Flottement lors du soulèvement contre Zine Ebedine Ben Ali, voyage de Michèle Alliot-Marie à Noël, arrivée ratée de Boris Boillon, le nouvel ambassadeur en janvier : la France doit désormais faire oublier ses impairs en Tunisie. Depuis la chute de la dictature, plusieurs ministres se sont déjà rendus en éclaireur à Tunis afin de témoigner du soutien de la France aux balbutiements de la jeune démocratie. Parmi eux, Christine Lagarde (Economie) et Laurent Wauquiez (Affaires européennes) avaient souligné le 22 février, avant le remplacement de Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé au Quai d'Orsay, n'être pas venus "pour donner des leçons mais pour écouter". Ils avaient aussi évoqué la nécessité d'"un plan Marshall" pour permettre un redressement tunisien.
France-Tunisie : 350 millions pour tout oublier ?
A peine arrivé à Tunis mercredi après-midi, Alain Juppé a annoncé une aide française de 350 millions d'euros pour raccommoder une relation bilatérale mise à mal par plusieurs couacs français lors de la "révolution du jasmin".
Publié le 20/04/2011
La Tunisie signe l'arrêt de mort du parti de Ben Ali
La justice tunisenne a mis fin mercredi aux activités du RCD, parti de l'ex-président Ben Ali. Le RCD revendiquait plus de deux millions d'adhérents pour 10 millions d'habitants.
Publié le 09/03/2011
Juppé : "il peut sortir le meilleur des révoltes arabes, comme le pire"
Le nouveau ministre des Affaires étrangères a profité mardi matin de la passation de pouvoirs avec Michèle Alliot-Marie pour tenir son premier discours sur la politique qu'il compte mener au Quai d'Orsay. Parmi ses projets, relancer l'Union pour la Méditerranée et poursuivre la politique de sécurité européenne.
Publié le 01/03/2011
Discours de Sarkozy : "les peuples arabes attendent une politique gaulliste"
<b> Décryptage -</b> Interrogé par TF1 News, Didier Billion, directeur adjoint à l'Iris, explique que l'intervention du chef de l'Etat n'aura aucune répercussion dans les populations arabes. En revanche, il souligne que ces dernières attendent surtout que la France fasse de nouveau entendre une voix différente.
Publié le 28/02/2011
Il ne restait donc plus qu'au nouveau chef de la diplomatie à se rendre à son tour sur le terrain. Alain Juppé a préféré prendre son temps. Intronisé le 1er mars, il a ainsi attendu ce mercredi 20 avril pour aller à Tunis, où il restera deux jours. "La Tunisie n'est pas du tout abandonnée. Nous faisons beaucoup d'efforts pour l'aider", a-t-il récemment assuré. Au menu : rencontre avec les président et Premier ministre par intérim, Foued Mebazaa et Béji Caïd Essebsi, avec son homologue Meldi Kéfi, avec des bloggeurs et avec les présidents des trois commissions chargées de la transition (investigation sur les affaires de corruption et malversations, réforme politique et transition démocratique et établissement des faits sur les abus).
Economie chancelante
Pour la France, l'enjeu d'une réussite du processus post-révolutionnaire (qui commence dans les faits le 24 juillet avec l'élection d'une Assemblée constituante) en Tunisie est crucial. D'abord pour le pays, bien sûr. Mais aussi pour l'Europe, focalisée sur la manière de contenir l'immigration illégale tunisienne, et enfin pour sa valeur d'exemple à l'égard des autres Etats touchés par le "printemps arabe".
Or, pour l'instant, la pérennité de la "révolution du jasmin" reste hasardeuse, aussi bien politiquement qu'économiquement. Le tourisme, pierre angulaire de l'économie, reste par exemple bien en-deçà des espérances. Pour 2011, le taux de croissance est estimé en Tunisie entre 0 et 1% en 2011. Il y a quelques jours, Alain Juppé a donc appelé à "investir massivement pour aider les pays en transition démocratique à rétablir leur situation économique et à retrouver un rythme de croissance suffisant". Plus qu'à des appels, les Tunisiens attendent surtout une aide financière concrète lors de cette visite.
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