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Centrafrique : le témoignage d'un Français bloqué à Bangui

Diane Heurtaut, journaliste chef de desk à MYTF1News par
le 10 décembre 2013 à 16h28 , mis à jour le 10 décembre 2013 à 16h54.
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3min
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AfriqueArrivé il y a un mois en Centrafrique pour son travail, Gérard Maure a été transféré ce mardi à l'hôtel Ledger où les médias sont descendus et une dizaine d'étrangers sont bloqués, dans l'attente d'un avion vers l'étranger. Joint par téléphone, il raconte à MYTF1News.

Seule compagnie régulière à desservir Bangui depuis Paris, Air France a suspendu son "vol hebdomadaire de mardi pour une durée indéterminée", tandis que 1.600 soldats français tentent de désarmer les milices. L'armée française a subi ses premières pertes, avec la mort de deux jeunes soldats âgés de 22 et 23 ans. S'il reste peu d'expatriés sur place - la plupart ayant quitté le pays depuis le mois de mars, quand la coalition rebelle à dominante musulmane a pris le pouvoir par les armes -, ceux qui s'y trouvent toujours y sont bloqués. Parmi eux, Gérard Maure, consultant de 35 ans arrivé en Centrafrique il y a un mois. Depuis mardi, il a été transféré à l'hôtel Ledger où demeurent les correspondants de presse et encore une petite dizaine d'étrangers.
 
MYTF1News : Comment la situation a-t-elle évolué depuis votre arrivée en Centrafrique ? Quelle est l'ambiance sur place ?
Gérard Maure : Je suis arrivé à Bangui il y a un mois pour une mission de conseil en stratégie. Deux semaines après notre arrivée, il y a eu quelques manifestations, on a senti alors que la situation se tendait. L'entreprise nous a interdit de sortir dans la rue. Et mercredi soir, juste après l'annonce de l'intervention française, on a entendu des coups de feu. Je pensais que c'était un orage comme c'est la fin de la saison des pluies. Mais c'étaient des coups de mortiers. Le lendemain, tous les magasins ont fermé dans la ville, personne n'avait fait de stocks, les problèmes d'approvisionnement ont commencé. Le personnel de mon hôtel, où il restait quelques étrangers, a fini par trouver un poulet pour nous nourrir. Depuis, les expatriés et étrangers sont bloqués chez eux ou dans les hôtels. Et on ne peut plus travailler. Nous recevons les consignes de l'ambassade par SMS comme celui-ci que je viens d'avoir : "Incidents répétés en ville. Éviter tout déplacement". Dans l'hôtel où j'ai été transféré ce (mardi) matin, seuls les journalistes sortent, avec des gilets pare-balle.

MYTF1News : Les étrangers sont-ils inquiets ?
G.M. : Pas forcément inquiets -nous sommes à l'abri à l'hôtel- mais tout le monde cherche à partir. En plus des vols annulés, le bruit court que les miliciens de la Sékéla ont fait des barrages sur la route qui mène à l'aéroport (à plus de 5 km de là, ndlr). Ils auraient pu exfiltrer les Français avant de lancer l'opération. On pourrait rentrer avec François Hollande qui vient ce (mardi) soir... J'ai parlé avec des expatriés à l'hôtel, ils se sentent un peu abandonnés par la France. Ils me disent qu'ils s'étaient déjà sentis seuls après la crise de mars et cette fois encore. On reçoit des SMS, mais c'est tout.

MYTF1News : Les Français sont-ils vraiment vus comme les libérateurs ?
G.M. : Je pensais qu'on envenimerait peut-être la situation, mais pas du tout, les Centrafricains se sentaient délaissés depuis mars. Ils voient les Français comme des sauveurs, des libérateurs. En revanche, le désarmement sème la panique partout. Car les gens ont peur d'être sans armes face aux milices.


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