Archives : Hosni Moubarak, en 2009 © TF1/LCIMohamed Anouar Moghira est journaliste, écrivain et colonel cadre de réserve de l'armée égyptienne. Il a publié L'Egypte, clé des stratégies au Moyen-Orient (Editions L'âge d'homme, 2009).
Comment Google contourne la censure égyptienne
Google a annoncé une action commune avec Twitter pour permettre aux Egyptiens d'envoyer des messages sur le site de microblogs par téléphone, en contournant le blocage d'internet. Cette annonce intervient alors que le dernier fournisseur d'accès égyptien a été bloqué.
Publié le 01/02/2011
L'armée égyptienne ne tirera pas sur la "marche du million"
Face à la mobilisation géante à laquelle appelle aujourd'hui l'opposition égyptienne dans les rues du Caire et d'Alexandrie, l'armée promet de ne pas user de la force. La journée s'annonce néanmoins à haut risque.
Publié le 01/02/2011
Cette révolte égyptienne qui embarrasse Obama
La Maison Blanche a appelé à une "transition". Difficile de se renier, quand Obama appelait en 2009 à plus de liberté dans le monde musulman... Mais Moubarak est un allié de poids pour Washington. D'autres alliés, comme la Jordanie ou l'Arabie saoudite, guettent tout signe ostensible de "lâchage".
Publié le 01/02/2011
Egypte: le vice-président veut dialoguer avant un mardi décisif
Mardi, les opposants à Moubarak espèrent rassembler plus d'un million de personnes au Caire et à Alexandrie. Lundi soir, le vice-président a lancé un appel au "dialogue" avec toutes les forces d'opposition.
Publié le 31/01/2011
Egypte : nouveau gouvernement, nouveaux rassemblements
Entré dans sa 2e semaine, le bras-de-fer entre le président Hosni Moubarak et le peuple se poursuit ce lundi avec de nouveaux rassemblements où les participants bravent le couvre-feu. Le nouveau gouvernement a quant à lui prêté serment.
Publié le 31/01/2011
Egypte: la police de retour dans les rues, l'armée en renfort
Dans la nuit de dimanche à lundi, la police égyptienne patrouillaient dans les rues avec l'aide de l'armée, d'où elle s'était retirée vendredi. Moubarak a fait du "rétablissement du calme sa priorité".
Publié le 30/01/2011
Jeannette Bougrab pour le départ de Moubarak
La secrétaire d'Etat à la Jeunesse, a estimé samedi qu'il fallait qu'Hosni Moubarak "parte", évoquant l'"usure" du président égyptien, confronté à d'importantes manifestations de rue.
Publié le 30/01/2011
Egypte: près de 100 morts, un vice-président nommé
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre du Caire samedi, défiant le couvre-feu entré en vigueur à 16h. La police aurait tiré sur des manifestants.
Publié le 29/01/2011
"Soulagement " pour les touristes français de retour d'Egypte
Les premiers touristes français rapatriés volontaires depuis la révolte qui a éclaté des derniers jours en Egypte sont arrivés samedi soir à Roissy.
Publié le 29/01/2011
Fillon: "C'est le peuple égyptien qui décide"
Le Premier ministre a estimé samedi qu'"aucun pays ne peut prendre la place du peuple égyptien", alors que les manifestations hostiles à Moubarak s'intensifient samedi, notamment au Caire. Il a cependant mis en garde les autorités egyptiennes.
Publié le 29/01/2011
Paris invite ses ressortissants en Egypte à la prudence
La France a lancé des messages de prudence aux dizaines de milliers de ses ressortissants actuellement présents en Egypte, théâtre d'importantes manifestations contre le pouvoir en place.
Publié le 29/01/2011
Egypte: aucun voyage touristique depuis la France ce week-end
Le ministère français des Affaires étrangères, intégrant la recommandation vendredi du secrétariat d'Etat au Tourisme de suspendre les départs ce week-end pour l'Egypte, conseillait samedi sur son site internet aux Français de "différer tout voyage" non urgent vers ce pays.
Publié le 28/01/2011
Egypte: Moubarak dissout le gouvernement
Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé dans la nuit à la télévision, la formation d'un nouveau gouvernement dès samedi et promis des réformes. Les manifestations anti-gouvernementales ont fait au moins 27 morts.
Publié le 29/01/2011
Egypte: Moubarak dissout le gouvernement, Le Caire à feu et à sang
Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé vendredi la dissolution du gouvernement et la formation d'un nouveau cabinet samedi, dans une allocution télévisée. Le Caire est à feu et à sang.
Publié le 28/01/2011
L'armée patrouille dans Le Caire, à feu et à sang
Le 4e jour de manifestations contre le pouvoir a totalement dégénéré ce vendredi en Egypte, notamment dans la capitale. Face à la situation, le président Hosni Moubarak a décrété le couvre-feu et demandé à l'armée d'intervenir pour aider la police, débordée par les manifestants.
Publié le 28/01/2011
Les Etats-Unis haussent le ton contre Moubarak
Hillary Clinton demande au président égyptien, pourtant l'un de ses plus fidèles alliés, d'autoriser les manifestations et d'arrêter la répression. La maison blanche menace de réexaminer sa politique d'aide à l'Égypte sur la base des événements des jours à venir.
Publié le 28/01/2011
Egypte : l'armée à la rescousse de la police, couvre-feu décrété
Pour la 4e jour d'affilée, de violents affrontements se déroulent en ce moment dans plusieurs villes du pays, au point que l'armée est désormais déployée pour épauler la police contre les protestataires. Le président Hosni Moubarak, dont la démission est réclamée, a décrété un couvre-feu.
Publié le 28/01/2011
Heurts violents en Egypte: des blessés, un manifestant tué
Des accrochages ont éclaté vendredi en début d'après-midi entre la police et des manifestants devant une mosquée du centre du Caire à l'issue de la prière hebdomadaire à laquelle a participé l'opposant Mohamed ElBaradei. D'autres villes sont également secouées.
Publié le 28/01/2011
Egypte : deux tirs de roquettes visent la police dans le Sinaï
La police a été visée jeudi soir à l'arme lourde. Plus tôt, un manifestant a été tué dans le Sinaï. Mohamed ElBaradei, ancien patron de l'Agence internationale de l'Energie atomique, demande le départ du président Hosni Moubarak.
Publié le 27/01/2011
Egypte: heurts meurtriers entre opposants et forces de l'ordre
Au Caire, un manifestant et un policier ont été tués mercredi soir. A Suez, à l'est de la capitale, des opposants ont lancé des bouteilles incendiaires contre un bâtiment gouvernemental. Sur place, on dénombrait 70 blessés.
Publié le 26/01/2011
Egypte : ça continue
Malgré les interdictions et l'important dispositif policier, de nouvelles manifestations se déroulent au Caire et en province ce mercredi après-midi contre le président Hosni Moubarak. Comme mardi, des affrontements ont lieu entre forces de l'ordre et protestataires.
Publié le 26/01/2011
Egypte : nouveaux appels à manifester, le gouvernement menace
Le groupe à l'initiative des cortèges de mardi, qui ont vu s'affronter police et manifestants réclamant le départ de Moubarak, appelle à redescendre dans la rue. Le gouvernement durcit le ton. Etats-Unis et France exhortent à éviter la violence et respecter les aspirations du peuple égyptien.
Publié le 26/01/2011
Heurts en Egypte : deux manifestants et un policier tués
Des manifestations ont eu lieu ce mardi dans tout le pays. Mot d'ordre des participants : "Moubarak dégage", comme un écho au "Ben Ali, dégage" tunisien. On déplorait mardi soir trois victimes, deux à Suez et une troisième au Caire.
Publié le 25/01/2011
Egypte : qui sont les Frères musulmans ?
Au moins vingt membres des Frères musulmans, première force d'opposition en Egypte, ont été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi.
Publié le 28/01/2011
TF1 News : Des manifestations sont courantes en Egypte. La révolution du Jasmin en Tunisie explique-t-elle cette fois le vif intérêt des médias occidentaux ?
Mohamed Anouar Moghira : En effet, il y a de temps en temps des manifestations plus ou moins similaires dans le pays. Mais, cette fois, elles sont néanmoins plus importantes que par le passé, aussi bien par leur longueur que par le nombre de participants.
TF1 News : Auraient-elles eu lieu sans la révolution tunisienne ?
M.A.M. : Non. C'est une suite et une réaction aux événements tunisiens, comme dans les autres pays arabes où se déroulent des manifestations. Les participants profitent de la situation, c'est l'occasion pour eux d'exposer leur colère. Mais il y a une exception par rapport à la Tunisie : c'est une révolte, pas une révolution.
TF1 News : Pourquoi cette révolte ?
M.A.M. : Le malaise couve depuis longtemps. Le principal problème, c'est la succession de Hosni Moubarak. Elle n'est pas encore réglée alors qu'il quittera théoriquement le pouvoir en septembre prochain lors de la présidentielle.
TF1 News : Les manifestants se plaignent également de leurs conditions de vie.
M.A.M. : Certes, il y a un malaise économique et social. Mais il remonte à plus de trente ans et existait déjà sous Anouar el-Sadate. Ce n'est donc pas le problème principal. C'est d'ailleurs pour cela que les manifestants sont surtout des jeunes, qui ne trouvent pas travail, pas de logement et dont l'installation dans la vie sociale est difficile, et des intellectuels, comme les syndicats de journalistes. En revanche, les classes populaires et rurales, les plus touchées par les difficultés économiques, ne défilent pas.
TF1 News : Pourquoi ?
M.A.M. : Même si elles veulent aussi voir partir Hosni Moubarak, ce sont elles qui ont le plus à perdre d'une révolution qui ne réglerait pas leur situation économique et sociale à long terme puisque la succession d'Hosni Moubarak n'est pas décidée. Et, comme il n'y a pas d'opposition encore crédible, son renversement aboutirait probablement au chaos.
| "Contrairement à la Tunisie, l'armée a toujours été le pilier du régime" |
TF1 News : Pourquoi cette succession n'est-elle pas encore réglée ?
M.A.M. : Dans un premier temps, Hosni Moubarak n'a pas voulu la régler. A son arrivée au pouvoir, en 1981, il a supprimé le poste de vice-président, successeur attitré du président. Il avait ensuite prévu de faire de son fils Gamal son successeur. Sans en avoir le titre, il était considéré comme vice-président. Comme l'opposition n'existait pas, elle n'a pas pu faire contrepoids. Mais Gamal Moubarak n'a pas été accepté par l'armée.
TF1 News : Pourquoi ?
M.A.M. : Ce n'est pas un militaire, mais un économiste. Le chef d'Etat-major, le maréchal Mohammed Tantawi, en poste depuis de nombreuses années et soutien indéfectible d'Hosni Moubarak, lui a fait comprendre que l'armée ne soutiendrait en revanche jamais Gamal. Et que ce dernier risquait d'être renversé s'il accédait au pouvoir. Résultat : Hosni Moubarak réfléchit depuis environ un an à une autre solution, en l'occurrence Omar Suleiman, le chef des services-secrets.
TF1 News : Si les manifestations perdurent, l'armée pourrait-elle lâcher Hosni Moubarak comme l'a fait l'armée tunisienne aux dépens de Zine El Ebedine Ben Ali ?
M.A.M. : Non. C'est strictement impossible. Ancien militaire, Hosni Moubarak a le soutien de l'armée. Cette dernière est depuis toujours le pilier du régime égyptien, contrairement à la Tunisie où ce rôle était joué par la police. Si l'armée reçoit l'ordre de réprimer les manifestations, elle le fera. D'ailleurs, il faut noter qu'elle n'a eu aucune réaction depuis le début de la semaine. Mohammed Tantawi ne sera pas Rachid Ammar (ndlr : le chef d'Etat-Major de l'armée de terre tunisienne, qui s'est opposé à Ben Ali). Et c'est aussi le cas de la police, qui apprécie également Moubarak.
| "Il y a aura encore de violents heurts" |
TF1 News : Quoi qu'il en soit, les manifestations semblent durer. A quoi peut-on s'attendre dans les heures et les jours qui viennent ?
M.A.M. : Il est quasi-certain qu'il y aura encore des heurts violents lors des défilés. Mais l'état d'urgence, en vigueur depuis 1981, fait réfléchir les éventuels manifestants. En cas d'arrestation, ils sont jugés illico par un tribunal militaire. Pour l'instant, on peut dire que la situation est gênante -ce n'est pas un feu de paille- pour le régime, mais pas critique. Hosni Moubarak n'est d'ailleurs pas encore intervenu sur le sujet, notamment à la télévision. Il estime probablement que la tension va se dégonfler d'elle-même comme les autres fois. Si ce n'est pas le cas, il lui restera la possibilité de changer le gouvernement et d'annoncer des mesures économiques et sociales pour les jeunes. *
TF1 News : Sur le plan politique, y a-t-il une alternative crédible ?
M.A.M. : Non. L'opposition est morcelée. Le Warf, parti laïc équivalent du centre, est faible et était d'ailleurs en recul aux législatives de 2010. La gauche est totalement morcelée et n'a pas de figure charismatique. Aiman Nour (ndlr : arrivé en deuxième position à la présidentielle de 2005) est quant à lui discrédité après avoir été accusé par le pouvoir.
TF1 News : Quid de Mohamed ElBaradei, qui se pose en recours ?
M.A.M. : Il ne représente que son mouvement, créé il y a un an. Il s'était déjà posé en successeur à cette occasion. Mais la population lui reproche d'avoir fait une grande partie de sa carrière politique à l'étranger et d'être rapidement reparti à Vienne après son retour quand il a quitté la tête de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA). Pour ne rien arranger, personne ne sait ce qu'il pourrait faire ni ce qu'il vaut sur le plan local.
TF1 News : Les Frères musulmans peuvent-ils tirer profit de la situation ?
M.A.M. : Officiellement, ils n'avaient pas manifesté les trois premiers jours. Mais, plusieurs de leurs hauts dirigeants ont discrètement fait partie des cortèges. Ils savent que si la révolte dégénère, ils ont des leaders charismatiques. La rue, aussi bien au Caire et en province, leur est en effet favorable grâce à toutes leurs actions sociales et économiques en faveur des plus nécessiteux.
| "Si Moubarak est renversé, ce sera le chaos" |
TF1 News : Les Occidentaux peuvent-ils lâcher Moubarak comme ils l'ont fait avec Ben Ali ?
M.A.M. : Non. La position géostratégique de l'Egypte est totalement différente : le pays est frontalier d'Israël, il a un rôle de médiation dans les affaires de la région, notamment le conflit israélo-palestinien -c'est d'ailleurs là un de ses réels succès- et contrôle le canal de Suez, où passe notamment la 5e flotte américaine à volonté. Les Etats-Unis n'ont donc pas intérêt à ce que l'Egypte tombe dans le chaos -l'Europe, les pays arabes s'en fichent désormais. Ils demanderont à Moubarak de lâcher du lest pour calmer la colère. Mais ils n'iront pas plus loin.
TF1 News : Sans faire de politique-fiction, que pourrait-il se passer si Moubarak tombait néanmoins ?
M.A.M. : C'est très peu probable. Mais si c'était le cas, il y aurait deux optiques. Tout d'abord, si Moubarak part de lui-même. Dans ce cas, l'armée pourrait accepter de prendre la transition avant la présidentielle de septembre prochain. Cela serait le moins pire des scénario. Le pire, c'est bien sûr si Moubarak subissait le même sort que Ben Ali. Là, ce serait le chaos et surtout l'inconnu. Et je ne me risquerais pas à faire des pronostics sur la suite.
* Interview réalisée vendredi matin.
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