échangeant des tirs avec les partisans de Gbagbo. Avant même l'issue de la bataille, Ouattara a instauré un couvre-feu et ordonné la fermeture des frontières du pays.

    Publié le 31/03/2011 Côte d'Ivoire: Abidjan en passe de basculer dans le camp Ouattara
  • Côte d'Ivoire : l'ultimatum de Ouattara à Gbagbo

    Les forces favorables à Alassane Ouattara ont atteint la capitale économique du pays jeudi après-midi. Les premiers échanges de tirs avec les partisans de Laurent Gbagbo ont eu lieu dans la foulée. Ouattara exige le départ immédiat de Gbagbo.

    Publié le 31/03/2011 Côte d'Ivoire : l'ultimatum de Ouattara à Gbagbo
  • Côte d'Ivoire : les pro-Ouattara coupent la route du cacao

    En investissant le port de San Pedro, premier au monde pour les exportations de cacao, ressource vitale pour l'économie ivoirienne, les partisans d'Alassane Ouattara espèrent conduire le régime de Gbagbo à l'asphyxie. Gbagbo, lui, renforce ses troupes à Abidjan.

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  • Les forces pro-Ouattara prennent le contrôle de Yamoussoukro

    Les forces pro-Ouattara ont atteint mercredi Yamoussoukro, la capitale administrative de la Côte d'Ivoire, rapportent des habitants et des sources militaires. A Abidjan, un véhicule diplomatique français a été visé par des tirs.

    Publié le 30/03/2011 Les forces pro-Ouattara prennent le contrôle de Yamoussoukro
  • Gbagbo appelle au cessez-le-feu... mais muscle son armée

    Laurent Gbagbo demande "l'ouverture du dialogue" alors que les partisans de son rival Alassane Ouattara se sont emparés mardi de nouvelles villes dans l'ouest et dans l'est de la Côte d'Ivoire. Ils ne se trouvent plus qu'à 200 km des deux principaux ports du pays, San Pedro et Abidjan.

    Publié le 30/03/2011 Gbagbo appelle au cessez-le-feu... mais muscle son armée
  • Côte d'Ivoire : les pro-Ouattara sont à 200 kilomètres d'Abidjan

    Les villes de Daloa et de Duékoué seraient tombées aux mains des partisans d'Alassane Ouattara dans la nuit de lundi à mardi. Abengourou et Issia auraient également été reprises mardi.

    Publié le 29/03/2011 Côte d'Ivoire : les pro-Ouattara sont à 200 kilomètres d'Abidjan
  • La Côte d'Ivoire s'enfonce dans le chaos

    Dans l'Ouest ivoirien, devenu selon le HCR une "zone de non-droit", des "mercenaires libériens pillent, violent et tuent". Et Abidjan est "au bord d'une guerre civile", selon l'ambassadeur de France à l'ONU.

    Publié le 25/03/2011 La Côte d'Ivoire s'enfonce dans le chaos
  • Côte d'Ivoire : "dernière chance" pour Gbagbo de partir

    Alors que des affrontements sont signalés à Abidjan, le président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara a appelé mardi à Abidjan son rival, le chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo, à saisir la "dernière chance" offerte par l'Union africaine (UA) pour une "sortie de crise pacifique et honorable".

    Publié le 15/03/2011 Côte d'Ivoire : "dernière chance" pour Gbagbo de partir
  • Les combats s'étendent à Abidjan

    Plusieurs témoignages ont fait état lundi de fusillades et d'explosions dans le quartier de Yopougon acquis au président sortant Laurent Gbagbo. 200 000 personnes auraient déjà fui Abobo, le quartier des partisans de Ouattara.

    Publié le 14/03/2011 Les combats s'étendent à Abidjan
  • Des blindés dans les rues d'Abidjan

    Les forces fidèles au président ivoirien sortant poursuivaient samedi soir une grande offensive à l'arme lourde dans le quartier d'Abobo, fief de son rival Alassane Ouattara et nid d'insurgés en plein Abidjan.

    Publié le 12/03/2011 Des blindés dans les rues d'Abidjan
  • Côte d'Ivoire : quatre morts après des heurts dans la capitale

    Trois hommes et une jeune femme ont été tués par balles mardi à Abidjan dans le quartier populaire de Treichville après des heurts ayant suivi une marche pacifique de femmes favorables à Alassane Ouattara.

    Publié le 08/03/2011 Côte d'Ivoire : quatre morts après des heurts dans la capitale
  • Gbagbo met la main sur le pactole du cacao

    Dans le combat sans merci pour le pouvoir qui l'oppose à son rival Alassane Ouattara, pourtant reconnu vainqueur de la présidentielle en Côte d'Ivoire par la communauté internationale, Laurent Gbagbo a pris le contrôle de la filière cacao, source de richesse du pays.

    Publié le 08/03/2011 Gbagbo met la main sur le pactole du cacao
  • Côte d'Ivoire : les ex-rebelles prennent une ville en zone pro-Gbagbo

    L'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), alliée à Alassane Ouattara, a pris dimanche la ville de Toulépleu, dans l'ouest du pays, aux forces du président sortant Laurent Gbagbo après de violents combats, ont indiqué des élus locaux et les FN.

    Publié le 06/03/2011 Côte d'Ivoire : les ex-rebelles prennent une ville en zone pro-Gbagbo
  • Les violences s'étendent en Côte d'Ivoire

    Après Abidjan, les violences ont gagné la capitale politique de la Côte d'Ivoire, Yamoussoukro. Les ex-rebelles alliés à Alassane Ouattara s'affrontent dans l'ouest aux forces loyales au président sortant Laurent Gbagbo.

    Publié le 26/02/2011 Les violences s'étendent en Côte d'Ivoire
  • Côte d'Ivoire : un couple réfugié dans un camp du HCR témoigne

    Le Haut commissariat aux réfugiés accueille au Liberia plusieurs milliers d'Ivoiriens qui fuient les combats entre les forces de Laurent Gbabgo et celles proches d'Alassane Ouattara. Découvrez le témoignage de deux d'entre eux.

    Publié le 08/03/2011 Côte d'Ivoire : un couple réfugié dans un camp du HCR témoigne
  • Côte d'Ivoire : "la situation est instable pour Gbagbo"

    Selon Hervé Toutain, envoyé Spécial en Côte d'Ivoire, les violences entre pro-gbagbo et pro-Ouatara sont de plus en plus fréquentes. Il précise aussi que le président sortant sera absent jeudi de la réunion de l'Union africaine à Addis Abeba mais que son rival a prévu d'y assister.

    Publié le 08/03/2011 Côte d'Ivoire : "la situation est instable pour Gbagbo"
Plus d'infos

Depuis le début de l'année, la communauté internationale a les yeux rivés sur le monde arabe, et notamment sur la Libye depuis fin février. Pendant ce temps, la Côte d'Ivoire, où tous les envoyés spéciaux de la presse occidentale avaient pourtant convergé lors de la présidentielle en novembre dernier, ne fait plus l'actualité.

Or, selon l'Unicef (Fond des nations unies pour l'enfance), la situation humanitaire, conséquence de l'imbroglio politique et du conflit militaire, y est aujourd'hui bien plus préoccupante pour les populations qu'en 2010.

Afflux massif de réfugiés depuis deux semaines

Deux chiffres illustrent cette dégradation pour les civils : entre fin novembre et le 24 février dernier, 39.000 personnes avaient fui la Côte d'Ivoire pour le Liberia. Or ces deux dernières semaines, avec la reprise des combats et l'avancée des Forces nouvelles, proches d'Alassane Ouattara, à l'Ouest, le pays frontalier a enregistré au moins 35.000 réfugiés supplémentaires, pris en charge dans la mesure du possible par le HCR (Haut commissariat aux réfugiés).

"Fin 2010, les gens, aussi bien des partisans de Laurent Gbagbo que d'Alassane Ouattara, passaient au Liberia essentiellement par prudence. Mais, depuis le 25 février, ils fuient les zones de bataille. Et ce ne sont plus seulement des femmes et des enfants principalement, mais aussi des hommes. Surtout, on note que des enfants arrivent sans leurs parents, après avoir été confiés à des amis. Les familles sont donc séparées", explique Grant Leaity, le responsable des situations d'urgences de l'Unicef pour l'Afrique de l'Ouest. Il revient justement du Liberia, où il a passé une dizaine de jours après deux mois en Côte d'Ivoire même. 

400.000 déplacés

Grant Leaity souligne, qu'outre les réfugiés, la Côte d'Ivoire doit également gérer le problème des "déplacés" : ils sont estimés à 400.000 au total -200.000 dans l'Ouest, au gré des combats et des avancées de telle ou telle force en présence,  et surtout 200.000 à Abidjan, où les menaces reçues la nuit via des petites croix blanches peintes sur les portes des maisons font peur.  "Lors de la crise de 2003, Abidjan était calme. Là, on voit des files immenses de gens quittant la ville. C'est une nouveauté préoccupante".

 

Pour ces "déplacés", pas de grand camp comme au Liberia. Ils trouvent principalement asile, dans des conditions spartiates, "dans des familles d'accueil ou des camps de fortune".  "Pour l'instant, quand la presse internationale se repenche sur la Côte d'Ivoire, c'est surtout pour analyser la crise politique. Mais il est clair que, sur le terrain, nous avons désormais une crise humanitaire à gérer", se désole Grant Leaity.

Des enfants recrutés comme porteurs par les soldats 
 
Il se dit notamment très inquiet de l'arrivée de la saison des pluies. "Elle va commencer vers le 20 mars et entraîner des épidémies de toutes sorte : fièvre jaune, rougeole, méningite, voire choléra. Notre priorité actuelle est donc l'approvisionnement en eau, l'assainissement, la mise en place de latrines et la fourniture d'une nutrition correcte aux populations les plus précaires".  Rien que pour les trois prochains mois, Jacques Hintzy, le président de l'Unicef France, estime les besoins financiers de son organisation à 20 millions d'euros pour la Côte d'Ivoire et 13 millions pour le Liberia.  Pour l'instant, le compte est loin d'être bon. "Si cela continue ainsi, on se dirige vers une crise humanitaire majeure. La France doit contribuer à l'éviter. C'est la raison pour laquelle nous tirons la sonnette d'alarme", lance-t-il.

Au-delà de la dégradation humanitaire, Grant Leaity s'inquiète de la perméabilité de la frontière ivoiro-libérienne. "Les soldats des deux camps la passent très facilement, parfois pour se mettre à l'abri, parfois pour rejoindre le front, et parfois pour venir chercher des enfants afin de les utiliser comme porteurs", souligne-t-il, sans pouvoir fournir de chiffres précis sur  ces "enfants-soldats". Il déplore également la déscolarisation de 800.000 enfants, victimes collatérales de la campagne de désobéissance civile lancée par Alassane Ouattara et la fermeture des écoles qui lui est associée dans le Nord du pays. "Ce n'est pas acceptable.  On ne peut pas se permettre d'utiliser et de pénaliser des enfants pour des objectifs politique", s'indigne-t-il. Enfin, il fait remarquer qu'il est très difficile pour les agences de l'Onu de travailler dans le pays, notamment à Abidjan. "La situation y est très politisée. Quoi qu'on fasse, nous sommes accusés de partialité. C'est très dangereux pour nous".

Répercussions régionales

La question

Intervenir militairement en Côte d'Ivoire pour régler la crise politique :

Pour
Contre

 

Grant Leaity se dit très sceptique sur  une solution diplomatique qui permettrait de stopper la crise humanitaire. "Or si le pays plonge dans la guerre civile proprement dite, le Sud couperait l'approvisionnement au Nord, en nourriture, médicaments, électricité...". 

Plus globalement, il rappelle le poids économique de la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest. Son PIB représente ainsi 40% de celui de la zone du franc CFA. "Une crise économique en Côte d'Ivoire aurait des répercussions dans tous les pays frontaliers", note-t-il avant de faire remarquer que "bon nombre de ces pays sont encore gouvernés par des régimes autoritaires". "Les gens pourraient très bien s'inspirer des événements dans les pays arabes", conclut-il.

Par Fabrice Aubert le 10 mars 2011 à 17:27
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2 Commentaires

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  • zouzozu, le 11/03/2011 à 17h09

    J'ai 57 ans et d'aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu plusieurs pays d'Afrique au bord du goufre à un moment ou l'autre de ma vie. On leur a envoyé de l'argent, de la nourriture, des outils, des gens pour les former ("plutôt que de leur donner un poisson, apprenez leur donc à pêcher, qu'il disaient.."...bon ça a été fait et de très nombreux enseignants, formateurs, etc, etc, sont partis là bas, pour leur apprendre, leur expliquer..), des outils, des médicaments, etc, etc, etc...et ils s'enfoncent de plus en plus...il faut tout de même qu'on m'explique ! "In fine" que faut il faire ??? Que peut on faire de plus que leur apprendre à s'en sortir, s'ils ne veulent pas y mettre de la bonne volonté !! Marre à la fin ! A 50 ans, je me suis retrouvée seule, sans emploi et avec deux enfants à nourrir et à élever et croyez moi, je me suis débrouillée pour m'en sortir !! Je n'ai toujours rien, mais je n'ai pas de dettes non plus et mes enfants ne manquent de rien. Quand on veut.....

  • titus57000, le 11/03/2011 à 00h41

    Les pauvres... Et chez nous pendant ce temps on rale pour rien pfffff

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