C'était le 9 mars dernier, place Tahrir, au Caire après la chute de Hosni Moubarak. L'armée disperse une manifestation. 18 femmes sont arrêtées et emmenées non loin de là, dans une annexe du Musée égyptien de la capitale égyptienne. Selon des témoignages recueillis par
Amnesty International, elles auraient été alors torturées. Menottées, battues à coups de bâton, électrocutées à la poitrine, aux jambes, traitées de prostituées aussi. Mais ce n'est pas tout.
Toujours selon l'organisation de défense des droits de l'Homme, 17 d'entre elles auraient subi un "test de virginité". Amnesty avertit alors le Conseil suprême des forces armées égyptiennes. Pas de réponse. Mais aujourd'hui, dans un reportage de CNN, un général égyptien, justifie, sous couvert d'anonymat ces "tests de virginité". Et de relancer la polémique. La réaction de Michel Fournier, responsable Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty France.
| "Une justification absolument perverse d'un abus" |
"C'est la première fois qu'un membre de l'armée reconnait cette pratique. Auparavant, le gouvernement niait avoir procédé à de tels tests. Là, les propos de ce général pour expliquer ce qui a été fait montrent bien combien les pratiques de l'armée sont archaïques et patriarcales.
Il nous dit ainsi : 'Nous ne voulions pas qu'elles aillent dire qu'on les a abusées sexuellement ou violées. Alors, nous avons voulu prouver qu'elles n'étaient déjà plus vierges (...) Les filles détenues n'étaient pas comme votre fille ou la mienne. (...) C'étaient des filles qui ont campé dans des tentes avec des manifestants sur la place Tahrir et nous avons trouvé dans les tentes des cocktails Molotov et (de la drogue)'.
Ces propos constituent 'une justification absolument perverse d'un abus'. Aujourd'hui, nous demandons à ce que les responsables de ces tortures physiques et morales soient traduits en justice. Et que l'armée égyptienne donne des instructions très claires à ses forces de sécurité pour dire que ces tests soient interdits." |