© AFP / M. TurkiaLe Libyen Abdelbaset al-Megrahi n'en finit pas d'irriter les Britanniques. Condamné en 2001 à la prison à vie pour son implication dans l'explosion d'un avion de la Pan Am en 1988 au-dessus du village écossais de Lockerbie (un attentat qui avait fait 270 morts), Megrahi avait été libéré en août 2009 pour des raisons de santé. Ses médecins avaient affirmé qu'il souffrait d'un cancer en phase terminale et qu'il n'avait pas plus de trois mois à vivre. Libre, mais malade, il avait été accueilli comme un héros par la Libye, qui avait fait de son retour un symbole. Et aujourd'hui, il est toujours vivant. Il vient de se montrer au grand jour lors d'un meeting de sa tribu en soutien au régime du colonel Kadhafi.
Lockerbie : l'Ecosse s'explique sur le cas Megrahi
Deux ans après avoir libéré Abdelbaset al-Megrahi, pourtant condamné en 2001 à la prison à vie pour son implication dans l'attentat qui avait fait 270 morts à Lockerbie, les autorités écossaises expliquent leur choix. Elles justifient à nouveau leur décision, prise, affirment-elles, de bonne foi.
Publié le 20/08/2011
Certes, il n'est pas en grande forme. C'est un homme terriblement affaibli, courbé dans un fauteuil roulant, respirant derrière un masque, qui est apparu devant les photographes. Mais cette apparition publique, la première depuis deux ans, constitue un nouveau symbole. A la fois pour les proches des victimes de l'attentat de Lockerbie, qui ont plus que jamais le sentiment d'avoir été trompés... et pour le régime de Tripoli, qui continue à utiliser Megrahi comme un porte-drapeau. Même si, au cours des deux dernières années, le régime de Kadhafi a soigneusement entretenu le mystère sur son état de santé.
Polémique autour d'une libération
Le fait que Megrahi, que l'on annonçait pourtant mourant, était toujours en vie plusieurs mois après sa libération, avait déjà provoqué un tollé au Royaume-Uni, comme aux Etats-Unis d'où étaient originaires la plupart des 270 victimes de l'attentat. Et le gouvernement de Gordon Brown avait dû alors faire face à un flot de critiques, les autorités britanniques se retrouvant confrontées à des accusations multiples liées à cette libération : s'agissait-il d'un moyen d'obtenir des contrats sur le marché pétrolier libyen, alors vu comme l'un des plus prometteurs, puisque le président libyen était considéré comme enfin fréquentable par la communauté internationale après une longue traversée du désert ?
Gordon Brown, dans la foulée de son ministre des Affaires étrangères, avait dû monter au créneau pour démentir. "Il n'y a pas eu de conspiration, de camouflage, de double jeu, d'accord sur le pétrole, de tentative d'influencer les ministres écossais", avait martelé le locataire du 10, Downing Street. Tout en soulignant que la libération d'Albelasset al-Megrahi était "du seul ressort" de l'Ecosse, indépendante de Londres en matière de justice. Deux ans après, les autorités britanniques auraient pu croire la polémique close. Mais revoir un Megrahi bien vivant, bien que grabataire, soutenir un colonel Kadhafi désormais de nouveau mis au ban de la communauté internationale, rappelle sûrement de bien mauvais souvenirs...
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