Déluge de bombes sur Tripoli, Kadhafi persiste et signe

Par , le 07 juin 2011 à 16h58 , mis à jour le 08 juin 2011 à 14h09

Dossier : Libye, l'après Kadhafi

Alors que la situation militaire au sol est toujours bloquée et que les pressions diplomatiques n'ont aucun effet sur Mouammar Kadhafi, l'Otan renforce ses raids aériens sur la capitale et notamment sur le complexe présidentiel. Réponse du dirigeant libyen : "nous n'allons jamais nous soumettre".

Fumée sur Tripoli après un raid de l'Otan, 7 juin 2011Fumée sur Tripoli après un raid de l'Otan, 7 juin 2011 © TF1/LCI

Comment sortir de l'enlisement militaire et diplomatique et faire partir Mouammar Kadhafi ? Depuis mi-mars et le début de l'intervention militaire en Libye, la communauté internationale n'arrive pas à trouver la solution. Dans un premier temps, le soutien aérien aux rebelles n'a mené à rien : à l'ouest, le front est bloqué depuis plusieurs semaines au niveau de Brega tandis que plus à l'est, l'armée loyaliste n'a pas réussi à reprendre Misrata. Sur ce point, le constat est simple : sans une participation étrangère militaire au sol, totalement exclue, il sera impossible de faire bouger les choses aussi longtemps que les troupes du dirigeant libyen seront opérationnelles pour tenir le choc.
  • La France ne parachutera plus d'armes aux anti-Kadhafi

    La France a mis fin à ses parachutages d'armes aux rebelles, qui ont suscité des divisions dans la coalition alliée contre Mouammar Kadhafi, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Gérard Longuet. Pas question en revanche de renoncer à l'emploi d'hélicoptères de combat.

    Publié le 05/07/2011 La France ne parachutera plus d'armes aux anti-Kadhafi
  • Armes françaises en Libye: Paris a informé Conseil de sécurité et Otan

    Répondant aux critiques russes, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en visite à Moscou vendredi, a affirmé que les livraisons françaises d'armes en Libye ne constituaient par une violation des résolutions de l'Onu.

    Publié le 01/07/2011 Armes françaises en Libye: Paris a informé Conseil de sécurité et Otan
  • Livraison d'armes aux rebelles libyens : Moscou exige des explications

    La Russie demande des explications à la France sur les livraisons d'armes effectuées aux rebelles libyens. Elle estime qu'elles pourraient constituer une violation grave de la résolution 1970 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui autorise l'intervention contre Kadhafi.

    Publié le 30/06/2011 Livraison d'armes aux rebelles libyens : Moscou exige des explications
  • Libye : la France reconnaît avoir armé des rebelles

    L'armée française a procédé en Libye à des largages d'armes légères et de munitions, a admis mercredi l'état-major, confirmant des informations de presse. Objectif : permettre aux rebelles d'avancer vers Tripoli.

    Publié le 29/06/2011 Libye : la France reconnaît avoir armé des rebelles
  • Libye : la France a-t-elle parachuté des armes aux rebelles ?

    Selon Le Figaro de mercredi, la France a procédé ces dernières semaines à des parachutages d'armes pour aider les rebelles libyens dans la région du Djebel Nafusa, au sud de Tripoli.

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  • Kadhafi "wanted"

    Un mandat d'arrêt international a été émis contre le dirigeant libyen, accusé de "crimes contre l'humanité contre le peuple libyen". La CPI a annoncé sa décision ce lundi. Egalement réclamés par la CPI : son fils Seif Al-Islam, et le chef des services de renseignements libyens, Abdallah Al-Senoussi.

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  • Libye : négociations à Paris ?

    L'émissaire de la Russie affirme que le Premier ministre libyen lui a annoncé que des contacts directs entre des représentants de Mouammar Kadhafi et de la rébellion avaient eu lieu mercredi.

    Publié le 16/06/2011 Libye : négociations à Paris ?
  • Libye : le front bouge un (petit) peu

    Pour la première fois depuis le début de la révolte en février, les rebelles ont pris entièrement le contrôle de Al-Rayaniya, point clé de la guerre à l'Ouest du pays.

    Publié le 15/06/2011 Libye : le front bouge un (petit) peu
  • Tripoli refuse tout départ de Kadhafi, prêt à appliquer le plan de l'UA

    Quatre mois après le début de l'insurrection et alors que les combats entre pro et anti-Kadhafi ont repris de plus belle, le régime libyen refuse toute discussion sur un départ du colonel. Le gouvernement s'est en revanche engagé à mettre en oeuvre les propositions de l'Union africaine.

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  • Libye : la France envoie ses hélicoptères de combat contre Kadhafi

    Pour traquer les forces pro-Kadhafi jusque dans les zones habitées, l'Otan utilise désormais des hélicoptères français et britanniques capables d'atteindre des cibles difficiles à repérer depuis un avion. Le but : accroître encore la pression sur Kadhafi.

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  • Kadhafi "pas prêt" à quitter la Libye

    Selon Jacob Zuma, le leader libyen n'est "pas disposé à quitter son pays en dépit des difficultés". Le président sud-africain affirme que les raids de l'Otan, qui se sont poursuivis pendant sa visite à Tripoli lundi, ont sapé sa médiation.

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  • Libye : ils vont déposer plainte contre Sarkozy pour "crimes contre l'humanité"

    "Au nom des familles libyennes", deux avocats français, l'ex-ministre Roland Dumas et Jacques Vergès, ont annoncé dimanche à Tripoli qu'ils comptaient déposer plainte contre le président français.

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Plus d'infos

Pour arriver à ses fins, l'Otan multiplie donc les bombardements sur les infrastructures  militaires. L'armée libyenne aurait ainsi perdu au minimum la moitié de sa force de frappe. C'est beaucoup, mais pas encore assez pour que la rébellion prenne le dessus. Résultat : l'Alliance atlantique, qui devait dans un premier temps intervenir jusqu'à fin juin, a prolongé son opération jusqu'en septembre. Et poursuit ses attaques avec encore plus de vigueur, notamment sur Tripoli.  Officiellement, il ne s'agit pas d'essayer de tuer le "Guide", simplement de le pousser au départ de lui-même. Mais les déluges de bombes auxquels est désormais soumis la capitale libyenne -au moins une dizaine de raids ce mardi, en plein jour (avec 32 morts, selon le régime)- et  notamment les abords des résidences supposées de Mouammar Kadhafi peuvent laisser sceptique  sur cette affirmation.

"Nous n'allons jamais nous soumettre"

De son côté, malgré une demande de cessez-le-feu transmise il y a une dizaine de jours à l'Espagne, le dirigeant libyen reste inflexible. Sur le plan politique, les départs qui se multiplient dans son équipe -après le ministre du Pétrole la semaine dernière, c'est celui du Travail, Al Amin Manfur, qui a fait défection ce mardi- ne changent pas sa détermination. Sur le plan diplomatique, les différentes initiatives, comme celles du président sud-africain Jacob Zuma, n'ont rien donné. Sur ce point aussi, Mouammar Kadhafi, qui perd petit à petit ses quelques soutiens internationaux, n'a que faire de son isolement et des pressions verbales de l'Onu ou du G8. Pour une simple raison :  cela ne l'empêche en rien de gouverner le territoire qu'il lui reste grâce à l'argent récolté auparavant avec le pétrole.

Et donc de rester provocateur. "Nous n'allons jamais nous soumettre. Vous ne pourrez jamais vaincre un peuple armé. Nous saluons la mort. Le martyre est un million de fois préférable", a-t-il ainsi lancé dans un message radio diffusé par la télévision officielle mardi en fin d'après-midi. Le soir même, il est apparu directement sur les écrans via les images d'une rencontre avec des chefs de tribus. Le présentateur a assuré que l'entretien avait bien eu lieu ce mardi, sans en préciser le lieu.

"Kadhafi ne prendra jamais l'avion. Il se fera tuer"

La question

Kadhafi partira-t-il de lui-même ?

Oui
Non

 
 

Où peut mener cette stratégie jusqu'au boutiste? "Kadhafi ne prendra jamais l'avion. Il se fera tuer" : en février dernier, après le début de la contestation en Cyrénaïque et avant l'intervention internationale, Eric Rouleau, un ancien diplomate français qui l'a rencontré plusieurs fois dans les années 80, expliquait à TF1 News qu'il ne voyait pas le dirigeant libyen se rendre ou fuir comme Zine Ebedine Ben Ali en Tunisie ou Hosni Moubarak en Egypte (lire l'article : "Kadhafi ne prendra jamais l'avion. Il se fera tuer"). "Aucune force militaire, et encore moins populaire, n'arrivera à le faire partir sans le capturer ou le tuer", ajoutait-il. Trois mois et demi plus tard, le constat est toujours d'actualité.

Nouvel afflux de réfugiés en Tunisie

Conséquence de l'intensification des raids de l'Otan : près de 7.000 personnes, en grande majorité des Libyens, fuyant les violences en Libye ont franchi la frontière tunisienne entre lundi et mardi matin.

Au début de la crise libyenne, l'arrivée massive de réfugiés avait créé une crise humanitaire dans le secteur.

Par Fabrice Aubert le 07 juin 2011 à 16:58
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2 Commentaires

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  • niets, le 08/06/2011 à 11h53

    L'OTAN et nous, avons choisi les bons civils ( les insurges) contre les mauvais civils (ceux qui ne pensent pas comme eux). Bravo pour cet esprit d'equite,il existe donc des bons morts et des méchants morts. J'espere que si un probleme identique se passait dans notre pays , je serais dans les bons morts cela me rassurerai.

  • davric, le 07/06/2011 à 23h08

    On ne devait pas seulement proteger les civils ?

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