Français tués à Abidjan : le scénario se précise

le 22 juin 2011 à 11h32 , mis à jour le 22 juin 2011 à 12h12

Dossier : Crise en Côte d'Ivoire

Selon le gouvernement ivoirien, Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin ont été torturés dans le palais présidentiel, alors occupé par des pro-Gbagbo, avant d'être froidement abattus.

novotelStéphane Frantz di Rippel, directeur du Novotel d'Abidjan. © TF1/LCI

Le scénario de la mort de Stéphane Frantz di Rippel et  Yves Lambelin, ces deux Français enlevés à Abidjan le 4 avril lors des combats entre les pro-Alassane Ouattara et les pro-Laurent Gbagbo, est désormais plus clair, du moins officiellement.

Plus d'infos

Jeannot Kouadio Ahoussou, le ministre ivoirien de la Justice, a en effet confirmé mardi soir lors d'une conférence de presse le déroulement des faits après le rapt des deux hommes à l'hôtel Novotel, dirigé par Stéphane Frantz di Rippel.  Avec deux autres personnes -un Béninois et un Malaisien-, enlevés en même temps qu'eux, ils ont tout d'abord été "conduits au palais présidentiel", alors tenu par les forces de Laurent Gbagbo et transformé en "mouroir".

"Torturés puis achevés" 

Selon Jeannot Kouadio Ahoussou, ils ont "été (...) torturés, battus" puis "un commissaire de police les a achevés". Les victimes ont ensuite été "jetées derrière la clôture de la présidence, emballées dans des sacs en plastique noir avec lesquels on emballe des bananes", puis "jetées dans la lagune" d'Abidjan. Les corps n'ont été retrouvés que fin mai.  Le 10 juin, l'avocat de la famille de Stéphane Frantz di Rippel avait indiqué, après des expertises médico-légales, que le corps d'Yves Lambelin avait été formellement identifié. En revanche, celui du directeur de l'hôtel n'a pas pu l'être. Sa mort a donc été établie sur la base des témoignages et des indices.
 
Le ministre de la Justice a également indiqué que le commissaire de police, quatre miliciens, un commandant et deux colonels de la Garde républicaine ont été inculpés et placés en détention préventive.

Amnesty dénonce des "détentions arbitraires"

Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de de Laurent Gbagbo, dont certains ont été "battus" par les forces d'Alassane Ouattara dans un hôtel devant lequel sont postés des Casques bleus. "La présence de soldats de l'Onu devant l'hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions", souligne Véronique Aubert, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique. "C'est loin d'être un début encourageant pour la présidence d'Alassane Outarra", ajoute-t-elle.

le 22 juin 2011 à 11:32
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2 Commentaires

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  • stelmaria0, le 22/06/2011 à 12h04

    La vie humaine n'a pas la meme valeur ici que la bas

  • 12.7, le 22/06/2011 à 11h59

    Surprenant, là il y a moins de gueulards que pour l'affaire Mahé !

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