Tunisie : le procès Ben Ali aura lieu le 20 juin, mais sans lui

le 14 juin 2011 à 10h41 , mis à jour le 14 juin 2011 à 16h08

Dossier : Transition démocratique en Tunisie

L'ex-président tunisien réfugié en Arabie saoudite et son entourage vont devoir répondre de plus de 90 chefs d'accusation, parmi lesquels homicides volontaires, abus de pouvoir, malversation, trafic de pièces archéologiques ou blanchiment d'argent.

Le procès par contumace de l'ex-président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie saoudite, commencera le 20  juin, a annoncé lundi soir le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi. Ben Ali et son entourage auront à répondre de plus de 90 chefs d'accusation, a précisé le chef du gouvernement tunisien. Il a aussi indiqué que Tunis n'avait jamais reçu de réponse des autorités saoudiennes à sa demande de lui remettre l'ancien président. Après 23 ans de pouvoir sans partage, Zine el Abidine Ben Ali avait fui la Tunisie le 14 janvier pour l'Arabie Saoudite, sous la pression d'un puissant soulèvement populaire.

  • Deuxième procès et deuxième condamnation pour Ben Ali

    Déjà condamné le mois dernier à 35 ans de prison pour détournement de fonds, l'ancien président tunisien, qui était toujours jugé par contumace, a cette fois écopé de 15 ans pour détention d'armes, de stupéfiants et de pièces archéologiques.

    Publié le 04/07/2011 Deuxième procès et deuxième condamnation pour Ben Ali
  • Un deuxième procès express pour Ben Ali ?

    Le procès de l'ancien président tunisien pour la découverte de résine de cannabis et d'armes dans le palais présidentiel de Carthage, après sa fuite en Arabie Saoudite, se tient à Tunis en l'absence de l'accusé. Les avocats se sont retirés pour protester contre le rejet de leur demande de report.

    Publié le 04/07/2011 Un deuxième procès express pour Ben Ali ?
  • Ben Ali jugé pour détention de drogue et d'armes

    L'ancien président tunisien doit être jugé ce lundi par contumace pour la découverte de résine de cannabis, d'armes et de pièces archéologiques dans le palais présidentiel de Carthage après sa fuite en Arabie Saoudite, le 14 janvier. A moins d'un report, jugé peu probable.

    Publié le 04/07/2011 Ben Ali jugé pour détention de drogue et d'armes
  • L'ex-président Ben Ali et son épouse condamnés à 35 ans de prison

    L'ex-président tunisien Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi ont été condamnés lundi par contumace à 35 ans de prison chacun dans un procès où il étaient poursuivis pour détournement de fonds publics.

    Publié le 20/06/2011 L'ex-président Ben Ali et son épouse condamnés à 35 ans de prison
  • Ben Ali affirme avoir été forcé au départ "par la ruse"

    Alors que son procès par contumace a lieu lundi à Tunis, le président tunisien déchu a affirmé via son avocat qu'il n'avait pas "abandonné" son poste ou "pris la fuite".

    Publié le 20/06/2011 Ben Ali affirme avoir été forcé au départ "par la ruse"
  • La Tunisie juge le clan Ben Ali

    La Tunisie rejuge lundi en son absence son président déchu. Ce dernier, depuis son refuge en Arabie saoudite, a contesté vigoureusement les accusations.

    Publié le 20/06/2011 La Tunisie juge le clan Ben Ali
  • L'ex-président tunisien conteste toutes les accusations

    Zine El Abidine Ben Ali, dont le procès va s'ouvrir lundi en son absence, souligne "n'avoir jamais eu en sa possession les sommes d'argent que les autorités affirment avoir découvertes dans son bureau".

    Publié le 19/06/2011 L'ex-président tunisien conteste toutes les accusations
  • Saisie en France de comptes bancaires de proches de Ben Ali

    L'enquête sur les biens détenus en France par l'entourage de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, ouverte fin, janvier a franchi un cap symbolique avec la saisie de 12 comptes appartenant à ses proches.

    Publié le 11/05/2011 Saisie en France de comptes bancaires de proches de Ben Ali
  • La Tunisie signe l'arrêt de mort du parti de Ben Ali

    La justice tunisenne a mis fin mercredi aux activités du RCD, parti de l'ex-président Ben Ali. Le RCD revendiquait plus de deux millions d'adhérents pour 10 millions d'habitants.

    Publié le 09/03/2011 La Tunisie signe l'arrêt de mort du parti de Ben Ali
  • MAM a-t-elle rencontré deux lieutenants de Ben Ali ?

    Un hebdomadaire tunisien affirme lundi que la ministre a rencontré l'ex-ministre tunisien de l'Intérieur et le chef de la garde présidentielle le 27 décembre lors de son passage à Tabarka. Son entourage dément.

    Publié le 21/02/2011 MAM a-t-elle rencontré deux lieutenants de Ben Ali ?
  • Tunis demande l'extradition de la femme de Ben Ali

    La Tunisie a officiellement demandé lundi à l'Arabie Saoudite l'extradition de Leïla Trabelsi, l'épouse du président déchu Ben Ali.

    Publié le 21/02/2011 Tunis demande l'extradition de la femme de Ben Ali
  • MAM et Ben Ali: des contacts "d'Etat à Etat"

    Dans Métro jeudi, la ministre affirme n'avoir eu "aucun contact privilégié" avec Ben Ali avant sa fuite. "Nos entretiens ou nos rencontres bilatérales ont toujours été dans le strict cadre de mes fonctions", explique-t-elle.

    Publié le 16/02/2011 MAM et Ben Ali: des contacts "d'Etat à Etat"
  • Nouvelles polémiques pour MAM : achat de ses parents, coup de fil à Ben Ali

    Les parents de Michèle Alliot-Marie ont acheté les parts d'une société civile immobilière à l'homme d'affaires Aziz Miled pendant les vacances tunisiennes de leur fille, écrit Le Canard enchaîné. Par ailleurs, le site Médiapart révèle un coup de fil de la ministre des Affaires étrangères à Ben Ali.

    Publié le 15/02/2011 Nouvelles polémiques pour MAM : achat de ses parents, coup de fil à Ben Ali
  • Zine El Abidine Ben Ali

    Zine El Abidine Ben Ali arrivé en sauveur au pouvoir, devient rapidement un autocrate impitoyable. Si sous son règne la Tunisie connaît un essor économique, les libertés sont bafouées et il a transformé le pays en état policier.

    Publié le 11/01/2011 Zine El Abidine Ben Ali
Plus d'infos

 

Ben Ali était sorti de son silence pour la première fois le 6 juin dernier, qualifiant de "mascarade", par l'intermédiaire de son avocat français  Jean-Yves Le Borgne, le procès instruit à son encontre à Tunis et les  perquisitions menées dans ses bureaux. C'est la première fois qu'il s'exprimait, même indirectement, depuis qu'il ,avait dû fuir la Tunisie pour l'Arabie saoudite. Un proche de sa famille avait affirmé qu'il avait été victime à la mi-février d'un AVC (accident vasculaire cérébral) qui l'avait plongé dans le coma. Selon lui, "les perquisitions effectuées dans ses bureaux officiels et  personnels ne sont que des mises en scène destinées à le discréditer". 

 

Une famille considérablement enrichie 

 

Ben Ali affirmait également par le biais de son conseil parisien "qu'il ne possède ni biens immobiliers ni avoirs bancaires en France, non plus que dans un autre pays étranger". Le ministère tunisien de la Justice avait annoncé quelques jours plus tôt que le président déchu et son épouse Leïla Trabelsi seraient jugés par contumace "dans les jours ou les semaines à venir" pour deux premières affaires. Un premier dossier porte sur "la découverte d'armes et de drogues dans le palais présidentiel de Carthage", le deuxième sur 27 millions de dollars en liquide découverts en février par la commission tunisienne anticorruption dans un palais de Ben Ali à Sidi Bou Saïd dans la banlieue nord de Tunis, selon un  porte-parole du ministère.

 

Selon le ministère de la Justice, les enquêtes en cours visant le couple  Ben Ali, sa famille et d'anciens ministres et responsables du régime déchu concernent des cas d'homicides volontaires, abus de pouvoir, malversation, trafic de pièces archéologiques, blanchiment d'argent et violation de la réglementation sur les marchés publics. Plusieurs pays européens ont gelé les avoirs de l'ex-président tunisien et ceux de sa famille, qui s'était considérablement enrichie pendant ses 23 ans de pouvoir.

 

Critiques 

 

Un procès sans Ben Ali est une perspective "frustrante" pour des militants des droits de l'homme et de nombreux Tunisiens, certains jugeant que ce ne serait pas "un vrai procès" et d'autres qu'il s'agissait de calmer l'opinion. "Pour moi c'est un non-événement. C'est une fumisterie. On a tout fait pour ne pas lui faire un véritable procès. C'est un effet d'annonce pour manipuler l'opinion", a déclaré à l'AFP le journaliste Taoufik Ben Brik, opposant acharné à M. Ben Ali. Pour lui, les autorités auraient mieux fait de s'en prendre aux membres ou partisans du régime déchu encore en Tunisie. Radhia Nasraoui, militante réputée des droits de l'homme, a pour sa part jugé "frustrant" que M. Ben Ali soit jugé par contumace. Elle aurait préféré que les autorités prennent plus de temps pour obtenir son extradition.

le 14 juin 2011 à 10:41
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