Enfants attendant une distribution de nourriture dans le camp de réfugiés de Dadaab, Kenya, 4 août 2011 © Abacapress.com
Sécheresse dans la Corne de l'Afrique : appel aux dons
La sécheresse dans la Corne de l'Afrique provoque une situation catastrophique qui exige une aide internationale massive et urgente. Voici les associations qui appellent aux dons.
Publié le 25/07/2011
La Somalie en pleine famine otage des shebab
Ces rebelles islamistes affiliés à Al-Qaïda, qui contrôlent la majeure partie du sud et du centre du pays, s'opposent au travail des humanitaires qui s'efforcent de venir en aide à une population somalienne dont plus de la moitié est directement menacée par la famine. Les ONG doivent louvoyer.
Publié le 22/07/2011
Corne de l'Afrique : mobilisation à Rome, déception des ONG
Les pays membres de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont remis à mercredi les questions du montant et de l'utilisation des aides des différents contributeurs pour faire face à la très grave famine dans cette région. Les ONG critiquent l'absence de décisions concrètes.
Publié le 25/07/2011
Corne de l'Afrique : où en est-on ?
La famine dans la Corne de l'Afrique a déjà fait des milliers de morts et menace 12 millions de personnes. Un pont humanitaire sera lancé dans les prochains jours entre Nairobi et Mogadiscio, dans l'attente d'une aide internationale plus concrète.
Publié le 26/07/2011
Corne de l'Afrique : l'appel à l'aide des humanitaires
L'argent manque, le pont aérien prévu pour venir en aide à la population a été reporté ; sur place, les ravages de la famine sont de plus en plus criants.
Publié le 27/07/2011
Famine dans la Corne de l'Afrique : le point sur les promesses de dons
Face à la crise humanitaire qui sévit dans la corne de l'Afrique, les Etats européens se mobilisent et promettent 50 millions d'euros, dont 10 promis par la France. La Banque mondiale, elle, promet de débloquer 500 millions de dollars. Malgré tout, ces montants demeurent insuffisants au regard des besoins.
Publié le 28/07/2011
Sécheresse dans la Corne de l'Afrique : dramatiques histoires
12 millions de personnes sont frappées par une gravissime sécheresse en Afrique de l'Est, selon les Nations unies. Des milliers de parents et leurs enfants ont subi des jours de marche périlleuse pour chercher de l'eau et de la nourriture avant de connaitre l'incertitude de la vie dans les camps.
Publié le 02/08/2011
Corne de l'Afrique : ces "oubliés" de la sécheresse
Près de dix millions de personnes sont menacées par la famine dans la corne de l'Afrique, en particulier au Kenya. C'est le cri d'alarme d'Action contre la faim, qui réclame des mesures d'urgence. Il s'agirait de la crise alimentaire la plus grave du monde.
Publié le 16/07/2011
Andrej Slavukij, directeur médical adjoint pour MSF Genève : C'est d'abord la sécheresse, puis la situation en Somalie qui ont poussé les gens à fuir vers les camps au Kenya. Chaque jour, on voit entre 500 et 600 personnes arriver au camp de Dagahaley, l'un des trois camps qui compose Dadaad, où travaille MSF Genève.
TF1 News : MSF l'une des rares ONG présentes dans la région. Quel est votre rôle auprès des populations ?
A.S. : Nous sommes présents dans le centre de réception avec une équipe médicale chargée du dépistage nutritionnel. Nous aidons aussi les populations à lutter contre la rougeole, qui est apparue dans les camps. Le ministère de la Santé a lancé une campagne pour les enfants moins de 5 ans. Mais ils ne représentent que 30% des cas. Il faudrait au moins lever ce seuil de vaccination à 29 ans. Nous avons négocié avec le gouvernement pour vacciner à l'entrée des camps toutes les personnes qui arrivent de Somalie. D'autres maladies épidémiques sévissent aussi dans la région, comme le choléra et la dengue. Il faut être très prudent.
| "La situation s'aggrave quand les familles arrivent dans les camps" |
TF1 News : Que vous ont dit les populations que vous avez rencontrées ?
A.S. : Les personnes qui viennent de Somalie sont épuisées. Beaucoup de familles ont passé des jours, voire des semaines, sur la route. Certaines ont été attaquées par des bandits, d'autres ont dû échapper à des animaux. Et on a l'impression que leur situation s'aggrave quand ils arrivent dans les camps en raison du manque de nourriture. Quand je me suis promené dans le camp, j'ai voulu voir comment vivaient les familles. Et j'ai été étonné car il y avait très peu ou pratiquement pas de nourriture. C'est un peu difficile de communiquer avec elle. Mais elles m'ont montré les plats vides. On voit qu'il n'y a pas grand-chose à manger.
TF1 News : Comment expliquez-vous que les familles manquent de nourriture dans les camps ?
A.S. : Quand elles arrivent dans les camps, le Programme alimentaire mondial (PAM) leur donne une première ration de nourriture pour trois semaines. Le PAM leur dit qu'elles peuvent revenir chercher de la nourriture une fois la ration terminée. Mais, apparemment, l'information ne passe pas. A mon avis, les gens ne comprennent pas qu'ils peuvent venir chercher leur nourriture. Je ne peux l'expliquer que comme ça. En attendant que ces problèmes « techniques » soient réglés, MSF a lancé le programme de protection nutritionnel familial. Chaque enfant que nous soignons reçoit une ration pour toute sa famille. Nous avons commandé 10.000 rations supplémentaires, avec du riz, des haricots, des lentilles, des céréales et du sucre, qui devraient être livrées à la fin de la semaine prochaine. MSF a pris la décision d'injecter plus de nourriture pas le biais de ce programme de protection familiale.
| "Pour résoudre la crise, il faut faire quelque chose en Somalie" |
TF1 News : Le camp de réfugiés de Dadaad, qui regroupe trois camps (Ifo, Hagadera et Dagahaley), est le plus important au monde. MSF a demandé l'ouverture d'une nouvelle section pour accueillir les réfugiés somaliens. Pourquoi ?
A.S. : ll faut bien comprendre que le camp le plus ancien, celui de Dagahaley, est déjà surpeuplé avec 125.000 habitants. Officiellement, on compte 20.000 nouveaux arrivants depuis le début de la crise. Mais le chiffre final est sans doute plus élevé. Les nouveaux arrivants étendent la ceinture du camp. Le camp Ifo 2 est prêt depuis des années. Mais aucun accord n'a été trouvé avec le gouvernement et il n'est pas opérationnel. En urgence, le camp Ifo 3 a été ouvert. Et plus de 1.000 familles s'y sont installées.
TF1 News : En janvier dernier, Mohamed Abdullahi Mohamed, le Premier ministre somalien de l'époque avait déjà tiré la sonnette d'alarme devant le Conseil de sécurité de l'Onu, estimant que 2,5 millions de Somaliens étaient menacés en raison de la sécheresse. « Si nous ne leur apportons pas un soutien immédiat, il y aura pour sûr une situation catastrophique », avait-il déclaré. Comment expliquez-vous que la communauté internationale réagisse seulement maintenant ?
A.S. : C'est évident qu'au niveau de l'état de santé des gens, cette situation traîne depuis longtemps. Ce n'est pas acceptable. Je ne vais pas donner de recette aux politiciens. C'est juste lamentable que la population soit dans cet état de santé. Nous, médecins, nous faisons le maximum d'efforts pour prévenir la mortalité, très élevée, et les épidémies qui s'installent dans ces camps. Et ça, c'est peut-être le résultat des situations en cours. Pour résoudre la crise des réfugiés au Kenya et en Ethiopie, il faut faire quelque chose en Somalie. Car c'est là où il y a le plus de malheur. Il faut donner plus d'aide à la Somalie. Pour l'instant, c'est toujours très peu et ça ne résout pas le problème.
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