Afrique du Sud : Julius Malema, l'homme qui fait trembler l'ANC

Par , le 02 novembre 2011 à 16h45 , mis à jour le 03 novembre 2011 à 12h22

Le leader des jeunes du Congrès national africain, au pouvoir, est poursuivi devant la Commission de discipline du parti, à qui il reproche de ne pas accélérer le transfert des richesses. Il s'est notamment distingué par des propos racistes anti-blancs.

Archives : Julius Malema, le 30/8/2011Archives : Julius Malema, le 30/8/2011 © TF1/LCI

A seulement trente ans, il  est déjà l'une des figures de la politique sud-africaine. Mais pas dans le sens voulu par ceux qui souhaitent un pays définitivement réconcilié entre noirs et blancs. Julius Malema, le leader des jeunes de l'ANC, le parti historique de la lutte contre l'apartheid, fondé par Nelson Mandela et dont est issu l'actuel président Jacob Zuma, se distingue en effet depuis plusieurs mois par ses diatribes racistes contre les blancs.  Il les qualifie, entre autres, de "criminels" et propose de les exproprier sans compensation. Les Indiens -3% de la population sud-africaine est d'origine indienne- sont également dans sa ligne de mire.

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Julius Malema a aussi repris dans ses réunions la chanson historique de la lutte anti-apartheid, "Shoot the Boer" (Tuez le Boer, nom donné aux fermiers blancs). Ce le texte a longtemps été entonné aux meetings et aux funérailles des militants pendant le régime de l'apartheid. Mais il est désormais officiellement interdit par la Cour constitutionnelle. Résultat : en première instance, Julius Malema a été condamné fin septembre pour incitation à la haine. Il a ensuite fait appel.

Marche contre le gouvernement

Si l'ANC souhaite également que Shoot the Boer ne soit pas déclaré anticonstitutionnel, sa direction est en revanche de plus en plus irritée par l'impertinence de Julius Malema. Ce dernier semble prendre il est vrai un malin plaisir à s'inscrire en contre-pied des décisions du parti, quelles qu'elles soient. Sur le plan diplomatique, il soutient ainsi le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, mis au ban de la communauté internationale ou critique l'"impérialisme américain". Récemment, il a fustigé l'intervention de l'Otan en Libye et fait l'éloge de Mouammar Kadhafi.

Volontiers populiste, utilisant la pauvreté comme point central de ses meetings, il n'hésite pas non plus à organiser des manifestations contre la politique économique et sociale du gouvernement, dirigé par l'ANC. Il considère notamment que le pays ne se transforme pas assez vite entre une minorité blanche qui détient, selon lui, les ressources et une majorité noire démunie. La semaine dernière, il a encore été l'initiateur d'une marche controversée vers la Bourse de Johannesburg pour réclamer des emplois et une meilleure répartition des richesses. Preuve que son message passe dans l'opinion, plus de 2.500 personnes ont répondu à son appel. Mais, au sein de l'ANC, ce défilé a été perçu comme une nouvelle provocation au moment même où Julius Malema fait l'objet d'une procédure disciplinaire interne.

Craintes d'incidents
 
Après de précédentes propositions (nationalisation des mines, des banques...) opposées à la ligne officielle du parti, Julius Malema est en effet jugé pour "avoir porté atteinte à la réputation de l'ANC" et pour y "avoir semé la division". Les auditions, qui ont débuté cet été, doivent se terminer ce jeudi.  Julius Malema a notamment reçu le soutien de Winnie Madikizela-Mandela, l'ex-femme de Nelson Mandela. "Nous avons fait de grands pas en avant mais il y a encore tant à faire et la jeunesse doit avoir le droit de s'exprimer", a-t-elle lancé.
 
Quoi qu'il en soit, Julius Malema, dont les liens se sont distendus avec Jacob Zuma, risque jusqu'à l'exclusion du parti. Si c'était le cas, ses partisans pourraient laisser éclater leur colère.  Lors des premières audiences, de violents incidents ont déjà eu lieu dans le centre d'affaires de Johannesburg, où se tenaient les réunions. Pour éviter de nouveaux heurts entre police et pro-Malema, elles ont été délocalisées au stade de Soccer City, qui a accueilli  la finale de la Coupe du monde de football 2010. Pas sûr que cela suffise pour éviter de nouveaux débordements si le tribun est exclu de l'ANC.

Par Fabrice Aubert le 02 novembre 2011 à 16:45
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7 Commentaires

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  • dameiris, le 04/11/2011 à 17h19

    Dire "les Africains", c'est comme dire "les Européens", "les Américains". Il y a eu tant de peuples et de civilisations différentes en Afrique... Des Empires, des cités-Etats, des peuples nomades... Votre commentaire n'a aucun sens.

  • speedo974, le 03/11/2011 à 20h33

    Vous croyez que c'était mieux pour le petit peuple de France pendant des siecles ? revoyez l'histoire.

  • thierrymugler77, le 03/11/2011 à 16h36

    Ce sont bien eux en tout cas

  • cat21700, le 03/11/2011 à 16h32

    N'oublions ce que les africains ont subi pendant des siècles.

  • 61clementine, le 03/11/2011 à 16h04

    Encore un sacré personnage !!!

  • provence023, le 03/11/2011 à 11h13

    Qui sont les plus racistes.......?

  • romgas9, le 03/11/2011 à 10h24

    Nelson, relève-toi avant qu'ils ne deviennent fous.

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