Algérie: la révolte écrasée

le 12 février 2011 à 14h19 , mis à jour le 12 février 2011 à 22h31

Un important dispositif des forces de l'ordre a brisé samedi les espoirs de changement des quelque 2 000 personnes réunies dans plusieurs villes algériennes. La police a procédé à des interpellations musclées, environ 300 selon la ligue des droits de l'homme locale.

Un manifestant à Alger, le 12 février 2011. Un manifestant à Alger, le 12 février 2011. © LCI

L'Algérie sera-t-elle gagnée par la contagion égyptienne, elle-même inspirée par la révolution tunisienne ? Ceux qui aspirent au changement dans ce pays veulent le croire. Le pouvoir, lui, s'emploie à briser cet espoir.
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2000 personnes bloquées par la police

Les quelque 2 000 personnes qui tentaient  de marcher samedi matin à Alger ont été bloquées très rapidement par un très important dispositif des forces de l'ordre. Des échauffourées entre ces manifestants -250 selon le ministère de l'Intérieur, environ 2 000 selon les journalistes sur place - et les forces de l'ordre ont éclaté bien avant le début de la marche prévue à 11h (10h GMT) à partir de la Place de la Concorde (plus connue sous son ancien nom de Place du 1er mai) puis se sont progressivement calmées. Les autorités avaient pris des mesures draconiennes avec près de 30 000  policiers déployés dans la capitale sur le parcours des marcheurs, prévu initialement de la Place du 1er mai jusqu'à la Place des Martyrs, distante d'environ 4 km. Les marches sont interdites à Alger, officiellement pour "des raisons d'ordre public", depuis le 14 juin 2001, où un défilé en faveur de la Kabylie avait tourné à l'émeute faisant huit morts et des centaines de blessés.

"Système, dégage"
 
Les manifestants, qui défilaient à l'appel de l'opposition pour "changer le système" lançaient des slogans tels que "Algérie Libre" en arabe, "Le régime dehors!", "Système, dégage!". Parmi eux figuraient des responsables de la vie politique et de la société civile mais aussi le co-fondateur du Front islamique du salut (FIS) Ali Belhadj. Face à eux, une vingtaine de jeunes contre-manifestants criaient leur soutien au président algérien: Abdelaziz "Bouteflika n'est pas Moubarak", en référence à la chute la veille du président égyptien Hosni Moubarak

300 interpellations 
 
Plus de 300 personnes ont été interpellées lors des manifestations dans plusieurs villes d'Algérie, a indiqué samedi après-midi la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH). Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que 14 personnes avaient été brièvement interpellées puis relâchées. A Alger, un député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD),  Othmane Maazouz, a été brièvement retenu ainsi que Fodil Boumala, co-fondateur de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD, formée de représentants des partis politiques, de la société civile et des syndicats autonomes) qui avait appelé à la manifestation, dès sa création le 21 janvier. Le président du RCD, Said Sadi, présent dans la manifestation, s'est indigné que "le doyen de la Ligue de défense des droits de l'homme algérien, Ali Yahia Abdelnour, âgé de 90 ans, ait été malmené" par les forces de l'ordre.  
 
Rassemblement de courte durée à Oran
 
A Oran, grande ville de l'ouest algérien où une manifestation avait aussi été interdite par les autorités selon l'opposition -ce que dément le ministère de l'Intérieur samedi-, un rassemblement de 400 personnes Place du 1er novembre (ancienne Place des Armes) a été de courte durée et s'est achevé par une trentaine d'arrestations. Le chef local de la CNCD, le professeur d'université Kadour Chouicha et son fils, et deux journalistes, Djaafar Bensaleh du quotidien arabophone El-Khabar et Kamel Daoud du Quotidien d'Oran, ont été brièvement interpellés, selon des témoins. De même que deux artistes mimes, entièrement peints en blanc, une croix rouge sur les lèvres. Une contre-manifestation d'une soixantaine de membres des partis de l'Alliance au pouvoir, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), a ensuite occupé tranquillement les lieux pendant une courte durée. Les premiers manifestants se sont, eux, dirigés dans le calme vers la cathédrale d'Oran toute proche.

Pneus brûlés à Tizi Ozou
  
Devant la gare centrale de Tizi Ouzou, la principale ville de Kabylie, une poignée de jeunes gens ont brûlé des pneus. La presse pro-gouvernementale avait insisté samedi matin sur le boycottage de cette marche de l'opposition par de nombreuses organisations et partis politiques non membres de l'alliance au pouvoir.
 

le 12 février 2011 à 14:19
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54 Commentaires

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  • ang7el, le 13/02/2011 à 19h38

    Au moins ils ont mieux joué que vos petits français ;) !

  • elman76, le 13/02/2011 à 17h57

    Ceux qui manifestent en France pour le soutien n'ont qu'à les rejoindre pour les aider, cela nous fera des vacances. A moins qu'ils craignent la réaction de la police locale. Et là, ils ne crieront pas à la bavure.

  • gzogzog, le 13/02/2011 à 17h35

    Il n'y a pas à se vanter en quoi que ce soit d'avoir coupé la tête de LOUIS XVI, que tous les historiens un peu sérieux considèrent comme un excellent monarque, simple et bon (et non les historiens français en général, trop souvent aveuglés par la haine et préoccupés par le maintien de leur gagne pain s'ils sont les mercenaires de l'"Université" républicaine.... D'autre part, le roi était riche, car l'une de ses fonctions majeures était de tout répartir. Lorsque LOUIS XVI régnait, il y avait un très petit nombre (moins de 15 !) prisonniers à La Bastille (qu'il vouliat supprimer comme trop coûteuse). Or, par suite d'une évolution incohérente jusqu'à l'absurde, la révolution, qui s'est terminée par l'empire, comme vous le savez peut-être, a fait "embastiller", voire TUER les français non par dizaines, mais par MILLIONS !!!

  • a1n2n2e3, le 13/02/2011 à 17h28

    Beaucoup parlent sans savoir : je connais l'Algérie d'aujourd'hui et je voudrais bien en voir certains ( es ) sur ce site aller y vivre !!!

  • francaisdeparis, le 13/02/2011 à 16h58

    Alors là, non ! L'armée française n'a jamais été battue en Algérie. Les grandes katibas ont été anéanties, écrsées par la Légion et les Gardes Mobiles, sur la fin on n'en trouvait même plus. C'est uniquement De Gaulle qui a préféré lâcher l'Algéirie, qui nous apportait plus de problèmes que de bienfaits. Mais d'accord là-dessus, chacun chez soi. Y compris vous-même.

  • francaisdeparis, le 13/02/2011 à 16h46

    Tout à fait d'accord. C'est oublier également les grandes katibas de l'époque, matées grâce à la Légion et aux Gardes Mpbiles. Et, contrairement aux petits m...x, j'y étais également (même si j'étais jeune à l'époque). Et il y a eu des horreurs comises, dans le camp des fallaghas.

  • guppy62, le 13/02/2011 à 16h46

    L' Algérie , beaucoup en parlent sans en connaître la véritable histoire. Il faut y être né et y avoir vécu ce qui était convenu d'appeler " les évènements ".....tout comme ces soldats qui y ont passé les plus belles années de leur jeunesse et ont vu leurs camarades tués au combat . Vous avez raison Bebert , les médias de l'époque ne relataient que ce qu'ils souhaitaient ( ou ce que la censure leur imposait ! ) Quant aux communistes, ils menaient une propagande très active à laquelle les "barbouzes " venaient y ajouter leurs exactions participant ainsi à la confusion de ces "évènements "...oui il y en aurait à dire ou à écrire......mais de grâce , lorsque certains commentent cette période qu'ils le fassent en bonne connaissance du sujet !

  • adamastor1947, le 13/02/2011 à 13h13

    M. Moubarak n'a pas pris la fuite. Ne fantasmez pas!

  • dwdy777, le 13/02/2011 à 12h25

    Et dire qu'on a sonné les oreilles avec les One, two, three, Viva l'Algérie pendant tout l'été mdrrrrr !!!

  • cairndu25, le 13/02/2011 à 09h10

    Honte à vos frères ? je ne tiens pas le même raisonnement. Vos freres se battent dans leur pays pour avoir une vie meilleure , alors que d'autres, preferent vivre en France ,délaissant leur patrie.

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