Abdelaziz Bouteflika, le 15 avril 2011 (capture écran de la TV algérienne). © TF1/LCIAlors que l'Algérie a été, en janvier dernier, l'un des premiers foyers de la contestation arabe après la Tunisie, son président a attendu plus de trois mois pour s'adresser à ses concitoyens, sans doute, selon le journal El Watan, pour ne pas donner l'impression de "céder sous la pression" de la rue. Abdelaziz Bouteflika a tout de même fini par s'adresser au pays, vendredi soir, dans un discours télévisé au cours duquel il a promis des réformes politiques, et notamment une révision de la Constitution, ainsi qu'une révision de la loi électorale, de la loi sur les partis politiques et du code de l'information. Des réformes à mettre en oeuvre d'ici un an, par voie parlementaire ou référendaire. Mais ces promesses d'évolutions n'ont pas convaincu, et ce week-end, l'Algérie réagit avec scepticisme.
Algérie : les islamistes modérés en force aux législatives ?
Touchée à la marge par le "printemps arabe" en 2011, l'Algérie organise ce jeudi ses élections. Principaux enjeux : le score des islamistes et la participation.
Publié le 10/05/2012
Les "unes" de la presse indépendante ont illustré largement ce sentiment: "loin des attentes des Algériens" (El Watan), "Bouteflika ignore l'opposition" (El Khabar), "Bouteflika déçoit" (Le Soir). Le président "s'est fait la voix d'un système qui veut garder les choses en main en faisant miroiter des réformes qui ne le sont pas", a analysé El Watan, soupçonnant le chef de l'Etat de chercher à "gagner du temps". "Le système ne changera pas et ne tolérera pas l'ouverture de nouveaux espaces démocratiques", a renchéri El Khabar en qualifiant les réformes annoncées de "poudre aux yeux".
"Pas de volonté politique réelle"
"Je pense que changer des textes ou amender la constitution n'est pas la meilleure façon pour aller vers un changement du système en Algérie parce que le problème en Algérie est que les institutions civiles et militaires agissent en-dehors des lois", a regretté Mustapha Bouchachi, président de la Ligue pour la défense des droits de l'Homme (LADDH, indépendante). "Nous considérons que les promesses du président ne reflètent pas une volonté politique réelle de changer le système algérien qui est une démocratie de façade".
"Réduire la réforme à la révision des textes revient à ignorer une grande vérité: l'impuissance du régime et ses imperfections découlent plus de ses pratiques et de ses règles de travail que des textes, qu'il s'agisse de la constitution ou des lois", a observé pour sa part Abdelhamid Mehri, un ancien dirigeant du FLN qui avait conduit l'ancien parti unique à une cure d'opposition dans les années 90 en s'opposant à l'armée.
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