Archives : Julius Malema, le 30/8/2011 © TF1/LCIA seulement trente ans, il est déjà l'une des figures de la politique sud-africaine. Mais pas dans le sens voulu par ceux qui souhaitent un pays définitivement réconcilié entre noirs et blancs. Julius Malema, le leader des jeunes de l'ANC, le parti historique de la lutte contre l'apartheid, fondé par Nelson Mandela et dont est issu l'actuel président Jacob Zuma, se distingue en effet depuis plusieurs mois par ses diatribes racistes contre les blancs. Il les qualifie, entre autres, de "criminels" et propose de les exproprier sans compensation. Les Indiens -3% de la population sud-africaine est d'origine indienne- sont également dans sa ligne de mire.
Investi président, Zuma invoque l'esprit de Mandela
En présence de Nelson Mandela, le nouveau chef de l'Etat sud-africain, Jacob Zuma, a prêté serment samedi, s'engageant à respecter l'esprit de l'icône de la lutte contre l'apartheid.
Publié le 09/05/2009
Portrait - Jacob Zuma
Jacob Zuma, chef du Congrès National africain (ANC), est le quatrième président de la république de l'Afrique du Sud démocratique.
Publié le 07/05/2009
Julius Malema a aussi repris dans ses réunions la chanson historique de la lutte anti-apartheid, "Shoot the Boer" (Tuez le Boer, nom donné aux fermiers blancs). Ce le texte a longtemps été entonné aux meetings et aux funérailles des militants pendant le régime de l'apartheid. Mais il est désormais officiellement interdit par la Cour constitutionnelle. Résultat : en première instance, Julius Malema a été condamné fin septembre pour incitation à la haine. Il a ensuite fait appel.
Marche contre le gouvernement
Si l'ANC souhaite également que Shoot the Boer ne soit pas déclaré anticonstitutionnel, sa direction est en revanche de plus en plus irritée par l'impertinence de Julius Malema. Ce dernier semble prendre il est vrai un malin plaisir à s'inscrire en contre-pied des décisions du parti, quelles qu'elles soient. Sur le plan diplomatique, il soutient ainsi le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, mis au ban de la communauté internationale ou critique l'"impérialisme américain". Récemment, il a fustigé l'intervention de l'Otan en Libye et fait l'éloge de Mouammar Kadhafi.
Volontiers populiste, utilisant la pauvreté comme point central de ses meetings, il n'hésite pas non plus à organiser des manifestations contre la politique économique et sociale du gouvernement, dirigé par l'ANC. Il considère notamment que le pays ne se transforme pas assez vite entre une minorité blanche qui détient, selon lui, les ressources et une majorité noire démunie. La semaine dernière, il a encore été l'initiateur d'une marche controversée vers la Bourse de Johannesburg pour réclamer des emplois et une meilleure répartition des richesses. Preuve que son message passe dans l'opinion, plus de 2.500 personnes ont répondu à son appel. Mais, au sein de l'ANC, ce défilé a été perçu comme une nouvelle provocation au moment même où Julius Malema fait l'objet d'une procédure disciplinaire interne.
Craintes d'incidents
Après de précédentes propositions (nationalisation des mines, des banques...) opposées à la ligne officielle du parti, Julius Malema est en effet jugé pour "avoir porté atteinte à la réputation de l'ANC" et pour y "avoir semé la division". Les auditions, qui ont débuté cet été, doivent se terminer ce jeudi. Julius Malema a notamment reçu le soutien de Winnie Madikizela-Mandela, l'ex-femme de Nelson Mandela. "Nous avons fait de grands pas en avant mais il y a encore tant à faire et la jeunesse doit avoir le droit de s'exprimer", a-t-elle lancé.
Quoi qu'il en soit, Julius Malema, dont les liens se sont distendus avec Jacob Zuma, risque jusqu'à l'exclusion du parti. Si c'était le cas, ses partisans pourraient laisser éclater leur colère. Lors des premières audiences, de violents incidents ont déjà eu lieu dans le centre d'affaires de Johannesburg, où se tenaient les réunions. Pour éviter de nouveaux heurts entre police et pro-Malema, elles ont été délocalisées au stade de Soccer City, qui a accueilli la finale de la Coupe du monde de football 2010. Pas sûr que cela suffise pour éviter de nouveaux débordements si le tribun est exclu de l'ANC.
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