© AFPMoubarak ou le "chaos" <b> Analyse -</b> Jean-Noël Ferrié, directeur de recherches au CNRS sur l'Egypte, explique que le président Hosni Moubarak, soutenu par l'armée, maître de la situation, n'ira pas plus loin que les avancées déjà annoncées. Découvrez les premières images de la grande manifestation de ce vendredi, baptisée "Vendredi du départ". Les envoyés spéciaux des médias français sont devenus des cibles en Egypte, victimes de violences, voire de "lynchages", de la part des partisans du président Moubarak qui les accusent de déstabiliser le régime. Une équipe de trois journalistes de TF1 a notamment été arrêtée jeudi. Le point. La révolte populaire réclamant le départ du président Hosni Moubarak depuis dix jours a viré à l'affrontement armé place Tahrir, coeur de la contestation au Caire, où le bilan des heurts entre partisans et contestataires s'élevait jeudi à au moins cinq morts. Les conditions de travail de la presse étrangère sont extrement difficiles au Caire. Des journalistes ont été battus et une équipe de TF1 a été arrêtée. La suite de l'histoire en Egypte s'écrira sans aucun doute avec les Frères Musulmans. Ce mouvement islamiste est incontournable dans la société égyptienne et compte bien peser dans l'après-Moubarak après des décennies de répression. Envoyé spécial de TF1/LCI, Benoît Christal fait le point sur la situation au Caire à la veille d'une journée peut-être décisive avec des appels à manifester dans tout le pays. L'UNESCO s'inquiète tout particulièrement de la dégradation des trésors archéologiques égyptiens. Les pillages dans les musées mettent en danger le patrimoine exceptionnel de ce pays. Face à cette contagion, un pays se sent isolé. C'est Israël. Christophe Pallée, envoyé spécial de TF1 à Jérusalem analyse la situation. Partie de Tunisie, l'onde de choc n'en finit pas de se propager. La chute du président Ben Ali a fait renaître l'espoir dans une région dominée par les régimes autoritaires. Analyse de cette révolte contagieuse avec Patricia Allémonière. En Algérie, des émeutes contre la vie chère ont déjà eu lieu début janvier. Face à une situation explosive, le président Bouteflika a tenté de calmer les esprits en annonçant la levée prochaine de l'état d'urgence en vigueur depuis 19 ans. La Jordanie suit de très près les évènements égyptiens. La population victime de la vie chère et de la corruption a déjà obtenu la tête du Premier ministre. Reportage. A Washington, la gêne est perceptible depuis le début de cette crise. L'Egypte est un allié stratégique des Etats-Unis dans la région. Le point sur avec Gilles Bouleau, correspondant de TF1. Les Egyptiennes sont nombreuses à s'impliquer dans cette révolution. Pour elles, cela représente un vent de liberté alors que la société connaît un retour à une rigidité religieuse. Quel homme pourrait incarner l'avenir ? Parmi les favoris : Amar Moussa, secrétaire général de la ligue arabe. TF1 a rencontré celui qui fut ministre des Affaires étrangères de Moubarak il y a 10 ans avant d'être écarté en raison de sa popularité. Patricia Allemonière, chef du service Etranger de la rédaction de TF1 analyse la situation en Egypte. Le pays peut-il sortir de l'impasse ? Le retour de tous les touristes français devrait être achevé vendredi. Les tours opérateurs ont accéléré leur rapatriement. Cette semaine, les grandes entreprises ont fait de même. Jean-Félix Paganon, Ambassadeur de France au Caire, apporte des précisions sur la situation des ressortissants Français sur place. Les affrontements ont encore été violents jeudi entre opposants et partisans de Moubarak. Le dernier bilan est de 13 morts et plus de 1 200 blessés. L'armée tente de s'interposer dans une ville devenue dangereuse pour les journalistes. Récit.
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Une situation chaotique au Caire

Le président lui-même a affirmé, dans une interview à la chaîne américaine ABC, qu'il aimerait démissionner mais a exprimé sa crainte que "le pays ne sombre dans le chaos". Il a aussi assuré ne pas vouloir voir "les Egyptiens se battre entre eux". Lire notre article.
Heurts place Tahrir, l'armée intervient
Epicentre de la contestation, la place Tahrir, au centre du Caire, s'est de nouveau transformée jeudi en champ de bataille à l'initiative de partisans d'Hosni Moubarak qui ont attaqué les opposants. Les heurts, plus ou moins intenses, ont eu lieu toute la journée de manière sporadique. L'armée, après être restée très discrète mercredi, est cette fois intervenue à plusieurs reprises, souvent pour protéger les opposants. Jeudi soir, un calme tendu y prévalait. Le reste du Caire est en revanche resté plutôt calme, tout comme l'ensemble du pays.
Bilan difficile
Selon le bilan officiel, il y aurait eu au moins 13 morts et plus de 800 blessés depuis mercredi. Le ministre égyptien de la Santé précise que "la plupart des victimes ont été les cibles de jets de pierres et d'agressions à coups de barres de fer et de bâtons". Selon plusieurs témoins, un étranger aurait également été battu à mort sur la place Tahrir.
Chasse aux journalistes
Encore plus que mercredi, les partisans du régime s'en sont pris aux journalistes étrangers. Ceux-ci sont souvent arrêtés et molestés, voire pourchassés dans leurs hôtels. Une équipe de TF1/LCI a notamment été interpellée dans la matinée. Jeudi soir, on était toujours sans nouvelle des trois journalistes. Les Etats-Unis dénoncent une "campagne concertée" et la France appelle l'Egypte à garantir la sécurité des journalistes. Cette chasse concerne également les associations de défense des droits de l'homme. Un employé français d'Amnesty a ainsi été arrêté. Une répression "scandaleuse et totalement inacceptable", a réagi le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon.
Le pouvoir lâche un (tout petit) peu de lest...
Les violences entre partisans et opposants à Hosni Moubarak vont faire l'objet d'une enquête, a annoncé le Premier ministre Ahmad Chafic, qui s'est excusé pour les violences des deux derniers jours. Il a ajouté ne pas avoir assez de policiers pour assurer la sécurité dans le pays sans avoir recours à l'armée. Omar Souleimane, le nouveau vice-président, a aussi confirmé que ni Hosni Moubarak ni son fils Gamal, longtemps considéré comme le dauphin mais détesté par la population, ne seront candidats à la présidentielle de septembre prochain. Il a opposé une fin de non-recevoir aux manifestants. Pour lui, les appels au départ d'Hosni Moubarak sont "un appel au chaos" et exhorté les manifestants à quitter la place Tahrir.
Offre de dialogue aux Frères musulmans, qui la rejettent
Le régime égyptien a annoncé vouloir associer les Frères musulmans, ses ennemis de toujours, à un dialogue avec l'opposition, mais ces derniers ont immédiatement rejeté l'offre. "Nous les avons contactés, ils ont été invités. Ils hésitent", a déclaré le vice-président Omar Souleimane à la télévision, en référence à la principale force d'opposition du pays, officiellement interdite mais en fait tolérée. "Je dis qu'ils hésitent, ils ne refusent pas et il est de leur intérêt de (participer au) dialogue, qui est une occasion précieuse pour eux", a-t-il ajouté. La confrérie islamiste a répondu qu'elle "refusait catégoriquement" cette proposition, ne jugeant pas utile de parler avec un "régime illégitime". M. Souleimane a employé un ton plus dur à l'égard des Frères musulmans, qu'il a cités comme de possibles responsables d'un "complot" à l'origine des violences.
Vendredi de tous les dangers
A l'instar de mardi, l'opposition appelle à une nouvelle grande manifestation populaire ce vendredi, jour de prière hebdomadaire. Elle espère rassembler encore plus de monde, soit au moins un million de personnes, lors de l'événement, baptisé "Vendredi du départ". Etant donné la situation, les risques de heurts sont très importants. Pour beaucoup d'observateurs, les incidents de mercredi et jeudi, provoqués a priori par le régime, avaient justement pour but de dissuader les opposants à se réunir place Tahrir ce vendredi. Le Premier ministre égyptien, Ahmed Chafic, a demandé au ministre de l'Intérieur de ne pas entraver ces marches.
Les Européens haussent le ton contre le régime
A l'instar des Etats-Unis, cinq pays européens (France, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Allemagne) ont affirmé dans une déclaration commune que le "processus de transition doit commencer dès maintenant" car "seule une transition rapide et ordonnée vers un gouvernement à représentation élargie permettra de surmonter les défis auxquels l'Egypte doit faire face aujourd'hui". L'Egypte devrait faire partie des discussions du sommet européen de Bruxelles, qui se tient demain à Bruxelles.
Pas d'évacuation de Français pour l'instant
Michèle Alliot-Marie a précisé que pour l'instant, il n'était pas encore pour le gouvernement d'organiser lui-même une "évacuation". Auparavant, François Baroin, le porte-parole du gouvernement, avait cependant conseillé aux Français de partir dès que possible.
Des SMS pro-Moubarak pas très spontanés
Vodafone affirme avoir été obligé de diffuser à ses abonnés en Egypte des messages officiels, sans qu'ils ne soient clairement attribués au gouvernement et souligne s'en être plaint aux autorités. Par ailleurs, la coupure d'Internet, vendredi dernier, a coûté au moins 65 millions d'euros.
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Egypte : "le régime joue le pourrissement et l'essoufflement"
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