© AFP La deuxième phase des législatives qui s'ouvre en Egypte pourrait bien exposer au grand jour les divisions du camp islamiste, pourtant largement vainqueur du premier tour avec 65% des voix. Les Frères musulmans tentent d'améliorer leur image, quand les salafistes du parti Al-Nour durcissent le ton. Avec 65% des voix au premier tour des législatives, les listes islamistes sont très loin en tête avant le début du deuxième tour. Mais le camp islamiste est divisé entre les Frères musulmans et les salafistes du parti Al-Nour, et il tente d'améliorer son image. Le taux de participation lors de la première phase des législatives dans un tiers de l'Egypte a atteint 62%. Toutefois, aucun résultat officiel n'a été donné vendredi soir. De son côté, le parti fondé par les Frères musulmans table sur 40% des voix et se dit en tête du scrutin nominal. Alors que l'Egypte attend le résultat des législatives, le parti fondé par les Frères musulmans table sur 40% des voix et se dit en tête du scrutin nominal. Le parti Al Nour, l'une des formations salafistes, espère obtenir jusqu'à 20% des sièges. Mais une coalition ne semble pas à l'ordre du jour. Près de 10 mois après la révolution qui a mis fin aux 30 années du règne sans partage de Moubarak, les Egyptiens se rendaient lundi dans les bureaux de vote, pour la première grande étape de la transition démocratique. A la veille des élections législatives égyptiennes, le bras de fer continue. Les manifestants se sont de nouveau massés place Tahrir au centre du Caire, dimanche, afin de presser les militaires de quitter rapidement le pouvoir. A la veille de l'ouverture de législatives cruciales pour l'avenir de l'Egypte, les appels se sont multipliés pour renforcer les manifestations réclamant le départ des militaires au pouvoir. Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la Paix à ce titre, s'est dit samedi prêt à renoncer à ses ambitions présidentielles pour diriger un gouvernement d'union nationale. Les heurts ont fait un mort samedi matin sur la grande place du Caire, lorsque la police anti-émeute a attaqué des manifestants qui avaient campé toute la nuit devant le siège du gouvernement. Kamal al-Ganzouri, nommé Premier ministre par l'armée au pouvoir en Egypte, a affirmé espérer former son gouvernement de salut national "avant la fin de la semaine prochaine", appelant à attribuer des portefeuilles à des jeunes. La place Tahrir connaît un fragile retour au calme après des journées de heurts qui ont fait des dizaines de morts. Paradoxalement, les Frères musulmans évitent d'ajouter à la tension, à quelques jours des législatives. Voici pourquoi. Kamal el-Ganzouri, ancien Premier ministre sous le régime de Moubarak, a été chargé par l'armée au pouvoir de former un gouvernement en Egypte, après plusieurs jours de manifestations et d'affrontements. Pour la 5e journée consécutive, les incidents se sont multipliés mercredi entre les manifestants qui réclament le départ immédiat de l'armée du pouvoir et les forces de l'ordre. INTERVIEW - Les manifestations contre le pouvoir de l'armée continuent, avec son lot de répression. Se dirige-t-on vers une nouvelle révolution ? Quid des législatives qui doivent débuter la semaine prochaine ? Les réponses de TF1 News avec Pierre Vermeren, historien du monde arabe et maître de conférences à Paris I. Le Conseil suprême des forces armées au pouvoir a appelé lundi soir les forces politiques à une réunion d'urgence, au 3e jour d'affrontements meurtriers dans le pays. Le gouvernement a démissionné, mais l'armée n'a pas précisé si cette décision avait été acceptée. Le maréchal Tantaoui devait s'adresser à la nation "sous peu", selon la télévision d'Etat. A dix jours du scrutin, des dizaines de milliers de manifestants, en majorité liés aux Frères musulmans, ont exigé que l'armée transfère au plus tôt le pouvoir aux civils et dénoncé un projet accusé de permettre aux militaires de garder des privilèges. Au moins 11 personnes ont péri dimanche sur la place Tahrir, dont au moins quatre par balles réelles, ont annoncé des médecins dans des hôpitaux de campagne sur cette place du centre de la capitale égyptienne. Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes du pays ces dernières heures, faisant 20 morts. Les manifestants craignent que l'armée ne rende pas le pouvoir après les élections. Pour le troisième jour consécutif, les manifestants réclamant le départ de l'armée du pouvoir se sont encore violemment heurtés ce lundi aux forces de l'ordre. Ils appellent à une "marche d'un million" de personnes pour mardi. Le tout à moins d'une semaine du début des législatives. Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak en février, a appelé lundi soir dans un communiqué les forces politiques à une réunion d'urgence, au troisième jour d'affrontements meurtriers dans le pays. Simple accès de colère contre le pouvoir toujours géré par l'armée ou prémices d'une "seconde révolution" ? A une semaine du début des législatives, les incidents de ce week-end au Caire -plus de 20 morts- tombent en tout cas au plus mal pour la transition démocratique. Reportage au Caire. En Egypte, les affrontements sont toujours meurtriers entre police et manifestants, place Tahrir. Reportage au Caire - A quelques jours des élections législatives en Egypte, de nouvelles manifestations meurtrières ont éclaté place Tahrir. Plus de 20 personnes ont trouvé la mort lors de violents affrontements. Des violences que certains Egyptiens ne comprennent pas toujours. Les heurts entre les manifestants hostiles au pouvoir militaire et les forces de l'ordre se sont poursuivis place Tahrir au Caire lundi. Les manifestants réclament la fin du pouvoir militaire qui s'est installé depuis la chute de Moubarak. Lundi soir, le gouvernement a présenté sa démission. Une envoyée spéciale de France 3 au Caire a dit avoir été agressée sexuellement, jeudi, durant un reportage près de la place Tahrir. "J'ai été empoignée par plusieurs hommes et j'ai subi une agression sexuelle, devant tout le monde, en plein jour", a dit Caroline Sinz à la fin de son reportage dans Soir 3.
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Les contestataires qui ont repris ces derniers jours la place Tahrir au Caire ont battu le rappel pour un "vendredi de la dernière chance". Avec le renfort de syndicats, ils espéraient une mobilisation massive pour obtenir le départ immédiat des militaires. En milieu d'après-midi, plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées sur les lieux. Les heurts des derniers jours ont fait 41 morts, selon des chiffres officiels.
Contre-manifestation
A quelques kilomètres des manifestants qui conspuent l'armée sur la place Tahrir , plusieurs milliers d'Egyptiens descendus eux aussi vendredi dans la rue pour soutenir les militaires au pouvoir.
Kamal el-Ganzouri, nouveau Premier ministre
La possible désignation de cet ancien fidèle de Moubarak avait été accueillie jeudi soir par des moqueries par les militants de la place Tahrir... "Je pense qu'il était populaire à son époque. Mais il n'est plus de notre temps", raillait ainsi un étudiant de 22 ans. Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a pourtant nommé vendredi Kamal el-Ganzouri, 78 ans, au poste de Premier ministre doté des "pleins pouvoirs".
Cet ex-Premier ministre d'Hosni Moubarak de 1996 à 1999 va former un gouvernement de salut national pour remplacer le cabinet d'Essam Charaf, qui a démissionné lundi face aux manifestations contre l'armée. Il a cependant indiqué que son équipe ne serait pas en place avant lundi, jour du début des législatives, qui doivent s'étaler sur plusieurs mois.
Ganzouri s'était démarqué du président déchu après le soulèvement populaire du début de l'année lors d'une interview, après avoir été absent pendant 11 ans des médias. A la suite de cet entretien, plusieurs groupes présents sur Facebook l'ont soutenu comme candidat pour la présidence de la République.
Tantaoui prêt à s'effacer ?
Kamal al-Ganzouri a affirmé que le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, et donc de fait patron du pays, ne voulait pas rester au pouvoir. Une affirmation déjà lancée à plusieurs reprises par des hauts gradés.
Des soutiens de poids
Pendant ce temps, les pressions s'accroissent aussi depuis l'étranger : la Maison Blanche a appelé les militaires au pouvoir à céder la place à un gouvernement civil. Mohamed ElBaradei, ancien haut fonctionnaire international, a également rejoint vendredi les manifestants de la place Tahrir. Et le grand imam d'Al-Azhar, principale institution musulmane d'Egypte, soutient aussi les dizaines de milliers de manifestants, a affirmé son représentant présent sur cette place du centre du Caire.
Une journaliste de France 3 agressée sexuellement place Tahrir
Reporter sans frontières (RSF) a déconseillé vendredi aux médias d'envoyer en Egypte des femmes journalistes après l'agression dont a été victime jeudi une journaliste de France 3 de la part d'hommes en civil . "C'est au moins la troisième fois qu'une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne", écrit RSF. Le 11 février, jour de la chute de Moubarak, Lara Logan, journaliste de la chaîne américaine CBS, avait déjà été victime d'une agression sexuelle près de la place Tahrir. Et RSF rappelle que l'éditorialiste égypto-américaine Mona Al-Tahtawy, a témoigné jeudi avoir été agressée sexuellement par des policiers avant d'être relâchée 12h plus tard. Le syndicat des journalistes CGT de France Télévisions a récusé la position RSF. "Il n'appartient qu'aux rédactions de choisir les journalistes à envoyer dans les zones de conflits", écrit le SNJ-CGT.
La journaliste de France 3 agressée, Caroline Sinz, a raconté la scène de son agression à la fin de son reportage dans Soir 3 jeudi. "J'ai été empoignée par plusieurs hommes et j'ai subi une agression sexuelle, devant tout le monde, en plein jour" : voir la vidéo > Journaliste de France 3 agressée place Tahrir : son témoignage.
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