Emeutes des "délestages" au Sénégal

le 28 juin 2011 à 09h45 , mis à jour le 28 juin 2011 à 09h47

Quelques jours après de violentes manifestations contestant le président Abdoulaye Wade (qui avait dû renoncer à un projet de loi devant la colère populaire), des émeutiers sont descendus dans les rues de Dakar et Mbour pour protester contre les coupures de plus en plus fréquentes d'électricité.

Plusieurs bâtiments publics, notamment ceux de la société nationale d'électricité du Sénégal, ont été incendiés lundi soir à Dakar et dans ses banlieues par des habitants excédés par les coupures d'électricité de plus en plus longues et fréquentes. L'armée s'est déployée pour protéger les points stratégiques de la ville. Des camions ont circulé à travers Dakar, transportant des membres des forces de l'ordre munis de grenades de gaz lacrymogène. 

Plus d'infos

Plus tôt dans la journée de lundi, des manifestations de colère populaire contre la Sénelec s'étaient également produites à Mbour, ville du littoral située à environ 80 km au sud de Dakar. Des forces de l'ordre étaient intervenues pour les disperser à coups de grenades lacrymogènes. Les protestataires s'étaient ensuite disséminés dans les quartiers, bloquant des voies, brûlant des pneus, et saccageant les locaux de la Sénélec. "Tout est cassé à la Sénélec", ordinateurs et véhicules, a raconté un témoin en ajoutant que "les 27 quartiers de Mbour ont chacun" leur foyer de tension. Il a parlé "d'émeutes des délestages".

Des coupures qui s'aggravent

Le Sénégal est en proie à des coupures régulières d'électricité depuis des mois, qui se sont aggravées ces dernières semaines, durant parfois deux jours d'affilée dans certaines zones. Ces "délestages", qui touchent la plupart des villes, ont un impact négatif sur l'activité économique, en particulier pour les petits commerces, très nombreux au Sénégal.

Ces manifestations de colère sont intervenues quatre jours après une journée d'émeutes jeudi à Dakar, provoquée par un projet de loi du président Abdoulaye Wade visant à permettre, dès février 2012, l'élection simultanée d'un président et d'un vice-président avec un minimum de 25% des voix au premier tour. La police avait indiqué avoir recensé au total 102 blessés, dont 13 policiers, lors des manifestations qui s'étaient déroulé alors que ce projet controversé était discuté à l'Assemblée nationale. Le président Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 11 ans, avait finalement décidé de renoncer à faire voter le texte en raison de ces manifestations à Dakar et d'autres villes du pays. Mais l'opposition et la société civile exigent désormais qu'il ne soit pas candidat à sa propre succession comme il en a exprimé l'intention.

le 28 juin 2011 à 09:45
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2 Commentaires

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  • aicha20006, le 28/06/2011 à 22h49

    La situtation est plus grave que ca. wade doit partir .

  • Aly, le 28/06/2011 à 19h28

    Ce vieux ne vaut rien maintenant ( wade)

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