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Aux mains des islamistes, Tombouctou déclaré en péril par l'Unesco


le 28 juin 2012 à 15h56 , mis à jour le 28 juin 2012 à 16h17.
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grande mosquée Djingarey Ber de Tombouctou

Des pèlerins devant la grande mosquée Djingarey Ber de Tombouctou. / Crédits : AFP/ISSOUF SANOGO

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AfriqueL'Unesco a placé jeudi cette ville mythique du nord du Mali, aux mains des islamistes depuis la fin mars, sur la liste du patrimoine mondial en péril, alertant la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur son héritage culturel.

Il faut sauver Tombouctou. L'Unesco a placé jeudi cette ville mythique du nord du Mali, aux mains des islamistes depuis la fin mars, sur la liste du patrimoine mondial en péril, alertant la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur son héritage culturel.
 
Le Comité du patrimoine mondial, réuni à Saint-Pétersbourg, "a accepté la demande formulée par le gouvernement du Mali d'inscrire Tombouctou, ainsi que le Tombeau des Askia (situé à Gao, autre ville du nord malien tenue par des islamistes) sur la Liste du patrimoine mondial en péril", a indiqué l'Unesco dans un communiqué. Il s'agit de lancer une alerte sur ces "sites menacés par le conflit armé qui affecte la région", a ajouté le Comité du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, réuni à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie) jusqu'au 6 juillet. L'organisation demande à l'Union africaine et à la communauté internationale de faire "tout leur possible pour aider à protéger Tombouctou et le Tombeau des Askia". En outre, le comité demande aux voisins du Mali de "mettre tout en oeuvre pour prévenir le trafic d'objets culturels en provenance de ces sites", notamment des manuscrits anciens, susceptibles d'être "pillés", selon le communiqué.

Tombouctou, "perle du désert"
 
Depuis fin mars, les villes et régions administratives du nord du Mali -Tombouctou, Kidal et Gao- sont tombées aux mains de groupes armés islamistes, un bouleversement précipité par un coup d'Etat qui, le 22 mars, a renversé le président Amadou Toumani Touré. Les autorités de transition mises en place à Bamako après le retrait des putschistes du pouvoir le 6 avril paraissent impuissantes à rétablir leur autorité sur le nord du pays. Les islamistes, qui veulent imposer le charia (loi islamique) dans tout le Mali, et affrontent la rébellion touareg (laïque), ont déjà détruit plusieurs monuments et profané un mausolée à Tombouctou, suscitant les protestations de l'Unesco.
 
Située à la lisière du Sahara à un millier de km au nord de Bamako, Tombouctou, ville de 30.000 habitants surnommée "la cité des 333 saints" ou "la perle du désert", est inscrite au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988. Fondée entre le XIe et le XIIe siècle, selon les documents, par des tribus touareg, la ville a été un grand centre intellectuel de l'islam et une ancienne cité marchande prospère des caravanes. Ses trois grandes mosquées, mais surtout des dizaines de milliers de manuscrits -dont certains datent de l'ère pré-islamique- témoignent de cette splendeur passée et de son âge d'or au XVIe siècle. Autre monument en péril, le Tombeau des Askia, un site édifié en 1495 dans la région de Gao, qui comprend notamment un tombeau pyramidal et une mosquée, est inscrit au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 2004.

Les Boudhas de Bamiyan détruits
 
La Liste du patrimoine mondial en péril comptait à ce jour 34 sites, dont les vestiges de la vallée de Bamiyan en Afghanistan où les talibans avaient détruit à l'explosif en 2001 des statues de Bouddha. A noter qu'en l'occurrence, l'organisation internationale s'était montrée à l'époque impuissante pour empêcher la destruction du site afghan... Quoiqu'il en soit, sont inscrits sur cette liste des sites figurant sur la liste du Patrimoine mondial, mais sur lesquels l'Unesco compte lancer une alerte.

Certains de ces sites sont sitiés en Europe : le port marchand de Liverpool (Grande Bretagne) y a été ajouté mardi en raison d'un vaste projet d'aménagement. La ville de Saint-Pétersbourg, l'ex-capitale impériale russe, hôte du comité cette année, avait elle-même été menacée d'y être inscrite en 2010 en raison d'un projet de construction de gratte-ciel en plein centre historique, abandonné depuis.

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